François Deseille : “L’UDI et le Modem ont tendance à trop politiser les élections locales”

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Le mariage entre l’Union des démocrates et indépendants () et le sera célébré mardi 5 novembre en fin d’après-midi, à Paris. Après plusieurs années de séparation, ce nouveau rassemblement qui préfigure une union pour les rendez-vous électoraux nationaux, européens et régionaux doit profiter du désamour du Parti socialiste, des erreurs de l’UMP mais aussi contrer la montée du Front national.

Et si le mouvement se pose comme une force d’opposition, constructive, l’épineuse question des alliances ne peut que revenir. Encore plus à Dijon. Le Modem de François Bayrou est une composante de la majorité du sénateur-maire sortant, . Son adversaire politique pour les échéances de mars 2014, Alain Houpert a, lui, reçu le soutien de l’UDI et de . Ce dernier voit d’ailleurs d’un très mauvais œil cette alliance.

Avant de célébrer les noces, , chef de file du Modem de Côte-d’Or revient sur cette union.

Après 11 années de séparation, faut-il voir dans “L’alternative”, une renaissance de l’UDF ?

C’est à la fois une résurrection de l’UDF et à la fois une naissance. Avec une différence forte. Du temps de l’UDF, un accord comme celui que nous avons sur Dijon aurait été impossible, interdit même. Je préfère donc dire que cette résurrection est la naissance d’une nouvelle force qui rassemble l’esprit de l’UDF et celui du Modem. Avec une base électorale beaucoup plus large puisque le Modem va apporter ses valeurs du centre et s’associe avec un parti de droite modéré.

Comment définirez-vous les objectifs de ce nouveau mouvement ?

Il est extrêmement difficile d’exister en étant divisés. Avec l’UDI nous avons donc étudié la possibilité de travailler ensemble notamment sur les prochaines élections. À ce titre les Européennes de juin 2014 et la Présidentielle de 2017 étaient des échéances acceptables pour un travail commun. L’UMP a échoué, le Parti socialiste montre de grosses difficultés. Alors nous espérons limiter la montée du Front national comme vote de colère, en proposant une alternative.

Il reste cependant quelques spécificités : l’UDI et par exemple dans un système d’alliance unique avec l’UMP ce que je réfute totalement. Au Modem, nous nous sommes nous-mêmes alliés avec des municipalités de droite que ce soit à Beaune ou encore à Talant. J’ai coutume de dire que si j’étais à Bordeaux je travaillerais avec Alain Juppé. Je garde cette envie de spécificité qui permet aux Modem de travailler en fonction des projets des maires et des villes. Il ne faut pas politiser les élections municipales.

Pourtant, dans la charte qui porte L’Alternative sur les fonts baptismaux, on peut lire que “l’alliance avec le PS est impossible”. En revanche la droite républicaine est qualifiée de “partenaire naturel”.

Il y a des gens bien des deux côtés de l’échiquier politique, il faut savoir faire abstraction de la couleur politique pour œuvrer dans l’intérêt général. C’est pour cette raison que je rajouterai les sociaux-démocrates. François Rebsamen à Dijon, ou Gérard Collomb à Lyon sont des très bons maires. Un gouvernement qui aurait bonne figure serait celui qui réunit un maximum de compétences comme celles des maires que je viens de citer. Nous verrions autre chose que ce à quoi nous assistons depuis les cinq dernières années.

François Hollande a fait une grave erreur en refusant de faire entrer une “Modem Touch”, une touche centriste autonome au cœur de la majorité tout comme il a eu tort de refuser la présidence de la commission de moralisation de la vie politique à François Bayrou.

En mars 2014, vous comptez donc repartir derrière le maire socialiste François Rebsamen ?

Je ne suis pas associé avec François Rebsamen président du groupe socialiste au Sénat mais François Rebsamen maire de Dijon et président du Grand Dijon. J’assume totalement ce que nous avons fait depuis six ans, en étant dans son équipe, sur la ville. À côté de ça, je ne m’occupe pas du tout du plan national, ça n’a aucun rapport. Les bureaux nationaux de l’UDI comme du Modem ont tendance à trop politiser les élections locales.

François Sauvadet, député UDI de la Côte-d’Or, demande déjà des clarifications et même l’organisation d’un congrès spécifique à cette question.

Beaucoup de gens de droite à Dijon vont voter François Rebsamen sans forcément voter François Hollande. […] François Sauvadet ne veut pas l’entendre. Je ne suis pas dans l’opposition systématique, mais dans l’intérêt général des Dijonnais. Dans bon nombre de communes de Côte-d’Or, nous allons travailler avec des maires de sensibilité de gauche, mais aussi des maires de sensibilité de droite. Et c’est très bien comme ça.

Au regard des dernières déclarations de François Sauvadet, on vous imagine mal travailler ensemble…

(Il coupe) Je m’en moque, je suis prêt à travailler avec François Sauvadet sur les Européennes et la Présidentielle… Les Municipales c’est une autre question, car il préfère soutenir un candidat qui a plombé les finances de sa ville.

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