Sureffectif scolaire : La fronde des mamans

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Ils ont beau être hauts comme trois pommes, ce n’est pas une raison pour les entasser. Les élèves de classes de maternelles souffrent dans certaines classes dijonnaises du sureffectif. Atmosphère bruyante, difficulté à circuler, la maîtresse devient chèvre. De leur côté, les mamans s’inquiètent du bien-être des enfants et des encadrants. Suppression de classe, réforme scolaire enquiquinante, à l’école du Drapeau, les parents ont décidé de se mobiliser contre des mesures délétères pour leur progéniture.

Karine Enselme est une maman préoccupée, elle répond à nos questions, alors que sa fille de 5 ans entre en grande section cette année.

Après une semaine d’école, quelles sont les conséquences visibles du sureffectif sur votre enfant ?

Je la retrouve fatiguée. Dans la classe, au lieu d’être 23 à 25 enfants, ils sont une trentaine. La salle est alors plus bruyante, et la maîtresse semble plus stressée, c’est logique. Le vendredi matin, les enfants sont crevés. Il faut savoir qu’avec la réforme mise en place cette année dans son école, ma fille doit aller à l’école une matinée de plus, le mercredi. Il lui manque ce qui constituait une pause dans le rythme de la semaine.

La maîtresse vous a présenté la salle de classe, est-elle adaptée pour 32 élèves ?

Nous avons vu une classe bardée de tables, à tel point qu’en cas de souci (comme un incendie), les enfants auront du mal à rejoindre la sortie. C’est ridicule. Et puis, la maîtresse a du mal à circuler dans les allées.

Vous êtes impliquée dans la scolarité de votre fille, depuis quand le problème du surnombre se pose-t-il ?

L’année dernière, tout allait plutôt bien, avec cinq classes ouvertes, comprenant entre 23 et 25 élèves. Cette année, pour cause de budget restreint, j’imagine, l’une d’entre elles a été fermée. Résultat, on compte une trentaine d’élèves par classe. Ma fille est dans une classe partagée avec les moyens par exemple, alors qu’elle commence doucement à préparer le CP.

Sa maîtresse est inquiète pour son programme de l’année et se sent débordée. Les Atsem (agents spécialisés des écoles maternelles), celles qui aident à habiller, emmener aux toilettes, ranger les travaux pratiques des enfants, courent partout depuis cette année et se rendent donc encore moins disponibles. La salle reste vacante, et l’ancienne institutrice – qui était super – est repartie faire du remplacement dans les autres écoles.

En quoi la réforme scolaire mise en place par renforce le problème ?

La semaine dernière, nous sommes allés à la réunion de rentrée et avons trouvé un personnel encadrant hyper-négatif. La directrice est contre la mise en place de la réforme en 2013. Pourquoi ne pas avoir attendu 2014 ? Là, l’organisation du périscolaire n’a pas pu être mise en place correctement, on sent que l’école est complètement débordée, l’information n’est pas claire du tout.

La maîtresse, quant à elle, se voit souffler une heure d’école chaque après-midi, elle ne peut plus travailler les petites poésies illustrées par manque de temps, et impossible de rattraper cela les mercredis matin. La classe n’est pas complète, car nombre de parents continuent de garder leurs enfants le mercredi matin chez eux, parfois en signe d’opposition à la réforme.

Pour lutter contre cette situation précaire, avez-vous des pistes de solutions ?

Aujourd’hui, avec d’autres mamans – une vingtaine, nous envisageons de rédiger une pétition accompagnée d’une lettre adressée à l’inspection académique. Nous sommes presque encouragés par l’école, elle a déjà fait son maximum pour rouvrir cette classe…

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