AFG s'interroge sur les enjeux du marché parisien après les élections européennes


En réaction au rebond de la participation aux élections européennes de fin mai de cette année, l’Association française de gestion financière (AFG) a organisé une table ronde réunissant des experts financiers et politiques pour identifier quel impact les résultats des élections pourraient avoir sur les marchés financiers français.

Marcel Grignard, président du groupe de réflexion Confrontations Europe; Stéphane Janin, responsable du développement réglementaire mondial chez AXA Investment Managers et président de la Commission européenne et internationale de la réglementation de l'AFG; et Wolf Klinz, député européen du parti libéral démocrate allemand.

Le premier point discuté par les experts a été l'augmentation du taux de participation aux élections. Ils ont noté l'augmentation du nombre de pays votant pour des partis verts et eurosceptiques et l'émergence d'un paysage politique européen fragmenté et délicatement équilibré, suggérant qu'ils appellent à une plus grande vigilance vis-à-vis des problèmes économiques et financiers actuels et anticipés au cours du nouveau mandat du Parlement européen. Parlement.

L'Union européenne est confrontée à de nombreux défis, notamment: le Brexit, avec l'incertitude persistante quant à ses termes; la stratégie offensive des États-Unis vis-à-vis des organisations et accords internationaux; la concurrence des acteurs du marché asiatique; et les défis mondiaux du changement climatique et de la révolution numérique.

L'AFG a indiqué qu'elle soutenait depuis longtemps le projet européen. Cela devrait aboutir, dans le domaine des services financiers, à la promotion de la souveraineté de l'Union européenne face aux pressions extérieures et au renforcement de la compétitivité internationale des acteurs européens. Les développements soutenant cet objectif notés par AFG incluent:

  • Exécution du projet d'Union des marchés de capitaux (CMU), particulièrement nécessaire pour éviter les risques de fragmentation dans une Europe multipolaire, où aucune place financière ne dominera, même si Paris jouera un rôle de premier plan, notamment dans le secteur de la gestion d'actifs;
  • Introduction de réglementations suffisamment souples pour permettre aux acteurs européens de se développer et d’exporter, tout en leur offrant les conditions d’une concurrence loyale avec les acteurs externes actifs dans notre marché unique;
  • Protection efficace des investisseurs européens, en veillant à ce que les informations sur les produits et solutions d'épargne soient claires, concises, compréhensibles pour tous et ne découragent pas l'épargne, qui finance l'économie;
  • Des progrès dans des domaines tels que la finance durable et les nouvelles technologies financières, dans lesquels le secteur français de la gestion d'actifs prétend également être à l'avant-garde.

Les experts ont suggéré que le processus de développement de la réglementation européenne applicable aux services financiers devait être repensé, car il ne convient plus au système conçu dans les années 2000 ("processus Lamfalussy"). En particulier, l'enchevêtrement et l'instabilité de la législation créent actuellement des incertitudes et des difficultés pour les entreprises et déroutent les investisseurs.

Selon les experts, l'Union européenne doit considérer le secteur financier comme une "arme financière", à savoir un instrument stratégique et souverain au service de l'économie européenne.

En termes de priorités que la nouvelle Commission européenne se fixera, celles-ci définiront son approche dans les principaux domaines de préoccupation du secteur des fonds: révision des directives AIFM, MIF 2, Priips et Ucits, mise en œuvre de la directive Pepp -European Pension Product), le développement de la finance durable, une structure réglementaire adaptée pour les fournisseurs de données – dont dépendent un nombre croissant d'acteurs économiques (y compris les gestionnaires d'actifs), la majorité d'entre eux provenant de l'extérieur de l'Union européenne et sous-alimentée. ou même non réglementé. L'Union européenne devrait également être à l'offensive en matière de cybersécurité et d'économie numérique.

Enfin, ils ont conclu en déclarant que l'UE devait définir une vision partagée des investissements à long terme. S'agissant de ces défis majeurs, ils ont ajouté que les marchés des capitaux à Paris devront renforcer leurs efforts pour promouvoir les intérêts français et européens dans le contexte de l'après-Brexit.

L'AFG a exprimé sa confiance dans la capacité des nouveaux décideurs européens à prendre la mesure de ces objectifs, qui renforceront la compétitivité et la souveraineté de l'Union européenne. L'association, qui a renforcé sa présence à Bruxelles, a déclaré qu'elle travaillerait activement tout au long de la nouvelle législature de l'UE.