Avec ses robots, il veut changer le monde

2013-09-science-robotique-laureat-JJ-miroir-8

Construire des robots. C’est le rêve de beaucoup d’enfants. Pouvoir créer de ses petites mains une entité capable de répondre à des besoins précis. Hier, la robotique faisait frémir et suscitait la crainte. Aujourd’hui, c’est un secteur d’avenir, une aide indispensable pour une majorité des tâches de l’homme.

Construire des robots, c’est aussi la passion de Dylan Roncati, un jeune Américain de 17 ans qui vit non loin de Beaune, installé dans la région depuis deux ans. Une passion qui lui a fait remporter le titre de champion du monde de robotique.

Tout commence dans la cuisine

On retrouve Dylan chez lui, dans sa cuisine. Pendant l’entretien, il bute sur quelques mots, mais son Français est bon, alors qu’il ne connaissait rien de la langue il y a encore quelques mois. Sur la longue table, un robot, une boîte à outils, son Mac, des câbles, des transformateurs… Bref, un atelier dédié. D’ailleurs, c’est assez logique. Il explique que sa soudaine passion l’a saisi devant sa télé, lorsqu’il avait 7 ans. “Je regardais un reportage sur la cuisine du futur. J’étais étonné par ce que je voyais et c’est là que j’ai réalisé que c’était ce que je voulais faire : des robots”.

Inspiré, il créé dans la foulée sa première machine : un distributeur de soda. “Il prenait ton verre et te versait du Coca dedans”. Mais comment un garçon de 7 ans peut-il arriver à construire de tels systèmes si tôt ? “Je ne connaissais pas les bases, mais je suis intuitif, c’est venu tout seul”. Son travail en autodidacte impressionne et il le fait fructifier en prenant des cours… au Massachusetts Institute of Technology (MIT) ! Tout simplement la meilleure université mondiale dans le domaine des sciences et des technologies.

Là-bas, il suit des cours en ingénierie, en intelligence artificielle, en robotique, en mécanique quantique et en mathématiques avancées. Rien que ça. Et évidemment, ça paie. En 2011, alors âgé de 15 ans, Dylan tente l’aventure du programme robotique First. La compétition mondiale de référence.

Champion du monde à 15 ans

Avec ses camarades, il s’inscrit au concours. Ils seront la Team 577. L’équipe 577… sur 40 000 autres concurrents. Passage obligatoire par les tours régionaux, que son équipe dispose facilement. Au tableau de chasse, les tournois de Pennsylvanie, de Nouvelle-Angleterre et de New-York. Sur son chemin, la bande d’amis élimine des équipes bien plus expérimentées, avec des moyens bien plus importants.

A la fin du mois d’avril 2011, la Team 577 était à Saint Louis, dans le Missouri, en compagnie de plus de 500 équipes mondiales. Et devinez la suite… Chaque match consistait à récupérer des objets sur une zone de jeu, divisée en deux camps, et séparé en son milieu par une bascule. “Pour pouvoir franchir cet obstacle, j’ai créé un dispositif sur notre robot qui lui permettait de bouger de manière indépendante lorsqu’une de ses extrémités était en l’air”. Une habile stratégie qui a porté ses fruits. Il a été le seul du tournoi à la proposer. C’est tout sauf un hasard si lui et son équipe sont alors devenus champions du monde.

2013-09-science-robotique-laureat-JJ-miroir-10

Photo Jonas Jacquel

La préparation avait pris “trois mois pour rendre opérationnel le robot… mais sans mes idées. Avec mes modifications, ça n’a pris qu’un mois”. Une facilité que Dylan préfère mettre en commun. Ce qui l’excite, c’est “d’atteindre un but en équipe, réussir avec nos efforts à remplir notre objectif”.

Une fois installé en Bourgogne, il participe alors à la coupe de France de robotique, qui se déroulait à Toulouse. Sans surprise, il se qualifie de nouveau pour la finale… mais la perd ?! “En fait, il y a eu un acte d’anti-jeu et l’arbitre n’a rien remarqué pendant le match. Ce n’est qu’après qu’on a envoyé une vidéo qui montrait bien l’erreur, et finalement le titre nous est revenu”. De la coupe qui trône sur la table de la cuisine, il n’y a que la mention “vice” à retirer à côté de “champion”.

“Changer le monde avec les robots”

“J’ai fait plus d’une cinquantaine de robots en dix ans”, détaille-t-il. “Certains effectuaient des tâches bien particulières et d’autres… ne servaient pas à grand-chose”. N’allez pas imaginer pour autant que pour l’adolescent, les robots ne sont que divertissement. “Je veux travailler dans la robotique et changer le monde avec”.

“Notre futur avec les robots sera utopique. Tout marchera très bien, l’homme sera aidé par les machines. On deviendra certainement un peu plus paresseux, mais l’apport de la robotique sera essentiel pour les avancées médicales et industrielles”. La tête sur les épaules, mais l’esprit rêveur, il rajoute qu’il voit bien à la tête d’une grande “corporation de robotique” dans l’avenir.

Pour ça, Dylan souhaite continuer son aventure et recherche actuellement des sponsors qui lui permettront de le financer pour participer aux tournois régionaux. Et espérer atteindre de nouveau la finale nationale.

Les commentaires sont clos.