La bataille de Longvic est engagée

Photo Jérémie Lorand

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À tout juste six mois des élections municipales des 23 et 30 mars 2014, la situation se décante sur la commune de Longvic, dans l’agglomération de Dijon. L’actuel maire, a annoncé son retrait, lundi 30 septembre 2013. Elle laisse ainsi la voix libre à son premier adjoint, . Dans le même temps, deux candidats de droite se sont déclarés.

Au revoir Claude Darciaux

Au bout de la longue table en bois de la salle des commissions, Claude Darciaux ne peut dissimuler son émotion. Elle regarde la rose posée dans un vase et signifie son attachement à ce symbole. Trente-et-un ans, six mandats et “la sagesse de dire que je ne ferai pas le mandat de trop”. Les prochaines élections municipales, en mars 2014, se feront sans elle. “Je n’ai pas voulu tenter le diable, je ne serai donc pas candidate”.

Une décision qui est loin d’être une surprise. En 2012, lorsqu’elle avait annoncé son choix de ne pas se représenter pour les Législatives, l’idée de quitter du même coup la mairie était omniprésente. “Je ne sais pas encore, tout est possible. Je terminerai mon mandat de maire et mon programme municipal”, se contentait-elle de répondre alors. Cette fois-ci, la décision est franche et même déjà saluée. Non sans une certaine ironie il est vrai.

Jean-Philippe Morel, le chef de file de l’opposition au conseil municipal de la ville s’est ainsi rapidement fendu d’un communiqué. ” C’est une décision personnelle que je comprends, car il faut limiter aussi les mandats dans la durée”, écrit-il. Avant de poursuivre : “Fort du travail déjà accompli par mon équipe, par le projet moderne que nous proposerons aux Longviciens, nous incarnerons le vrai changement pour les habitants de la commune”.

Trois candidats déjà sur les rangs

Ce retrait lance réellement la campagne sur la septième commune du département, ancrée depuis 1995 à gauche. Et si l’ancienne enseignante assure partir de façon sereine, c’est parce qu’elle a préparé, depuis plusieurs mois déjà, sa succession. En la personne de José Almeida. “Il a toutes les compétences pour conduire la liste et la mairie”, assure Claude Darciaux. “Depuis le début du mandat, il a été associé à toutes les grandes réalisations et il saura réaliser les suivantes”.

Ancien directeur de cabinet de Michel Étiévant et de François Rebsamen au Grand Dijon, il est aujourd’hui le premier adjoint de la commune et vice-président en charge des finances à l’agglomération. “Je lui ai déjà proposé d’être présidente de son comité de soutien”. Reste que jusqu’au dernier mo

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ment elle gardera son poste. Le budget 2014 est déjà en préparation tout comme le programme de son désormais successeur.

De l’autre côté de l’échiquier politique, Jean-Philippe Morel. L’opposant “historique” de Claude Darciaux est candidat – il l’officialisera d’ailleurs dans quelques jours. Mais il a d’ores et déjà affûté ses armes : “Je bénéficie du soutien au plan national de l’UDI, le parti de Jean-Louis Borloo ou encore François Sauvadet et j’ai sollicité auprès d’Alain Suguenot, député-maire de Beaune et président de l’UMP, le soutien du parti de droite”. Des discussions seraient en cours pour une éventuelle alliance UMP-UDi sur plusieurs communes du département. Le résultat sera connu entre les 15 et 30 novembre 2013.

J’ai enterré quatre anciens maires de Longvic : Marcel Jacquelinet, Maurice Mazue, Michel Étiévant, Maurice Colson. Ca fait réfléchir.

Sauf que cette alliance n’est pas si évidente. En effet depuis quelques jours, Michel Roussel agite le landernau politique de la ville. Ancien conseiller général RPR de Grancey-le-Château, l’homme a choisi de monter une liste “aux sensibilités différentes”, mais sans Jean-Philippe Morel. Son argumentation tient en deux chiffres : 40% et 37,4%. Le premier comme son score aux Municipales de 2008, le second comme celui obtenu lors des Législatives de 2012.

L’aéroport en embusacade

“L’écoute, le dialogue, la solidarité, l’éthique seront au centre de nos préoccupations”, assure Michel Roussel qui finalise actuellement sa liste. Pour son opposant, José Almeida tout reste désormais à faire. “Il saura renouveler son équipe”, assure déjà Claude Darciaux. “Je l’accompagnerai durant la campagne. José Almeida assurera la continuité”.

Pour la conférence de presse, le principal intéressé n’était pas présent. “Un choix personnel”, atteste le première édile. Si l’élue considère avoir tenu l’essentiel de son programme, plusieurs points restent encore à achever comme le gymnase Véronique Pecqueux-Rolland, promis depuis plusieurs mandats, l’extension de la zone économique Beauregard, actée lors de la dernière session du Grand Dijon, ou le projet de centralité qui doit permettre de redessiner le centre de la ville.

Et le futur candidat devra faire avec plusieurs gros dossiers comme le devenir de l’aéroport Dijon-Bourgogne, dans la tourmente depuis plusieurs jours. Il en sera d’ailleurs question au conseil municipal de la ville, lundi 30 septembre 2013 au soir.

Le premier d’une ville désormais engagée dans la bataille.

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