L'Iran rejette l'appel de la France à des discussions plus larges au-delà de l'accord nucléaire


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L’Iran a rejeté les appels français à des pourparlers internationaux plus larges sur ses ambitions nucléaires et militaires, affirmant qu’il ne discuterait que de son pacte de 2015 avec les puissances mondiales. Dans le même temps, les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à l’industrie pétrochimique iranienne.

Le président français Emmanuel Macron avait déclaré un jour plus tôt que Paris et Washington voulaient tous les deux empêcher les armes nucléaires de se doter de Téhéran et que les nouveaux pourparlers devraient porter sur la limitation de son programme de missiles balistiques et sur d'autres questions.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré qu'il ne tiendrait aucune discussion au-delà du pacte de 2015 que le président américain Donald Trump avait abandonné l'année dernière en réclamant des restrictions plus sévères.

"Dans ces circonstances, parler de questions au-delà de l'accord (…) suscitera davantage de méfiance parmi les signataires de l'accord", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Mousavi, dans un communiqué.

Les États-Unis se sont retirés de l’accord de 2015 – aux termes duquel Téhéran a accepté de limiter ses activités nucléaires en échange d’un allégement des sanctions -, affirmant qu’il n’était pas permanent et ne faisait pas assez pour contrôler les missiles et l’influence régionale de l’Iran.

En 2017, l’Iran a rejeté l’appel de Macron aux négociations sur les missiles balistiques de Téhéran, affirmant qu’ils étaient purement défensifs, affirmant que la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui consacrait l’accord nucléaire iranien avec six puissances «n’interdit pas les programmes de missiles et les essais de missiles par l’Iran».

"une. CSNU 2231: «L'APPEL DE L'IRAN» n'est pas interdit. b. «Ne pas entreprendre d'activités liées aux missiles balistiques CONÇUS pour pouvoir livrer des armes NUCLÉAIRES. Nos missiles ne sont pas «conçus» pour les armes nucléaires, ce que nous ne développons pas », a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

La France et d'autres signataires européens de l'accord ont déclaré vouloir le sauver, mais bon nombre de leurs entreprises ont annulé leurs accords avec Téhéran, sous la pression financière des États-Unis.

"Les Européens ont jusqu'à présent manqué à leurs engagements au titre de l'accord et à la protection des intérêts de l'Iran après le retrait illégal de l'Amérique", a ajouté Mousavi dans son communiqué, selon la télévision d'Etat.

Nouvelles sanctions américaines

Les Etats-Unis ont imposé vendredi de nouvelles sanctions à l’Iran visant l’industrie pétrochimique du pays, y compris son plus grand groupe de stockage pétrochimique, pour son soutien financier au Corps des gardes de la révolution islamique (IRGC), a annoncé le département du Trésor.

Washington fait pression sur l'Iran pour son programme de missiles nucléaires et balistiques ainsi que pour mener des guerres par procuration dans d'autres pays du Moyen-Orient. Les nouvelles mesures font suite à une série de sanctions imposées le mois dernier visant les recettes d’exportation de la République islamique provenant des métaux industriels.

Les tensions entre les deux pays se sont aggravées le mois dernier lorsque l’administration Trump a ordonné le déploiement d’un groupe de frappe de porte-avions, de bombardiers et de missiles Patriot au Moyen-Orient, citant des informations sur de possibles préparations iraniennes pour attaquer les forces ou les intérêts américains.

Le Pentagone a également accusé le CGRI d'être directement responsable des attaques perpétrées le 12 mai au large des Émirats arabes unis, qui ont endommagé deux pétroliers saoudiens, un navire émirati et un pétrolier norvégien.

Les sanctions de vendredi visent la Compagnie des industries pétrochimiques du golfe Persique (PGPIC) pour apporter un soutien financier au bras économique du CGRI, l'unité militaire d'élite iranienne chargée des programmes de missiles balistiques et nucléaires de l'Iran.

Le Trésor américain a également désigné le réseau du groupe de contrôle composé de 39 sociétés pétrochimiques et d’agents de vente basés à l’étranger. PGPIC et ses filiales détiennent 40% de la capacité de production pétrochimique de l’Iran et sont responsables de 50% des exportations pétrochimiques de l’Iran, at-il ajouté.

"En ciblant ce réseau, nous entendons refuser tout financement à des éléments clés du secteur pétrochimique iranien qui apportent un soutien à l'IRGC", a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, dans un communiqué.

L’année dernière, le ministère du Pétrole iranien a indiqué au ministère iranien du Pétrole, Khatam al-Anbiya, son bras économique et technique, 10 projets dans les industries pétrolière et pétrochimique d’une valeur de 22 milliards de dollars, soit quatre fois son budget officiel.

(FRANCE 24 avec REUTERS)