Conseil régional de Bourgogne : Europe-écologie au bord de la rupture… de contrat

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En septembre 2013, parlait de simples “tensions amicales” pour qualifier les relations entre écologistes et socialistes. Comme un écho tardif à la situation nationale, l’alliance politique entre le groupe Europe écologie – Les Verts et la majorité socialiste a connu ce lundi 21 octobre au , quelques fissures… nucléaires.

De la voix de , visiblement vexé que les écologistes se prononcent contre le soutien de la région au pôle nucléaire bourguignon, “on ne peut pas être dans une majorité à la carte”.

L’avenir de la filière nucléaire en débat

“Est-ce que nous, élus pour seulement cinq ou six ans, avons le droit de décider que les générations suivantes auront à gérer des siècles de déchets nucléaires ?” La question posée par Alain Cordier, élu de Saône-et-Loire, a immédiatement provoqué la colère du président de région, quelque peu échauffé une poignée de minutes auparavant par les interventions du groupe Front national.

En effet, le groupe écologiste bourguignon, bien que rallié à la majorité socialiste a décidé de ne pas voter les trois dossiers relatifs au soutien économique du de Bourgogne – qui rassemble notamment les PME industrielles de Saône-et-Loire de confection de pièces de réacteurs nucléaires EPR. Selon Alain Cordier, il est paradoxal de soutenir ce genre de filière tout en s’engageant en parallèle à réduire la part du nucléaire de 75% à 50% d’ici 2025.

“Avant que nous soyons tous morts, il y aura encore du nucléaire en Bourgogne”

Mais le président de région, François Patriat, n’a pas vraiment apprécié que les élus écologistes fassent une nouvelle fois valoir leur singularité sur la thématique environnementale. Faisant référence aux récentes dissensions au sein du gouvernement dans le cadre de l’accord entre EELV et le Parti socialiste, il a immédiatement réagi en affirmant “qu’on ne peut pas être dans une majorité à la carte, être dans une majorité quand ça nous arrange, et ne pas y être quand ça ne nous arrange pas !”

Et de préciser sa vision des alliances politiques : “Je ne trouve pas que ce soit une attitude politique digne. Dans ma majorité, j’ai déjà dû voter contre mes convictions. Je n’ai jamais mis en avant ma clause de conscience. Il y a un contrat de gouvernement que nous respectons ici en Bourgogne. Il faut le respecter “.

Car s’il y a bien un domaine sur lequel EELV refuse encore de faire alliance, c’est celui de l’environnement. Position théoriquement partagée par la majorité socialiste. Théoriquement seulement : “C’est gentil de venir nous dire qu’il ne faut pas d’avions, pas de centrales, etc. Moi je rêve de ça aussi, seulement c’est impossible, tout simplement car il n’y a pas d’alternative. Avant que nous soyons tous morts, il y aura encore du nucléaire en Bourgogne”, a ainsi déclaré François Patriat.

Revenons donc à la bougie, on n’a pas besoin d’électricité ! Frottons le silex contre le fagot !

La région s’est pourtant engagée à atteindre sous peu 22% d’énergies renouvelables. Mais de l’avis de son président, “si on veut toutefois gagner la croissance, il faut continuer à exporter du nucléaire”. Intérêt du Pôle nucléaire d’ailleurs partagé par les élus d’opposition UMP-UDI, dont Jean-Paul Anciaux affirmant que “les énergies renouvelables coutent entre 4 et 5 fois plus chères que les énergies classiques”.

Les élus EELV n’ont toutefois pas désarmé face au “discours d’intimidation” de François Patriat, affirmant avoir “respecté le contrat politiqué signé à la région” et déclarant savoir faire la différence entre environnement et écologie : “L’écologie, c’est une réflexion économique totale”, s’est fendue la conseillère régionale Nicole Eschmann. Il n’en fallait pas moins pour provoquer la moquerie du président de séance : “C’est cela, revenons à la bougie, on n’a pas besoin d’électricité ! Frottons donc le silex contre le fagot !” Ceci étant dit, et après quelques minutes de nécessaire apaisement, les élus écologistes ont finalement voté l’exécution du budget 2013.

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