Coworking : la solitude des travailleurs indépendants est… démodée !

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L’individualisme, tout le monde commence à en revenir – quand ce n’est pas à en souffrir. Les Docks numériques l’ont bien compris. Cette plateforme dijonnaise de travail “collaboratif” réunit, dans des locaux partagés du Port du Canal, une trentaine de travailleurs indépendants tournés vers le monde numérique. Le concept innovant s’avère générateur d’emploi, de dynamisme, et d’attractivité. C’est en tous cas ce qu’ont voulu prouver les sept fondateurs de la société organisée en coopérative depuis 2010.

Ce soir, vendredi 18 octobre 2013, ses membres invitent les fondateurs du premier site de financement “participatif” européen, Ulule.com. Une logique qui s’inscrit elle aussi dans l’air du temps, celle de la resolidarisation des humains comme base du bien-être personnel et de l’efficacité économique.

“En trois ans, j’ai grossi facilement (de 4 salariés)”

Pour bien se muscler, rien de mieux que de se nourrir sainement. L’entreprise de Benoit Chevillot, Divio SEO, a pris des forces en trois ans au contact des autres mordus de numérique. Conseils, collaborations, échanges autour d’un des 34 187 cafés partagés (à ce jour) aux docks, il a même dû trouver des bureaux plus grands au sein de l’espace du Port du Canal, parce que sa société de développeurs informatiques ne passait plus les portes de son petit bureau.

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Photo Jonas Jacquel

“C’était compliqué avec des enfants en bas âge.” Benoît Chevillot, Bisontin de 37 ans converti à l’information en 2000 et Dijonnais depuis sept ans en a eu, un jour, assez de travailler à son domicile. “J’ai eu connaissance des Docks par mon banquier, je suis passé les voir, ils étaient en travaux. Je suis leur premier “coworker“. Depuis, je suis là tous les jours. Ici je travaille sereinement, de fil en aiguille je croise les gens qui bossent tous dans des niches différentes.”

La “coopétition” n’est pas une faute d’orthographe

C’est indéniablement grâce à l’apport des autres que Benoît Chevillot a pu grossir si bien – et en souplesse. “Chacun a vécu des échecs, est tombé dans des pièges. Le premier est un explorateur, il transmet son expérience précieuse aux suivants qui ne tomberont pas dedans. On évite un maximum d’écueils grâce à la communication entre professionnels d’un même domaine.” Il a même pu obtenir des prestataires grâce aux Docks – l’un d’eux aujourd’hui est Lafarge-BNP.

Oui, car ici, il n’est pas question d’une compétition destructrice, mais d’une “coopétition”, c’est à dire une émulation bénéfique à mi- chemin entre la coopération et la compétition : “On se tire les uns les autres vers le haut”, réagit le patron de Divio SEO. Le tout crée un environnement propice à la réussite de cette pépinière de start-up… Dont on serait tenté de dire qu’elle ressemble à une jeune entreprise américaine – avec fauteuils confortables, machine à café et bar, mais ni pression ni dress code.

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Photo Jonas Jacquel

“C’est vrai que le concept vient des États-Unis”, réfléchit Silvère Denis, cofondateur et co-gérant des Docks numériques. “Lorsque nous avons ouvert, les plateformes de coworking se comptaient sur les doigts de la main en France – dont la Cantine numérique à Paris – une soixantaine dans le monde. Aujourd’hui, nous sommes des milliers.”

Les Docks : de la Scop au cluster numérique

Peut-on qualifier les Docks de colocation d’entreprises ? “Jusque-là, on peut dire que oui”, répond Silvère Denis. “Mais cela va changer.” Car l’équipe a en tête de s’agrandir et d’acquérir très prochainement des espaces de plusieurs milliers de mètres carrés afin de proposer de plus vastes open-space, mais aussi un data-center et d’accueillir plus d’entreprises mutualisant jusqu’à des services complets de gestion-administration-commercialisation-communication-aide juridique…

“La totale”, résume assez fièrement Silvère Denis. Et pour mettre en oeuvre cet énorme projet, le jeune entrepreneur indépendant est suivi pour par des acteurs économiques de premier plan comme la Chambre de commerce et l’agence des NTIC, des entreprises du domaine numérique prêtes à les rejoindre ainsi que les collectivités. De quoi construire un cluster numérique en Bourgogne capable d’accueillir de gros événements internationaux.

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Photo Jonas Jacquel

Ce soir, ils lancent leur 150ème rencontre, ce sera avec les fondateurs d’Ulule.com.

Le Miroir Mag met à la disposition de ses lecteurs la retransmission de l’événement en live à partir de 18h30.
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2 commentaires - Postez le votre

  1. Vic curieux
    Vendredi 18 avril 2014 | 0h55

    “Il a même pu obtenir des prestataires grâce aux Docks – l’un d’eux aujourd’hui est Lafarge-BNP” : vous voulez dire que Lafarge-BNP est prestataire de Divioseo ? c’est pour construire les “virus gates” ?

  2. Marie
    Vendredi 20 décembre 2013 | 15h40

    Excellent exemple des bienfaits du coworking pour les entrepreneurs ! Le témoignage de Benoit Chevillot montre combien il est important de sortir de chez soi et de rencontrer d’autres entrepreneurs avec qui partager ses problématiques. Les espaces de coworking sont créateurs de synergies, ils facilitent les rencontres, le réseau et permettent des échanges avec des professionnels non négligeables quand on monte sa boite. Je souhaite aux Docks Numériques de voir leurs futurs projets aboutir !