Cours de l’action Lectra (EPA:LSS): L’entreprise semble utiliser l’endettement avec parcimonie.

Publié le 20 octobre 2021, 10:20

David Iben a bien résumé la situation en disant :  » La volatilité n’est pas un risque qui nous intéresse. Ce qui nous importe, c’est d’éviter la perte permanente de capital ». Il semble donc que l’argent intelligent sache que la dette – qui est généralement impliquée dans les faillites – est un facteur très important, lorsque vous évaluez le risque d’une entreprise.

 

Nous pouvons constater que Lectra SA (EPA:LSS) a recours à l’endettement dans ses activités. Mais les actionnaires doivent-ils s’inquiéter de son utilisation de la dette ?

Pourquoi l’endettement comporte-t-il des risques ?

D’une manière générale, l’endettement ne devient un véritable problème que lorsqu’une entreprise ne peut pas facilement le rembourser, que ce soit en levant des capitaux ou avec sa propre trésorerie. Le processus de « destruction créatrice », dans le cadre duquel les entreprises en faillite sont impitoyablement liquidées par leurs banquiers, fait partie intégrante du capitalisme. Cependant, une situation plus courante (mais toujours coûteuse) est celle où une entreprise doit diluer les actionnaires à un prix d’action bon marché simplement pour maîtriser la dette. Bien sûr, la dette peut être un outil important pour les entreprises, en particulier pour les entreprises à forte intensité de capital. Lorsque nous réfléchissons à l’utilisation de la dette par une entreprise, nous considérons d’abord les liquidités et la dette ensemble

Quelle est la dette de Lectra ?

L’image ci-dessous, sur laquelle vous pouvez cliquer pour obtenir plus de détails, montre qu’en juin 2021, Lectra avait une dette de 139,3 millions d’euros, alors qu’elle était nulle en un an. Cependant, elle dispose d’une trésorerie de 117,4 millions d’euros pour compenser cette hausse, ce qui donne une dette nette d’environ 21,9 millions d’euros.

Quelle est la santé du bilan de Lectra ?

En zoomant sur les dernières données du bilan, nous pouvons voir que Lectra a des dettes de 211,9 millions d’euros dues dans les 12 mois et des dettes de 160,3 millions d’euros dues au-delà. D’autre part, elle dispose d’une trésorerie de 117,4 millions d’euros et de 73,8 millions d’euros de créances à moins d’un an. Son passif est donc supérieur de 180,9 millions d’euros à la combinaison de ses liquidités et de ses créances à court terme.

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Étant donné que les actions Lectra cotées en bourse valent au total 1,32 milliard d’euros, il semble peu probable que ce niveau de passif constitue une menace majeure. Cependant, nous pensons qu’il vaut la peine de garder un œil sur la solidité de son bilan, car elle peut évoluer dans le temps.

Nous mesurons la charge de la dette d’une société par rapport à sa capacité bénéficiaire en examinant sa dette nette divisée par son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) et en calculant la facilité avec laquelle son bénéfice avant intérêts et impôts (EBIT) couvre ses charges d’intérêts (couverture des intérêts). Ainsi, nous considérons la dette par rapport aux bénéfices, avec et sans les dépenses d’amortissement.

Lectra a un faible ratio de dette nette sur l’EBITDA de seulement 0,55. Et son EBIT couvre ses charges d’intérêts 192 fois. On peut donc dire qu’elle n’est pas plus menacée par sa dette qu’un éléphant par une souris. Et nous notons également avec satisfaction que Lectra a augmenté son EBIT de 14% l’année dernière, ce qui rend sa charge de la dette plus facile à gérer. Il ne fait aucun doute que c’est le bilan qui nous renseigne le plus sur la dette. Mais en fin de compte, c’est la rentabilité future de l’entreprise qui décidera si Lectra peut renforcer son bilan au fil du temps.

Mais notre dernière considération est également importante, car une entreprise ne peut pas payer ses dettes avec des bénéfices sur papier ; elle a besoin d’argent liquide. L’étape logique est donc d’examiner la proportion de cet EBIT qui correspond au cash-flow libre réel. Au cours des trois dernières années, Lectra a enregistré un cash-flow libre représentant 97% de son EBIT, ce qui est supérieur à ce que nous attendons habituellement. Cela la place dans une position très forte pour rembourser sa dette.

Notre point de vue

Heureusement, l’impressionnante couverture des intérêts de Lectra implique qu’elle a le dessus sur sa dette. Et les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là, puisque sa conversion de l’EBIT en cash flow libre confirme également cette impression ! Dans l’ensemble, l’utilisation de la dette par Lectra nous semble tout à fait raisonnable et ne nous inquiète pas. Après tout, un effet de levier raisonnable peut stimuler le rendement des capitaux propres. Il ne fait aucun doute que c’est le bilan qui nous apprend le plus sur la dette.

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Olivier Baron