Avis de tempête sur l’aéroport Dijon-Bourgogne

Aéroport Dijon-Bourgogne | Photo Jonas Jacquel

Aéroport Dijon-Bourgogne | Photo Jonas Jacquel

L’horizon de l’ est plus sombre que jamais. À nos confrères du Bien Public, , président du conseil général de Côte-d’Or a annoncé, lundi 16 septembre 2013, qu’il arrêterait de subventionner l’aéroport après le 31 mai 2014. Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir.

La zone de turbulence était pourtant bien délimitée. Depuis le 24 mai 2013 et cette réunion d’urgence à la préfecture de Côte-d’Or on savait que les balises de détresse étaient déclenchées. À cette date, le Grand Dijon, le conseil général de Côte-d’Or, la région Bourgogne et la Chambre de commerce et d’industrie avaient signé un accord commun pour fixer les modalités d’exploitation de l’aéroport jusqu’au 1er juin 2014. Il s’agissait surtout d’assumer son déficit, mais aussi de trouver un gestionnaire après le retrait de la CCI.

À l’époque déjà, François Sauvadet avait laissé miroiter son futur positionnement : “La région doit prendre ses responsabilités, j’espère qu’elle les prendra et qu’on ne se retrouvera pas dans la même situation qu’aujourd’hui dans un an, dans l’urgence totale”. Les cartes sont désormais redistribuées et la situation pourrait bien être pire.

Dans les colonnes du Bien Public, François Sauvadet déclare ainsi : “L’aéroport est un projet qui n’est pas viable économiquement. C’est même devenu un gouffre financier. Le projet porté par la Région nous propose de participer à un déficit financier estimé au mieux à 22 M d’euros sur 8 ans. […] Je préfère permettre l’accès aux bus Transco à bas prix et assurer la gratuité des transports scolaires plutôt que de financer un aéroport qui est devenu un puits sans fonds”.

L’aéroport se brûle les ailes

Dans la foulée, pour la région Bourgogne, pour la ville de Dijon et pour la CCI se sont rapidement fendus d’un communiqué commun où ils font état de leur “stupeur et consternation” : “Avec cette décision brutale et unilatérale, François Sauvadet prend aujourd’hui le risque de mettre en péril l’aéroport de Dijon avec toutes les conséquences que cela aura sur l’activité économique et l’emploi en Côte-d’Or”.

Les trois hommes rappellent qu’un accord politique a été trouvé le 2 septembre. Il devait être délibéré par les différentes collectivités dans les semaines qui viennent. La commission permanente du conseil régional a ainsi reconduit le projet Renaissance il y a quelques jours en tablant sur une ambition de 40.000 visiteurs annuels.

Car l’aéroport doit faire de pair avec une concurrence plus féroce que jamais : Dôle-Tavaux. À 50 kilomètres de Dijon, l’aéroport, sous l’égide du conseil général du Jura propose bien plus de destinations. “Le projet Renaissance est mort, comme nous les écologistes l’affirmions depuis 2006“, assure Philippe Hervieu, chef de file des écologistes à la région Bourgogne. “On nous promettait 250.000 voyageurs par an, et aujourd’hui la saison 2 de l’aéroport s’engage sur 40.000 visiteurs. On nous a pipoté !”

Un avenir incertain

Même sentiment pour François Sauvadet : “Envisager plus de 50 000 voyageurs par an sur l’aéroport Dijon-Bourgogne est complètement irréaliste. À la fin du premier semestre 2013, elle était de seulement 16 000 passagers, soit une baisse de 34 % par rapport à 2012”. Philippe Hervieu de rappeler que la ligne Dijon-Southampton, qui devait relancer l’aéroport, a fait seulement 527 passagers !

“Il est irresponsable de la part de François Sauvadet d’essayer de faire porter la responsabilité de l’arrêt de l’activité aux autres partenaires”, clament François Rebsamen, François Patriat et Patrick Laforêt. “Si la CCI n’a plus la capacité juridique de porter des infrastructures aéroportuaires, toute collectivité, Région, Département ou Agglomération, a possibilité de le faire”. Comme à Dôle-Tavaux justement.

Depuis plusieurs mois pourtant, François Rebsamen commence à prendre ses distances. En janvier, lors des réunions de quartier, il assurait être de moins en moins favorable à l’aéroport et rappelait qu’il avait porté l’idée d’un grand aéroport à Dôle en 2001 lors de son arrivée… Ce qui pourrait bien arriver plus rapidement que prévu.

Les commentaires sont clos.