Roms : François Rebsamen “comprend” l’agacement de Manuel Valls

2013-06-07-François Rebsamen-deces-clement-meric

En niant la volonté d’intégration d’une majorité de , le ministre de l’Intérieur, a semé le trouble jusque dans son propre camp. Il s’est attiré les foudres de sa collègue du gouvernement Cécile Duflot mais aussi la sympathie de plusieurs maires socialistes qui appellent à cesser l’hypocrisie. S’il n’a pas signé la tribune, , le sénateur-maire de Dijon confie être “tout à fait d’accord”.

Seize élus socialistes – sénateurs, députés ou maires -, dont Gérard Collomb, le maire de Lyon et Daniel Vaillant, un ancien ministre saluent ainsi dans une tribune publiée dans Le Journal du dimanche l’action du ministre contre les campements illicites de Roms et appellent à l’unité de la gauche et du PS sur ce sujet délicat à six mois des élections municipales. “Je n’ai pas signé cette tribune”, fait remarquer le maire de Dijon. “Nous avons nous aussi souffert de l’afflux de la population Rom mais je ne pense pas comme Manuel Valls, que par nature, ils ne souhaitent pas se réinsérer. Il ne faut pas généraliser à un peuple”.

Une large majorité de Roms ne veut pas s’insérer, c’est vrai

Le maire de Dijon cite comme contre-exemple le village de réinsertion qui existe depuis plusieurs mois à Dijon. “La caricature du débat veut que, si l’on s’oppose à Valls, on accueille les Roms et si on le soutient, on les chasse. Dans la réalité, le sujet est très délicat. Une large majorité ne veut pas s’insérer, c’est vrai. Dans ce cas, il faut les renvoyer chez eux. Mais ceux qui veulent s’insérer, il faut leur tendre la main. Comme les familles avec des enfants scolarisables”.

Reste que la position du ministre de l’Intérieur recueille une large approbation de l’opinion publique, puisque 77 % des Français approuvent ses propos. “J’en ai parlé avec Manuel (sic), je comprends qu’il soit agacé, car toutes les semaines des dizaines de maires appellent pour demander l’évacuation d’un camp […] Je ne souhaite pas que la Roumanie entre dans l’espace Schengen”.

C’est pourtant ce qui devrait arriver en janvier 2014. Sur France Inter ce même jour, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a aussi rappelé l’hostilité de la France à voir entrer la Bulgarie et la Roumanie dans les conditions actuelles de contrôle aux frontières. “Il faut se concentrer sur les groupes mafieux qui envoient les femmes et les enfants faire la manche sur le trottoir et les expulser, eux”, poursuit François Rebsamen. “Mais il faut aussi surveiller les fonds européens, car il s’avère que la prime au retour était en fait une prime à l’aller-retour”.

Il y aurait 17 000 Roms en France. Le sénateur-maire de la ville prône en revanche une obligation pour chaque ville de posséder des lieux d’accueil et de réinsertion adéquats pour les gens du voyage.

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