Jean-Pierre Raffarin vote Alain Houpert

Photo Jonas Jacquel

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Le choix de l’évidence. A quelques mois des élections municipales, la bataille fait toujours rage à Dijon entre et . Qui des deux hommes arrachera l’investiture pour conduire la liste UMP et aller se frotter à en mars prochain ? Pour l’ancien premier ministre et vice-président du Sénat, , il n’y a pas l’ombre d’un doute, c’est Alain Houpert.

Dans le salon de l’hôtel, La Cloche, les deux hommes se tiennent côte à côte. “J’ai beaucoup parlé, sans te donner la parole Alain”, lâche Jean-Pierre Raffarin. “Mais je pense que nous sommes sur la même longueur d’onde”. Assurément, tant le portrait dressé par l’ancien premier ministre était élogieux : “Je marche à l’affectif”, assure-t-il. “Alain Houpert est un sénateur de qualité, très présent sur le terrain. Son métier lui apporte l’humanité des contacts et au Sénat, il a prouvé sa pertinence et sa ténacité”.

Revers de la médaille, il ne porte pas vraiment dans son cœur Emmanuel Bichot, l’autre candidat à la candidature : “Il n’est pas parlementaire et d’ailleurs je le connais très peu”. C’est dire si selon lui, le choix apparait comme une évidence. “J’ai beaucoup d’estime pour Alain”, ajoute-t-il. “Nous parlons des projets pour Dijon depuis longtemps, il a l’expérience et est en pleine force de l’âge”.

Le ténor de l’UMP reconnait que la bataille sera difficile face à “une personnalité d’un certain niveau”. Cette personnalité, c’est François Rebsamen, sénateur-maire de la ville, président du groupe socialiste au Sénat et ami de François Hollande. Pas de quoi lui faire froid aux yeux. “Une expérience politique est nécessaire et je pense que tout arrive à point à qui sait attendre et qui sait travailler en équipe. Alors, quand nous avons un parlementaire à la dimension de notre ambition collective, il ne faut pas hésiter”.

Faut-il une primaire à Dijon ?

La commission d’investiture du parti doit désormais trancher. Et pour y arriver, Emmanuel Bichot a bien proposé d’organiser une primaire. Mais au regard du résultat de l’exercice parisien, l’UMP ne serait que peu inspirée d’en organiser une nouvelle. “C’était peu convaincant”, admet-il. Et c’est peu dire puisque si Nathalie Kosciusko-Morizet s’est très nettement détachée en recueillant 58,16 % des suffrages exprimés, le scrutin a été marqué par des risques de fraude liés notamment au système de vote électronique.

“Les primaires réduisent les candidats à se battre entre eux, alors que c’est l’inverse que l’on souhaite”, explique-t-il. Il aurait d’ailleurs plaidé auprès de Jean-François Copé pour ne pas choisir cette option. “Jusqu’à présent je n’ai pas eu à me plaindre de son écoute”, conclut-il comme pour rassurer son poulain.

Photo Jonas Jacquel

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Et il s’aventure même à quelques conseils pour la campagne qui s’annonce : projet contre projet et en aucun cas sur les personnes. “Son livre, m’a profondément marqué et j’ose dire qu’il m’a inspiré dans la préparation du combat que je vais mener”, revient Alain Houpert. “L’affectif c’est notre marque de fabrique, c’est la substantifique moelle qui nourrit notre vocation politique”.

De l’affectif en politique…

Mais l’affectif, sur toutes les lèvres, est-il vraiment plausible dans la classe politique ? Oui, assurent les deux hommes. “Les Français aiment la politique, mais pas la manière dont elle est trop souvent pratiquée au sein des grands appareils”, souligne Alain Houpert. Jean-Pierre Raffarin d’ajouter : “Les Français ont raison d’avoir une certaine défiance vis-à-vis de la politique au regard des affaires qui se multiplient. La dernière d’entre elles étant celle Jérôme Cahuzac [L’ancien ministre du Budget possédait des fonds non déclarés sur un compte en Suisse puis à Singapour, NDLR]. Nous devons désormais remettre en avant des valeurs fondamentales auxquelles les Français sont attachés”.

“Être ministre, c’est être serviteur”, ajoute-t-il. “Nous faisons de la politique parce que nous aimons notre pays, nous nourrissons une ambition non pas pour soi, mais bien pour les autres”. Cette ambition, il la rapporte à Alain Houpert : “La politique n’est pas une fin, mais un moyen pour être au service des autres”.

Les commentaires sont clos.

  1. Je salue Jean-Pierre Raffarin que je trouve désopilant dans ses analyses. J’observe, comme dirait le Président Sauvadet que JPR ne prend pas beaucoup de risque à voter Alain HOUPERT pour les municipales dijonnaises. 1) Il ne vote pas à Dijon. 2) Il ne paie pas d’impôts à Dijon. 3) Il n’a jamais habité le canton de Grancey le Château. IL affirme dans son interview qu’il n’a pas beaucoup cédé la parole à Alain Houpert et je pense personnellement qu’il a bien fait. Quant à la présence sur le terrain, la pertinence et la ténacité du Sénateur Houpert, tout cela reste à prouver. Mais M. Raffarin ne peux évidemment rien en savoir. Concentrez vous sur la région Poitou Charentes cher Jean-Pierre, il y a encore du boulot à faire et des terrains à reconquérir. Gérez votre région et laissez nous décider pour nous ce qui est bon pour nous!

    Marcel FOLLEA le dimanche 30 juin 2013 à 19h54