Dans les serres de l’université, les pharmaciens de demain se préparent

2013-09-25-Serre de l'universite de Bourgogne pharmacie Jeremie Lorand Le Miroir Mag-4

Un ilot de verdure au milieu du campus. Sous de grandes verrières, les serres de l’ renferment, depuis 1966, un écosystème assez unique. Plus de 1 000 espèces de plantes, appartenant à une centaine de famille, dont une partie plantée et entretenue par les élèves en pharmacie.

Ces étudiants invitaient le public, mardi 24 septembre, à pousser les portes des serres, mais aussi des jardins qui l’entourent. Auparavant en friche, ce dernier a été désherbé et vit une seconde jeunesse depuis quelques mois, en devenant un terrain d’apprentissage et d’expérience pour les étudiants.

Menthe, bourrache, Romarin, sauge. Les principes actifs de ces plantes, banales, sont souvent méconnus. Pourtant, ils existent bien. “La menthe poivrée est utilisée en phytothérapie pour les troubles digestifs par exemple”, détaille Anne-Claire Mitaine-Offer, professeur de pharmacognosie. “Le menthol en fait un produit dangereux pour les enfants, car convulsant”. Mieux vaut donc être au courant, car les plantes présentes sont des plus courantes.

Dans les serres, les étudiants en pharmacie ont réalisé quelques boutures | Photo Jérémie Lorand

Dans les serres, les étudiants en pharmacie ont réalisé quelques boutures | Photo Jérémie Lorand

À l’image du Ricin, dont l’huile aurait des vertus magiques selon la légende. La réalité est tout autre puisqu’il s’agit en fait d’un poison extrêmement toxique ! “Nous collaborons avec le muséum d’histoire naturelle afin d’enrichir nos collections”, précise Anne-Claire Mitaine-Offer. “En contrepartie, nous allons assurer quelques animations scientifiques dans les allées du jardin”.

Pour Baptiste, étudiant en troisième année, cette initiative relève surtout d’une nécessité professionnelle: “Une fois en officine, nous pouvons être confronté à une mère qui nous demande de reconnaître la plante ingérée par son bébé. Nous devons pouvoir répondre correctement et cette initiative nous permet de progresser plus rapidement qu’avec des photos sur des livres”.

Apprendre autrement

Avec un petit budget de l’UFR, les étudiants ont mis la main à la pâte. Ils sont désormais une dizaine à s’impliquer de façon régulière. “Ils seront plus tard les garants de la bonne utilisation de ces plantes”, commente le professeur. Baptiste d’ajouter : “A l’origine, la botanique n’était pour moi qu’un ensemble de noms latins. À force de venir, j’ai découvert les applications concrètes des différentes plantes”.

Il y en a aujourd’hui une trentaine dans le jardin jouxtant les serres. Mais la nouvelle promotion de l’année est d’ores et déjà mandatée pour agrandir la zone d’expérience avec une nouvelle plate-bande. Le tout, comme à chaque fois, sur le temps libre. “Je suis la première surprise de cet engouement”, se réjouit Anne-Claire Mitaine-Offer.

Marine, elle aussi en troisième année, avance un autre argument : “Nous nous réunissons dans un autre conteste, en dehors des cours magistraux. L’ambiance est donc totalement différente, nous pouvons interagir avec le professeur directement”. Un moyen de se vider la tête en somme.

“Les pathologies graves continueront d’être soignées par des principes chimiques”, ajoute Anne-Claire Mitaine-Offer. “Mais pour une thérapie dite de confort comme des vomissements ou un mal de foie, les plantes et les huiles essentielles sont une alternative”. Les gens seraient de plus en plus demandeurs d’un retour à une médecine plus douce, plus ancienne.

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