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L’impact du Coronavirus sur l’économie Européenne

Mauvaise météo, guerre commerciale, changements dans les tests d’émissions des voitures et faibles niveaux d’eau dans le Rhin: depuis 2017, l’économie européenne a été frappée par un certain nombre de chocs, dont aucun n’a pu contrôler les malheureux ministres des Finances ou banquiers centraux. L’année dernière, la zone euro PIB n’a augmenté que de 1,2%. L’Allemagne et l’Italie, qui, en tant que grands fabricants, étaient les plus exposées à la guerre commerciale des États-Unis avec la Chine, ont plongé au bas du classement de la croissance de la zone.

Maintenant, covid-19 se propage à travers le continent. Plus de 3 000 cas ont été confirmés en Italie, et plus de 200 chacun en France et en Allemagne. La réponse à l’épidémie incombe aux autorités sanitaires. Mais le virus porte également un coup dur à l’économie.

Les problèmes économiques ont commencé avant même que le virus n’atteigne l’Europe. La Chine est généralement un grand acheteur de voitures européennes et d’autres produits manufacturés, engloutissant 7% des exportations allemandes. Les chiffres de février ne sont pas encore disponibles, mais il semble certain que les ventes auront baissé avec l’épidémie en Chine.

Les perturbations auront également eu des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement des fabricants, dont beaucoup dépendent de pièces en provenance de Chine, et ont nui à des pays comme l’Allemagne. Selon une enquête auprès des directeurs d’achat de la zone euro, publiée le 2 mars, les délais de livraison des pièces de fabrication s’étaient allongés « sensiblement » en février, les répondants attribuant le retard aux arrêts liés aux coronavirus en Chine.

À tout cela s’ajoute l’impact économique de l’épidémie du virus dans le nord de l’Italie. Les régions les plus productives du pays, la Lombardie et la Vénétie, ont été les plus gravement touchées. Ensemble, ils représentent près d’un tiers de la production. Le 4 mars, le gouvernement a ordonné la fermeture des écoles et des universités du pays jusqu’au 15 mars. De telles mesures de confinement pourraient contraindre davantage de personnes à rester chez elles, ce qui entraînerait une nouvelle baisse de l’activité économique.

Au total, une autre mauvaise année pour l’Italie et l’Allemagne semble probable (voir graphique). Les analystes de Goldman Sachs prévoient que les deux tomberont en récession au premier semestre; on s’attend à ce que la zone euro dans son ensemble soit étroitement contournée. Les prévisionnistes anticipent un net rebond au second semestre. Mais précisément quand il surviendra dépendra de la mesure dans laquelle le virus se propage et des mesures prises pour le contenir. Les autorités françaises, par exemple, ont interdit les événements en salle à grande échelle. Certaines attractions touristiques, comme le Louvre, ont fermé. Cela ralentira la propagation du virus. Mais cela entraînera également une baisse de la sortie: selon OCDE, le tourisme représente 7% de la France PIB, et environ 12% au Portugal et en Espagne.

On s’attend à ce que les décideurs politiques aident les entreprises les plus perturbées. Le 2 mars, Christine Lagarde, directrice de la Banque centrale européenne (BCE), a promis de prendre des mesures «appropriées et ciblées» pour faire face aux effets économiques du virus. Les investisseurs attendent BCE de baisser les taux d’intérêt dans les mois à venir, à l’instar de la Réserve fédérale américaine, qui, le 3 mars, a abaissé les taux de façon inattendue. Mais avec le BCELe taux de déjà à -0,5%, il a peu de place pour tailler plus loin. Certains économistes s’attendent à ce qu’il modifie plutôt son programme de prêts bon marché pour les banques lors de sa réunion du 12 mars, peut-être pour encourager les prêteurs à continuer à octroyer des crédits aux entreprises les plus touchées par la propagation du virus.

Jusqu’à présent, les gouvernements ont montré divers degrés d’enthousiasme pour desserrer les cordons de la bourse. L’Italie a promis de consacrer 3,6 milliards d’euros (4 milliards de dollars) aux soins de santé et aux réductions d’impôts pour aider les entreprises les plus perturbées. Compte tenu des circonstances inhabituelles, il a une dispense de la Commission européenne de dépenser plus que le UE. Les règles budgétaires permettraient en temps normal. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, appelle à davantage de dépenses pour amortir le coup porté à l’économie. En revanche, le gouvernement allemand, traditionnellement serré, n’a jusqu’à présent pas fait grand-chose.

Cela pourrait changer rapidement si le virus se propage davantage. Les analystes de Deutsche Bank prédisent que la zone euro PIB la croissance pourrait chuter à un taux annualisé de 4% au deuxième trimestre en cas d’épidémie plus grave, et encore plus en Allemagne. La perspective de pertes d’emplois et de faillites pourrait bientôt pousser les gouvernements à faire beaucoup plus.

Cet article est paru dans la section Europe de l’édition imprimée sous le titre « Une série d’événements malheureux »