Le député vénézuélien Juan Requesens inculpé pour attaque par drone


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Juan Requesens a pris part à de nombreuses manifestations antigouvernementales au cours desquelles il a été blessé

Un juge au Venezuela a annoncé que le législateur emprisonné Juan Requesens serait traduit en justice pour avoir tenté de tuer le président Nicolás Maduro en 2018.

M. Requesens a été arrêté trois jours après l'explosion d'un drone transportant des explosifs lors d'un défilé militaire auquel assistait M. Maduro le 4 août.

Le politicien de l’opposition, qui nie les accusations, pourrait faire face à 30 ans de prison s’il est reconnu coupable.

Le président Maduro n'a pas été blessé lors de l'attaque.

Qui est Juan Requesens?

Ancien dirigeant étudiant qui a organisé des manifestations anti-gouvernementales en 2014, Juan Requesens a été élu à l'Assemblée nationale du législatif du Venezuela en 2015.

Agé de 30 ans, il est membre du parti d'opposition Primero Justicia (Justice d'abord) et opposant du président Maduro.

Il a souvent dirigé des marches de protestation réclamant la libération d'étudiants emprisonnés.

De quoi a-t-il été accusé?

M. Requesens fait face à deux chefs de tentative de meurtre. Il a également été accusé de terrorisme, de trahison, d'incitation publique, de possession illégale d'une arme à feu et de complot en vue de commettre un crime.

Son avocat, Joel García, a déclaré qu'il avait plaidé non coupable pour tous.

À quoi correspondent les accusations?

Lors du défilé en août dernier dans la capitale Caracas, un petit drone transportant des explosifs a explosé dans les airs non loin de la scène où se trouvaient le président et les plus hauts officiers de l'armée.

Les gardes du corps de M. Maduro se sont précipités pour protéger le président avec des boucliers pliables et l'ont emmené. Le président et ceux qui se trouvaient sur scène étaient indemnes.

La panique a éclaté parmi les soldats lors de la parade et beaucoup se sont cachés. Sept membres de la garde nationale ont été blessés dans la mêlée.

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Légende du médiaDes images montrent des dizaines de soldats en fuite avant que la transmission ne soit coupée

Un deuxième drone s'est écrasé dans un immeuble voisin, blessant un enfant.

Quelle a été la réaction?

Le président Maduro n'a pas tardé à reprocher à M. Requesens et à un autre responsable politique de Primero Justicia, Julio Borges, l'attaque du drone. Il a ajouté que d'autres suspects dans l'affaire avaient impliqué les deux législateurs.

Le président Maduro a qualifié M. Requesens de "l'un des complots les plus fous" contre sa vie.

M. Borges, qui vivait déjà en exil à l'époque, a qualifié cette accusation de "farce".

Requesens a-t-il avoué?

Six jours après l'attaque du drone, le ministre de l'Information, Jorge Rodríguez, a convoqué une conférence de presse au cours de laquelle il a diffusé une vidéo qui, selon lui, équivaut à une confession de M. Requesens.

Dans l'enregistrement, M. Requesens indique que M. Borges lui a demandé de l'aide pour faire entrer un soldat à la retraite, Juan Monasterios, dans le pays.

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Le gouvernement a joué une vidéo de Juan Requesens qui, selon eux, était "un aveu"

Le Président Maduro avait précédemment accusé M. Monasterios, arrêté à la suite de l'incident du drone, d'être le "chef opérationnel" de l'attaque contre lui.

La vidéo était la deuxième de M. Requesens à être publiée. Un autre l'a montré vêtu uniquement de sous-vêtements souillés et semblant confus.

Cet enregistrement de M. Requesens a profondément inquiété sa famille. Ils ont déclaré que le législateur avait semblé être drogué et qu'ils craignaient qu'il ait été torturé.

Où est passé Requesens?

Juan Requesens et sa soeur Rafaela ont été saisis de leur appartement à Caracas par des membres de la police secrète le 7 août.

Les images de vidéosurveillance postées par Primero Justicia ont montré le moment où les frères et sœurs ont été escortés hors de l'ascenseur.

Rafaela Requesens a été relâchée par la suite, mais son frère est en détention depuis.

Sa famille a dénoncé les conditions dans lesquelles il a été maintenu et a appelé à sa libération. Son père, Juan Guillermo Requesens, a rencontré la responsable des droits de l'homme de l'ONU, Michelle Bachelet, lors de sa visite au Venezuela le mois dernier.

Mme Bachelet a appelé le gouvernement vénézuélien à libérer tous les prisonniers politiques, mais lundi, un juge a ordonné que Juan Requesens soit maintenu en détention en attendant son procès. La date de son procès n'a pas encore été fixée.

Des groupes de défense des droits de l'homme affirment que le Venezuela détient plus de 700 personnes pour des raisons politiques et que certaines d'entre elles sont en train d'être torturées.

Samedi, le capitaine de la marine, Rafael Acosta, est décédé en détention. Son avocat a déclaré que sa mort était le résultat de tortures et que les dirigeants de l'opposition avaient appelé à la tenue de manifestations de masse vendredi afin de dénoncer le traitement infligé par le Capt Acosta.