Municipales à Dijon : Alain Houpert s’y voit déjà

Photo Jonas Jacquel

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Il est 18h et les militants alignent les dernières chaises. 570 précisément. Tout est calibré pour que la réunion de campagne ait des allures de meeting. Le traceur est installé sur son piédestal, la sono crache ses watts, les principaux élus de la région sont là, un ancien ministre a même fait le déplacement. Ce jeudi 26 septembre 2013, l’assure, il tient son investiture pour les prochaines élections municipales.

Le duel se poursuit

Pourtant, la décision de la commission d’investiture de l’UMP se fait attendre. Le 8 octobre annonce-t-on. “Elle est repoussée à la semaine suivante”, corrige un proche du candidat – à la candidature. Car Alain Houpert, s’il affiche un sourire confiant et une détermination sans faille a une petite épine dans le pied. Du nom d’Emmanuel Bichot. Le conseiller général et maire de Saint-Romain est lui aussi candidat à la candidature. Sur cette même ville de Dijon.

“La légitimité d’un candidat vient du terrain”, rétorque , venu spécialement pour l’occasion. L’ancien ministre de François Fillon de poursuivre : “L’investiture n’est pas le fruit d’un apparatchik parisien. Alain [Houpert] est un sénateur exemplaire, il a la passion de Dijon. Il faut remiser ses égos, car pour nous c’est le seul”. Avant l’été, Emmanuel Bichot avait bien émis l’hypothèse d’organiser des primaires citoyennes pour départager les deux candidats. En vain.

“Il l’a”, assure Alain Houpert. “Il n’y a qu’à voir le nombre de soutiens que je cumule”. Il en aurait 5 000 sur Dijon pour une population dépassant les 155 000 habitants. Son adversaire tente lui aussi de faire le plein, mais plus difficilement. Une situation, qui dure depuis déjà plusieurs mois qui a le don d’exacerber les proches du sénateur. “Il faut en finir avec cette imposture”, lâche l’un d’eux.

Photo Jonas Jacquel

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Car le futur candidat de l’UMP devra faire face à , sénateur-maire sortant certes, mais aussi proche de François Hollande et patron des sénateurs PS. Et au fur et à mesure des semaines, la stratégie de campagne du maire commence à se dessiner. Il n’y a qu’à voir les sorties médiatiques de ces adjoints se multiplier pour comprendre que la bataille est lancée.

Salives est mon village mais Dijon est ma ville

Mais s’il est un point qui rassemble les deux candidats potentiels de l’UMP, c’est bien cette envie de confronter François Rebsamen, non pas forcément à son propre bilan, mais à celui du gouvernement. Comme l’explique Laurent Wauquiez : “Si les gens sont satisfaits de la politique de François Hollande, des hausses d’impôts, alors qu’ils glissent le bulletin de François Rebsamen dans l’urne. On signera un nouveau chèque en blanc pour les deux”.

Dans les rangs des militants, on détaille cette proposition : “Il faut demander à François Rebsamen s’il souhaite ou non ouvrir des salles de shoot, s’il veut légaliser le cannabis”. En somme s’il compte ou non appliquer la politique du gouvernement. “Dijon mérite mieux que la vision clientéliste imposée par François Rebsamen depuis trop d’années”, poursuit l’ancien ministre. “Ce qui l’intéresse, c’est l’intrigue parisienne, savoir s’il sera un jour ministre de l’Intérieur et pas Dijon”.

Alors, que fera Alain Houpert pour Dijon ? Pour l’instant, pas un mot sur le programme. Contrairement à son adversaire Emmanuel Bichot. “Nous aurons cinq axes et autant d’ateliers pour que les Dijonnais puissent venir s’exprimer”, explique le sénateur-maire de Salives. “Nous allons prendre la température du terrain, prendre les envies de chaque Dijonnais dans leur quartier pour qu’ils construisent le programme”.

Lors des précédentes échéances électorales, en 2008, François Rebsamen s’était imposé dès le premier tour, au nez et à la barbe des autres candidats. Cette fois-ci, François-Xavier Dugourd a remisé sa veste en assurant qu’il remettrait un recueil de propositions, élaboré par son groupe politique, au candidat qui serait choisi par l’UMP. Alain Houpert cite pourtant, pèle-mêle, un retour du stationnement place de la République, la candidature de Dijon pour devenir capitale Européenne de la culture ou encore une réouverture des parkings la nuit… Pour héberger les SDF.

Une équipe en cours de composition

Dans la salle de presse, avant le début de la réunion, les soutiens se massent pour une séance photo. “Dites aux femmes de venir”, sourit Laurent Wauquiez qui se lance dans une opération de composition d’image, paritaire. La liste devra elle aussi être paritaire. Si le principal intéressé assure qu’elle est loin d’être bouclée, les noms d’Anne Erschens, suppléante du député Rémi Delatte ou de Catherine Vandriesse, conseillère municipale sortante, circulent assez largement pour remplir les premières des 59 places de la liste. Laurent Bourguignat, dont le nom a été cité à plusieurs reprises pendant la soirée st lui aussi assuré d’une bonne position.

À quelques mètres de son cabinet radiologique, il assure avoir “longtemps rêvé de Dijon”. Et cite à nouveau Vauban, comme il l’avait fait lors de sa dernière intervention publique, à l’occasion de la fête des Bourguignons à Vitteaux : “Il n’y a pas de forteresses imprenables, il y a juste des échelles trop courtes”…

Pour étayer son échelle, Alain Houpert ne manque pas d’écorner son adversaire politique : “Les Dijonnais ne se sentent pas écouté, pas entendu, il y a une profonde désespérance”, estime-t-il. “François Rebsamen est le maire du passé”. Au rythme d’une musique électro, les bras en l’air, Alain Houpert entre dans la salle du palais des congrès et s’avance vers la tribune. Il embrasse la foule du regard. Elle scande son prénom. Ce n’est pas une rock-star, juste un candidat qui débute son meeting et le palais des Ducs de Bourgogne, il s’y voit déjà.

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