Pour Solidarités 21, Manuel Valls a “franchi la ligne rouge”, à propos des Roms

Najate Haïe, élue de Quetigny et Pierre Campagnac, porte-paroles de Solidarités 21 réagissent aux propos de Manuel Valls sur les Roms.

Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse ci-dessous.

“Valls a franchi la ligne rouge à propos des Roms

Manuel Valls surfe parfois, souvent, sur la montée des intolérances et de la haine de l’autre. Sauf que cette fois ses propos sont d’une exceptionnelle gravité. Les Roms seraient inaptes à l’intégration sans autre forme de procès. Ces Européens sont discriminés depuis toujours, faut-il le rappeler. L’interdiction de travailler qui leur est faîte dans l’UE ne sera levée qu’au 1er janvier prochain. Ils sont en but à un harcèlement ethnique en Roumanie et en Bulgarie mais aussi en Hongrie sans que jamais la Commission, le Parlement et le Conseil n’aient vraiment agi pour mettre un terme à cette situation intolérable. L’argent oublieux des réalités n’est qu’un paravent dérisoire pour la honte.

Ces hommes, ces femmes et ces enfants sont tout au plus 15 à 20 000 en France et ils seraient « l’enjeu » des élections municipales parce que parmi eux les mafias prospèrent et les exploitent, eux et leurs enfants d’abord. Le racisme ordinaire de l’imbécile du coin de la rue serait une boussole politique pour des élus contestés. Celles et ceux dont nous sommes qui s’insurgent contre ces raccourcis annonciateurs du pire ont raison de tracer une ligne rouge dans le débat public. Valls l’a franchie. Hollande en ferait de même s’il devait conforter son ministre de l’intérieur. Car ce qui est en cause ne relève pas de la tactique électorale mais des valeurs fondatrices de la gauche et de l’humanité.

Qu’il faille sévir contre les réseaux délinquants personne ne le conteste d’autant plus quand des enfants en sont victimes. Ce n’est pas un « fait culturel » acceptable. Que la police fasse son travail, tout simplement. Ensuite, que les dispositifs d’accueil soient partout mis en oeuvre dans des conditions décentes par les collectivités qui en ont la responsabilité légale, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Enfin, que l’on veuille bien considérer que l’intégration de ces populations, leur sédentarisation parfois, la scolarisation des jeunes, leur développement y compris communautaire au sein de l’Union exigent des moyens et du temps, probablement sur plusieurs générations. Il n’y a pas d’autre solution démocratique face à la « reconduite », à l’exil ou à la « déportation » de sinistre mémoire de populations alors qualifiées de tsiganes.”

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