Rester hors de l’école au milieu de la crise sanitaire, une «bombe à retardement»: pour E. Philippe

Le Premier ministre français Édouard Philippe a défendu la décision du gouvernement de rouvrir certaines écoles le 11 mai lors d’un discours devant le Sénat.

« COVID-19 est toxique mais rester en dehors de l’école et de la vie sociale l’est tout autant », a déclaré Philippe qui a souligné que tous les élèves ne retourneraient pas à l’école.

« Cinq mois d’abandon scolaire pour des milliers, des dizaines de milliers d’élèves est probablement une bombe à retardement », a ajouté Philippe.

Beaucoup ont remis en question la décision du gouvernement de rouvrir les écoles, car d’autres pays européens ont gardé les écoles fermées alors même qu’elles éliminaient progressivement les restrictions de verrouillage.

Philippe a déclaré que l’ouverture des écoles était une « priorité éducative, sociale et républicaine », même si tout le monde ne retournera pas physiquement à l’école.

Les classes élémentaires retourneront progressivement à l’école le 11 mai avec moins d’élèves dans les classes.

Le port du masque au lycée, une fois rouvert plus tard ce mois-ci, sera nécessaire si la distanciation sociale ne peut être maintenue, a ajouté Philippe.

« Nous sommes à un moment critique car nous ne pouvons pas rester enfermés », a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe. Mardi, la France aura été enfermée pendant sept semaines.

« Notre vie économique doit impérativement et rapidement reprendre », a-t-il insisté.

«Chaque jour de verrouillage compte»

Philippe a également annoncé une aide supplémentaire de 200 euros à 800 000 jeunes de moins de 25 ans, en situation de précarité.

« Cette somme sera versée début juin aux étudiants qui ont perdu leur emploi ou leur stage et aux étudiants étrangers isolés qui n’ont pas pu rentrer chez eux », a indiqué le Premier ministre.

« Il sera versé mi-juin aux jeunes de moins de 25 ans, précaires ou modestes, qui bénéficient d’une aide au logement », a-t-il ajouté.

Le gouvernement fournira également cinq millions de masques par semaine aux personnes vulnérables. La France décidera dans les semaines qui suivront la levée des restrictions de verrouillage d’autoriser ou non les services religieux fin mai, a-t-il annoncé.

« Garder le pays en lock-out serait mettre notre vie future en grand danger », a ajouté Philippe.

Pourtant, « chaque jour de verrouillage compte », a-t-il ajouté en implorant les Français de tenir le coup pendant une dernière semaine après que le beau temps a amené de nombreuses personnes dehors dimanche. Le Sénat français s’apprête à voter la loi de suppression du verrouillage et de prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 24 juillet. Le discours de Philippe sera suivi d’un débat et d’un vote sur le texte.