Les écologistes misent sur la technologie alors que la crise du braconnage au Botswana augmente – Z6 Mag

Publié le 4 juillet 2019, 22:56

Une terrible crise qui a pris d'assaut le Botswana en 2014 a de nouveau dominé le pays. Il y a cinq ans, cette chasse illégale a tué près de huit mille rhinocéros, ce qui a causé des dommages à la réserve faunique. Aujourd’hui, le braconnage continue de toucher des éléphants, ce qui ouvre la voie à un autre commerce illégal d’ivoire qui est devenu le problème le plus préoccupant du pays.

Le Botswana est topographiquement plat et un pays non côtier en Afrique australe. Il compte plus de deux millions d'habitants et faisait partie des pays les plus pauvres du monde. Mais son économie s’est améliorée depuis les années 90 grâce à l’exploitation minière, à l’élevage et au tourisme. Il est également connu pour ses sanctuaires d'éléphants et abrite environ 126 000 éléphants de savane. Cette population est assez importante pour augmenter la population dans le nord du Botswana.

Ces éléphants étaient libres de se promener dans les plaines d'Afrique, mais son foyer paisible était perturbé par la recrudescence d'activités illégales dans la région. Bien que certains prétendent que les braconniers sont répandus et qu’ils ciblent actuellement les défenses des éléphants, le ministère de l’Environnement du Botswana a nié l’existence d’une crise du braconnage. En conséquence, le ministère a levé l'interdiction de la chasse au trophée plus tôt cette année, en vigueur depuis près de cinq ans maintenant.

Le braconnage est connu pour la chasse ou la capture illégale d'animaux sauvages, généralement liée aux droits d'utilisation des terres. Selon les experts, cette activité est réalisée par des paysans appauvris à des fins de survie et constitue un complément pour les régimes maigres.

Suite à la révolte du public après la levée de l’interdiction, des chercheurs ont étudié le cas au Botswana pour confirmer que les braconniers terrorisaient les refuges des éléphants. Ils ont utilisé des enquêtes aériennes et des visites sur le terrain, qui ont révélé que les carcasses d'éléphants frais dans le pays avaient augmenté de près de 600% entre 2014 et 2018.

Sous la direction de Michael Chase, ses collègues et lui-même ont rencontré 36 300 milles carrés d'habitat comptant et documentant des éléphants vivants ainsi que des éléphants morts à 300 pieds au-dessous. Ils ont repéré 156 carcasses dont les crânes avaient des plaies ouvertes et les défenses avaient déjà été enlevées. Cela montre un nombre massif de meurtres pour l'ivoire, qui est toujours en demande en Chine.

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Selon National Geographic, le suggère que les braconniers se sont concentrés sur les défenses, en particulier sur les taureaux plus âgés qui possèdent les plus grandes défenses. S'il ne reste plus rien avec l'ancien, les braconniers se tourneront vers les matriarches. Si cela se produit, toute la population sera à risque puisque ce sont les matriarches qui savent comment trouver de l'eau et de la nourriture pour survivre.

En 2014, alors que les cas de braconnage continuent à augmenter, l'Afrique a trouvé de nouveaux moyens plus efficaces pour compléter sa lutte contre cette chasse illégale. La lutte commence par la mise en œuvre de nouvelles lois comportant des sanctions sévères, une formation militaire plus stricte pour les rangers et de nouvelles technologies telles que les drones équipés de caméras thermiques pour protéger les rhinocéros et les éléphants.

Les nouvelles règles ont été mises en place après qu'un Chinois ait tenté de faire passer de l'ivoire en contrebande dans une valise et ait été traduit devant un tribunal de Nairobi. L’ivoire se trouve dans les défenses de l’éléphant, dont le prix est supérieur à celui de l’or pour certains pays d’Asie.

L'incident a entraîné plusieurs activités de braconnage et donné naissance à un important commerce d'ivoire et d'autres produits illicites provenant d'animaux en voie de disparition. La nouvelle loi, entrée en vigueur en janvier 2014 et initiée par le Kenya Wildlife Service, prévoyait une peine d'emprisonnement à vie avec une amende de 230 000 $.

Crédits photos: BBC

Outre le braconnage des éléphants, les rhinocéros africains font face au même sort terrible. En seulement dix ans, le braconnage a entraîné la perte de 8 300 rhinocéros. Depuis 2008, la crise continue de terrifier le pays.

L’Afrique du Sud représente près de 80% des rhinocéros du monde et plus de 1 000 sont tuées chaque année entre 2013 et 2017. Elle compte de loin la plus grande population de rhinocéros, mais souffre régulièrement de lourdes pertes liées au braconnage. Le gouvernement et des organisations internationales ont alloué des fonds pour la conservation et la sécurisation du parc national Kruger (foyer des rhinocéros).

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Dans le cadre des efforts plus vastes déployés par l’Afrique pour prévenir le braconnage, elle a mis au point de meilleurs moyens de faire face à la crise. À l'heure actuelle, des pays d'Afrique, dont le Botswana, utilisent des technologies telles que «EarthRanger» pour surveiller des zones protégées de la faune sauvage en intégrant des données provenant de caméras, de couleurs d'animaux et de capteurs de véhicules.

Vulcan, une entreprise qui développe EarthRanger, est connue pour avoir parrainé le recensement des grands éléphants, qui indique la situation réelle dans le conservatoire. À l'aide de drones, la société connaît en temps réel des informations sur les mouvements d'animaux et les activités potentielles de braconnage. Il peut détecter à l'aide de capteurs à distance et de pièges à caméra, et effectue souvent des patrouilles plus préventives.

Cette technologie a permis de surmonter les difficultés actuelles en matière de braconnage et aide le pays à détecter les braconniers en temps réel. Mais la technologie ne peut pas faire cette tâche seule; le gouvernement devrait veiller à la stricte application des règles et réglementations relatives au braconnage. Les écologistes espèrent qu'avec l'aide de ces gadgets, d'autres actions illégales seront évitées.

Marc Sorsen Administrator
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