Fusion de Renault et Fiat Chrysler proposée

Fusion de Renault et Fiat Chrysler proposée
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  • Fiat Chrysler a proposé de fusionner avec Renault, ce qui créerait le troisième constructeur automobile du monde.
  • Le conseil d'administration de Renault a annoncé qu'il étudierait la proposition "avec intérêt".
  • Cette décision intervient après que les projets de fusion entre Renault et Nissan aient été déçus par les multiples mises en accusation du président de Nissan, Carlos Ghosn.

Fiat Chrysler a proposé de fusionner lundi avec le français Renault. Cette initiative créerait le troisième constructeur automobile mondial et permettrait d’économiser les milliards de dollars nécessaires pour investir dans la course à la création de nouveaux véhicules électriques et autonomes.

La société issue de la fusion produirait environ 8,7 millions de véhicules par an, dépassant de loin General Motors et ne devançant que Volkswagen et Toyota. Les actions des deux sociétés ont bondi de plus de 10% à l'annonce de l'offre, ce qui aurait pour effet de diviser les actionnaires de chaque partie dans le nouveau fabricant.

Renault a accueilli l'idée. Le conseil d'administration de la société s'est réuni lundi à Boulogne-Billancourt, son siège social, pour discuter de la proposition. Il a ensuite indiqué que Renault l'étudierait "avec intérêt". Dans un communiqué, Renault a déclaré qu'une telle fusion pourrait "améliorer l'empreinte industrielle de Renault et générer une valeur ajoutée supplémentaire pour l'Alliance" avec les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi.

L'offre de Fiat Chrysler intervient à un moment clé pour Renault. Le constructeur français aurait voulu fusionner avec Nissan, mais ces plans ont été déçus par l’arrestation de sur au Japon.

L'ancien président de Nissan, Carlos Ghosn, libéré sous caution

L’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, premier constructeur mondial de voitures particulières, suscite de plus en plus de questions. Bien que Fiat Chrysler estime que la fusion avec Renault facilitera l’alliance, il n’est pas clair comment les entreprises japonaises pourraient réagir à long terme si elles étaient liées à un partenaire beaucoup plus important.

Une fusion permettrait aux deux entreprises d'économiser 5 milliards d'euros (5,6 milliards de dollars) chaque année grâce au partage de la recherche, aux coûts d'achat et à d'autres activités, a déclaré Fiat Chrysler dans un communiqué. Il a précisé que l’accord n’entraînerait aucune fermeture d’usine, mais qu’il ne traitait pas des réductions d’emplois potentielles.

Les sociétés sont quelque peu complémentaires: Fiat Chrysler est plus fort sur les marchés américain et SUV, tandis que Renault est plus fort en Europe et dans les développements de véhicules électriques. Ensemble, ils représenteraient près de 40 milliards d'euros.

Le gouvernement français, qui détient 15% du capital de Renault, est "favorable" à l'idée d'une fusion avec Fiat Chrysler mais souhaite étudier ses conditions de manière plus approfondie, notamment en termes de "développement industriel de Renault" et de conditions de travail des salariés, porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a déclaré lundi.

Une telle fusion montrerait "notre capacité à répondre aux défis de la souveraineté européenne et française dans un contexte mondialisé", a-t-elle déclaré. "Nous avons besoin de géants pour être construits en Europe."

Le syndicat influent français CGT a mis en garde contre les suppressions d'emplois dans le cadre d'une fusion et a déclaré qu'il souhaitait que le gouvernement français conserve une participation bloquante dans toute nouvelle entreprise.

Les responsables italiens ont semblé ouverts à l'accord. Matteo Salvini, chef du parti de la Ligue populiste de droite et vice-Premier ministre, a déclaré que "si Fiat se développe, ce sont de bonnes nouvelles pour l'Italie et les Italiens", bien qu'il ait averti qu'un accord devrait protéger "chaque emploi".

Les investisseurs se sont félicités de cette proposition, en augmentant de 10% les parts de Fiat Chrysler et de 14% dans les échanges européens de Renault.

Le directeur général de Nissan Motor Co., Hiroto Saikawa, n'a pas commenté directement l'idée, mais a déclaré: "Je suis toujours disposé à échanger des points de vue constructifs sur le renforcement de l'alliance". Il a été montré en train de parler à des journalistes sur les nouvelles de Fuji TV au Japon.

Fiat Chrysler estimait que Nissan et Mitsubishi réaliseraient 1 milliard d'euros d'économies par an grâce à cette transaction.

La collaboration entre les constructeurs automobiles a pris de l’importance ces dernières années alors qu’ils cherchent à renforcer leurs capacités technologiques en matière de recherche de véhicules électriques, de connectivité Internet et d’intelligence artificielle des véhicules. Les constructeurs automobiles sont également soumis à la pression des autorités de réglementation, notamment en Europe et en Chine, pour proposer des véhicules électriques permettant de respecter des limites de pollution plus strictes.

Lors d'une téléconférence sur les résultats plus tôt ce mois-ci, le PDG de Fiat Chrysler, Mike Manley, a déclaré aux actionnaires qu'il était convaincu qu'il y aurait "des opportunités significatives" en termes de partenariats ou d'alliances stratégiques dans les deux ou trois prochaines années.

Manley a déclaré que Fiat Chrysler prenait des mesures pour remédier aux faiblesses de l'Europe.

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