Le monde des EVJF (enterrements de vie de jeune fille) est un autre oublié de la crise du COVID. En effet, personne ne pense à ce domaine de l’événementiel qui, pourtant, gère un marché de plus de 2 millions de personnes par an et impacte directement ou indirectement plus de 20 000 spécialistes de l’événementiel.

Les enterrements de vie de célibataire sont une tradition ancrée dans les moeurs des Françaises et des Français mais aussi de nombreuses autres nationalités telles que les anglais (hen party), les américains (bachelorette party), ou encore les belges (brulage de culottes) ou les espagnols (despedida de soltera). Cette fête traditionnelle d’avant mariage est en général organisée le temps d’un week-end entre filles (EVJF) ou entre garçons (EVG) et très souvent à l’étranger. Chaque année, 90% des ces week-ends entre amis ont lieu de mars à juin, période touchée de plein fouet par le premier confinement.

Les EVJF en 2020, une catastrophe pour les agences spécialisées.

On estime le nombre de mariages à 250 000 par an et le nombre de participantes à un enterrement de vie de jeune fille est de 8 en moyenne. Ce sont donc 2 millions de jeunes filles qui participent à cette fête d’avant mariage chaque année. De nombreuses agences qui organisent des EVJF sont exclusivement dédiées à ce secteur et 2020 a été une année blanche pour ces entreprises qui ont vu leur chiffre d’affaires réduit à 0 et ont fait face à des remboursements colossaux des prestations réservées avant le début de la crise.

Certaines d’entre elles ont su tirer leur épingle du jeu lorsque le déconfinement est apparu en mai. Les groupes de filles se sont reportés sur des destinations proches de leur ville d’origine et moins à risque que les destinations à l’étranger très touchées par le virus comme l’Espagne ou l’Italie. Beaucoup de groupes ont décidé par exemple d’organiser leur enterrement de vie de jeune fille à Deauville et la station balnéaire s’est transformée en juin en véritable parc d’attractions de luxe pour des hordes de jeunes filles déchaînées.

Mais les agences professionnelles dans ce secteur ont été nombreuses à mettre la clé sous la porte.

En effet, certaines de ces sociétés se sont spécialisées dans des destinations à l’étranger et la crise du COVID avec son lot de restrictions de déplacement d’un pays à l’autre a sonné le glas de ces entreprises spécialisées. C’est le cas de Barcelone par exemple qui reçoit chaque année presque 100 000 jeunes filles venues fêter cette fin de célibat. Les agences spécialisées, parfois même basées sur place et donc non éligibles aux aides de l’Etat Français, n’ont eu autre choix que de fermer pour cause de faillite.

 

Le point de vue des futures mariées

Du côté des organisatrices, ce fut également un véritable casse-tête pour prévoir, reporter ou annuler tous ces événements. On imagine très bien le lot de complications apportées par l’annulation d’un mariage avec la location du lieu, les transports des invités, les prestations externes et autres pertes d’acompte. À moindre mesure, c’est le cas également des témoins chargés d’organiser l’enterrement de vie de jeune fille de la future mariée. Planifiés souvent des mois à l’avance, la plupart des frais ont été engagés auprès des agences spécialisées et des compagnies aériennes.

Afin de veiller à ce qu’aucune des deux parties ne soient lésées, clients et agences, le gouvernement français a rédigé une ordonnance exceptionnelle offrant la possibilité aux entreprises de l’événementiel, de garder les versements et acomptes perçus à l’unique condition de pouvoir offrir à leurs client(e)s une prestation équivalente valable pendant 18 mois. Une décision qui a engendré son lot de complications car beaucoup de groupes n’auront pas la possibilité de renouveler ces séjours à l’étranger et de nombreuses sociétés n’auront pas les ressources nécessaires pour rembourser les clients à l’issue de ces 18 mois.

2021, quelles perspectives pour les EVJF ?

On le sait, le secteur de la fête et du tourisme sera un des secteurs à répartir très fortement lorsque la crise sera terminée. Les gens auront besoin de se retrouver entre amis, de retrouver une cohésion sociale mise à mal par le confinement et autres restrictions dues au COVID. C’est une bonne nouvelle pour le domaine des enterrements de vie de célibtaire qui aura peut-être l’occasion de rattraper une année 2020 catastrophique. Nous disons peut-être car une troisième vague et un nouveau confinement au printemps seraient synonymes de fin de course pour tous ces spécialistes. En effet, ils seraient confrontés non seulement à une nouvelle saison blanche mais aussi à tous les remboursements de la première vague et des prestations non reportées. Une véritable catastrophe.

Du côté des organisatrices, le doute est encore très présent et peu d’entre elles sont prêtes à réserver leurs week-end d’enterrement de vie de célibtaire avant d’avoir une vision plus sereine sur les perspectives à moyen terme. Beaucoup d’entre elles rivalisent d’ingéniosité avec des idées d’EVJF originaux, à domicile par exemple ou encore à distance, via skype ou facetime.

Pour les plus sereines qui veulent faire les choses dans les règles de l’art, la tendance en 2021 reste cependant à organiser des enterrements de vie de jeune fille en France plutôt qu’à l’étranger et dans des destinations avec une plus faible densité de population. On pense alors à Deauville bien sûr mais aussi à Annecy, à La Rochelle ou à Arcachon, des destinations tendances pour un EVJF cocooning plutôt que festif.

Dans tous les cas, les professionnels du secteur restent positifs et espèrent une année 2021 riche en événements car dans la vie on le sait, même si l’amour n’est pas toujours à l’heure, l’amitié est toujours au rendez-vous.

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