Fin de l’aventure et épilogue

Lire ici la troisième partie de l’incroyable voyage de Nicolas et Rudi : Cap sur Copa Cabana

10 juin 2014

Nous restons deux jours à Copacabana, non seulement pour faire une pause, mais également pour le je-ne-sais-quoi d’agréable et de paisible de cette petite ville. Elle possède un côté intime de par sa taille réduite, ce qui contraste avec l’ensemble du pays où tout est à grande échelle. Le soir de notre arrivée, nous repérons un point surélevé qui s’ouvre dans la montagne. Nous décidons d’aller y manger au moment du coucher du soleil. Pour cela nous empruntons un chemin appelé gaiement la Montée du Calvaire et, en commençant notre marche sur le sentier abrupte et escarpé, nous comprenons d’où lui vient son surnom.

Lorsque nous parvenons à notre but, le soleil a déjà commencé à balayer les eaux bleues du lac Titicaca de sa lumière crépusculaire. De fines gouttelettes ocre, orange et rosées pétillent sur l’onde qui s’endort comme si ces petits éclats constellés étaient une couverture dont elle aimait se draper avant de trouver le sommeil. Le lendemain nous partons pour l’Isla del sol. Nous partons en bateau assez tôt le matin. Dans les premières heures, quelques nuages rebelles tentent de détrôner le soleil mais finalement, à notre arrivée sur l’île, l’astre lumineux conserve son royaume et éclaire d’une chaude lumière le beau bloc rocheux où nous posons les pieds. Nous marchons pendant près de trois heures sur l’île, que nous traversons entièrement. De hauts sommets à 4000 mètres, des petits villages pittoresques et d’anciennes ruines bordent notre chemin.

Le soir, nous retrouvons Copacabana et nous réservons deux vélos dans un local de location pour le lendemain. Nous partons à huit heures pour une belle balade autour de l’île. Nos vélos sont effroyablement lourds, pas graissés, sans frein et d’une propreté relative. C’est parti. La balade se déroule bien, même si nous peinons plus d’une fois dans les montées, à cause des particularités de nos montures et de l’altitude (entre 3800 et 4000 mètres) qui freinent souvent notre élan.

Particularité locale : faire son jogging sur l’autoroute.

Le 13 juin 2014

Après des heures de bus nous parvenons à La Paz, capitale de la Bolivie. Là, nous cherchons un hôtel ainsi que l’agence qui va nous permettre de grimper au sommet de l’Huyana Potosi, une montagne de 6000 mètres d’altitude. Notre choix s’arrête sur Altitude 6000, une agence très bien notée. Et nous ne serons pas déçus.

L’organisation de l’agence est vraiment optimale. Après quelques heures de voitures et de chemins escarpés, nous arrivons au premier refuge, situé à 4700 mètres. Nous mangeons un copieux repas et nous partons dans le début d’après midi pour une initiation à l’alpinisme. Marche sur le glacier, technique d’encordage, utilisation du piolet et escalade sur un mur de glace, autant d’activités qui nous ravissent et nous donnent envie de poursuivre ce sport une fois rentrés en France. Nous revenons au refuge et, le jour suivant, nous montons au deuxième refuge situé à 5130 mètres d’altitude… où nous patientons le reste de la journée.

À cette hauteur, les nuages grignotent lentement les montagnes et finissent par les engloutir totalement. La journée passe, nous mangeons, le refuge accueille d’autres personnes, anglais,écossais, australiens, nous lisons un peu et nous nous couchons vers six heures du soir. Demain, nous devons nous lever à deux heures du matin.

Dans la nuit, je me lève plusieurs fois pour aller aux toilettes, je vomis, j’ai froid. Et de froid je passe à glacé, malgré la tonne de couvertures que j’ai sur le dos. Je ne peux plus bouger de mon lit. Je regarde Nicolas partir avec le guide, détruit par le mal des hauteurs. À son retour, il me raconte :

“Je te mentirai en te disant que ce n’était pas superbe. Pas un seul nuage. Les étoiles scintillaient, j’en ai jamais vu autant.

– Je t’ai demandé de me raconter, pas de me dégoûter.

Nous rions, il continue :

– J’ai commencé à avoir mal au crâne en arrivant vers le sommet.

– C’est pas grave tu sais, dis-je, les petites natures ont souvent du mal avec l’altitude.

– Bien sûr”, répond-t-il un sourire aux lèvres. Nous sommes arrivés au sommet au moment même où l’aurore s’est levée. Splendide. Derrière nous il y avait la Cordillère Royale. Franchement, un moment inoubliable.

“- J’en ai passé un moi aussi de moment inoubliable, mais pas pour les mêmes raisons.”

Nous rions encore quelques instants avant de redescendre. Je ne me sens toujours pas bien. Le moindre effort, le simple fait de lasser mes chaussures m’essouffle. Tant bien que mal nous arrivons au refuge plus bas et nous reprenons la voiture qui nous ramène à La Paz. Nous trouvons un hôtel. L’hôtel Rendez-vous. Superbe, agréable et pas cher, juste ce dont j’ai besoin pour récupérer.

Particularité locale : demander à plusieurs taxis de nous emmener quelque part, et obtenir pour réponse : “Désolé, je ne suis pas taxi.”

Le 18 juin 2014

Après quelques visites à La Paz, la réservation de nos billets et une longue journée à attendre nous prenons le bus à 21h direction le Salar d’Uyuni, le pus grand désert de sel au monde. Le chemin, et non la route, pour nous y amener est digne d’un Paris-Dakar. Certains bagages volent dans le bus sous l’excitation du chauffeur qui conduit comme un dingue sur un sentier où toute personne, même suicidaire, ne roulerait qu’à quarante kilomètres à l’heure.

La « nuit » passe et nous parvenons à Uyuni le cerveau retourné. Dès notre arrivée, nous trouvons une agence pour nous faire visiter le Salar en deux jours. Nous commençons notre journée par la visite du cimetière de trains. Wagons abandonnés et locomotives décharnées. Nous visitons cette curiosité avant de repartir en 4×4 avec notre conducteur, aussi excité au volant que celui du bus.

“- Vue comme ils conduisent, dit Nico, le cimetière de 4×4 ne doit pas être loin.

– Juste à côté du cimetière d’êtres humains.”

Le Salar n’est pas aussi blanc que d’habitude car une tempête de sable a sévi quelques semaines plus tôt. Notre conducteur nous amène dans un petit village au pied du volcan endormi Tunupa, là où nous allons passer la nuit. Le lendemain, nous partons tôt dans la matinée (5h30) pour gravir le volcan. Nous nous perdons un peu en cours de route mais au final nous parvenons à retrouver un chemin… approximatif. Nous prenons soin de nous retourner de temps en temps pour voir la lumière encore fraîche du soleil glisser sur ce beau miroir blanchâtre qui reflète des éclats or et rose sur la nature environnante.

Après une ascension difficile nous arrivons au sommet du cratère situé à 4900 mètres d’altitude. Des couleurs vertes, rouges, noires et blanches éclaboussent tout autour de nous. Nous restons là, à contempler ce paysage sublime, bien blottis entre les rochers pour nous mettre à l’abri du vent.

Nous redescendons rapidement, en jouant dans le pierrier, et arrivons à l’heure pour dîner. Une dernière visite sur l’île des cactus qui poussent au milieu du Salar et nous retournons à LaPaz. Notre dernière activité de notre périple sera la Death Road, la route de la mort. Descente possédant un fort dénivelé négatif, environ 3000 mètres. En gros, c’est comme descendre le Mont Blanc et arriver à Chamonix. Nous passons par divers paysages, jungle, cascades, montagnes, et nous arrivons dans un petit village, où nous nous restaurons.

Particularité locale : Oser klaxonner nerveusement la police.

La dernière semaine se finit dans les transports où, de La Paz en Bolivie, nous devons rejoindre Lima au Pérou. De longues heures de bus de jour et de nuit, et de taxi, pour finir par prendre l’avion qui nous ramène en France. Durant le voyage nous avons du mal à nous concentrer sur les films proposés par Air France. Nous sortons cahiers et stylos et nous faisons, le sourire aux lèvres, une liste des prochains voyages à venir.

Rudi Agostini et Nicolas Hebinger

Les commentaires sont clos.

  1. On dirait un roman! C’est super bien écrit!

    CamilleG le mardi 30 septembre 2014 à 18h06

  2. Je n’ai lu que cette partie … c’est effectivement fort bien écrit ; comment avoir accès aux autres parties ?

    Naudion le vendredi 3 octobre 2014 à 8h36

  3. Marion Chevassus

    Cher Naudion, j’ai facilité votre accès au début de l’aventure. Vous pouvez cliquer dans l’encadré rouge. Bien à vous.

    Marion Chevassus le vendredi 3 octobre 2014 à 11h34