Coupe du Monde de football 2020 au Qatar : une enquête est lancée

Une rencontre avec Nicolas Sarkozy, Michel Platini et le Premier ministre du Qatar fait l’objet d’un examen minutieux.

Coupe du Monde au Qatar : une enquête pour corruption en cours

Les autorités françaises ont ouvert une enquête pour corruption sur les circonstances qui ont conduit à l’attribution de la Coupe du Monde de football de 2022 au Qatar.

L’enquête, qui sera menée par un juge, fait suite à une opération de trois ans menée par des procureurs spécialisés dans les crimes financiers à la suite de la décision prise en décembre 2010. Plus de la moitié des 22 membres du Comité Exécutif de la FIFA qui ont voté pour l’établissement de la Coupe du Monde au Qatar ont depuis été accusés ou poursuivis pour corruption.

Les enquêteurs français se sont particulièrement concentrés sur l’affaire en raison d’une réunion qui s’est tenue au Palais de l’Élysée, la résidence officielle du président français, un mois avant le vote. C’est là que Nicolas Sarkozy, président français de l’époque, et deux proches collaborateurs, ont déjeuné avec Michel Platini, ancien responsable du football européen et électeur influent dans le choix des sites de la Coupe du monde, et le Premier ministre du Qatar de l’époque.

Platini affirme qu’il a été choqué de voir Tamim bin Hamad Al Thani, qui est maintenant l’émir du Qatar, dans la salle, et de voir qu’il n’était venu que pour informer Sarkozy qu’il avait décidé de choisir le Qatar pour organiser le tournoi de football.

Une porte-parole du procureur français chargé des crimes financiers a confirmé l’enquête, rapportée pour la première fois par le site d’information d’investigation français Mediapart, mais a refusé de commenter davantage.

Platini a été interrogé deux fois par les autorités compétentes. Plus récemment, il a été arrêté en juin, en même temps que les deux assistants de Sarkozy présents au déjeuner. Quelques jours plus tôt, dans une interview accordé à un célèbre journal américain, il maintenait « qu’il n’avait rien fait de mal ».

Le Qatar nie en bloque les accusations de corruption

Depuis le jour où le Qatar a été choisi pour accueillir la Coupe du monde, le Qatar nie catégoriquement l’existence de la corruption. Cela n’a pas empêché une série d’allégations et d’affirmations effrayantes sur la manière dont ce pays riche a réussi à convaincre les membres du conseil d’administration de la FIFA qu’il était plus approprié que ses rivaux, dont le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et les Etats-Unis, qu’il a battus lors du second tour final des élections.

Le dernier rappel est arrivé plus tôt ce mois-ci. Un document de la FIFA, dans lequel l’ancien responsable du football brésilien est interdit à vie, fait état de témoignages datant de 2018 selon lesquels trois Sud-Américains auraient reçu des sommes considérables pour leurs votes.

« Nous maintenons que nous avons mené notre candidature avec éthique et intégrité, en respectant strictement toutes les règles et tous les règlements », ont déclaré les organisateurs de la Coupe du monde du Qatar dans un communiqué.

Les procureurs français chargés des crimes financiers ont été parmi les plus actifs dans la poursuite des allégations contre le Qatar. Dans une autre affaire, ils ont déposé des accusations préliminaires contre Nasser el Khelaifi et Yousef al-Obaidly, les personnalités les plus en vue du Qatar, beIN Media Group, soupçonnés d’avoir soudoyé des fonctionnaires pendant le processus de candidature aux championnats du monde d’athlétisme. Les deux hommes nient les allégations. Affaire à suivre…