L’UMP fait sa rentrée des clashs

Rémi Delatte, député-maire de Saint-Apollinaire | Photo Jonas Jacquel

Rémi Delatte, député-maire de Saint-Apollinaire | Photo Jonas Jacquel

Écrasée par la gauche, en plein doute municipal, la droite côte-d’orienne fait timidement sa rentrée, affaiblie par la nouvelle dispersion des cantons mais renforcée par l’introduction du scrutin à la proportionnelle, au Grand Dijon notamment. Présente dans l’opposition, mais en position de faiblesse dans les assemblées représentatives, elle peine à trouver un nouveau souffle après la défaite des dernières présidentielles et législatives.

, député-maire de Saint-Apollinaire, fait sa rentrée médiatique et se positionne sur les sujets d’actualité. Guerre des impôts, guerre des retraites, guerre en Syrie, inquiétudes quant à la ruralité et interrogations face aux municipales qui approchent, il affine – sans grande surprise – sa ligne anti-gouvernementale et regrette un Nicolas Sarkozy trop décrié.

Décryptage au fil des petites et des grandes phrases…

  • “Emmanuel Bichot réussit plutôt bien là où il est.”

Cette petite phrase pour signifier poliment et politiquement son désamour pour le candidat de droite installé dans le canton de Nolay, concurrent direct d’Alain Houpert – et pour ainsi dire, le caillou dans la chaussure de l’UMP locale. “J’ai été assez surpris de le voir arriver sur la place dijonnaise”, dit-il amèrement, en regrettant qu’un vrai opposant à François Rebsamen ne soit toujours pas en lice à droite, pour 2014. Le député-maire de Saint-Apollinaire se représentera-t-il à ses deux mandats ? La question du cumul des mandats est sur toutes les lèvres, depuis que François Rebsamen, François Sauvadet et Alain Suguenot ont été affichés par les médias cette semaine sur ce point. “Le cumul des mandats, c’est la sagesse”, répond-il. “Ce qui ne l’est pas c’est de limiter cette possibilité dès 2017. L’un enrichit l’autre, et les citoyens sont fiers que leur maire possède une fonction nationale.” Enrichi ? “Intellectuellement, pas financièrement bien sûr”, se reprend l’élu, interrompu par notre confrère de la Gazette.

  • “La hausse des impôts en France a atteint un seuil fatidique !”

Moins d’impôt ! Cette hausse plombe désormais trop, selon l’élu, la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des salariés. Déplorant la fin de l’exonération des heures supplémentaires, la remise en cause de la TVA anti-délocalisation “dont on sait les effets pervers sur la balance commerciale extérieure”, mais aussi la “démultiplication des taxes” spécifiques comme celles sur les boissons gazeuses, il regrette la fin de l’ère Sarkozy. “Une taxe sur le Coca-cola… Et pourquoi pas sur le rosé-pamplemousse !” Résultat, la baisse des impôts dans les communes devient pour lui un cheval de bataille. “Pas démagogique, mais nécessaire”, assure-t-il, pour alléger la pression fiscale des consommateurs. Quant à la – cruciale – question de l’évasion fiscale, c’est à peu près no comment.

  • “L’économie rurale, ce n’est pas que l’agriculture !”

La gauche a fait le choix des grands centres urbains quand l’élu, lui, veut se battre pour sauvegarder des noyaux de vitalité dans la France rurale. Par un remaillage du service public (bureaux de postes, gares, petites écoles, …) ? Non, plutôt par l’entreprise. Rappelez-vous ces communes construites autour d’une industrie capable d’en devenir le cœur battant. C’est ce qui se passe avec l’entreprise Magyar, saluée pour être “installée au milieu d’un champ, proche de l’autoroute” et d’irriguer le territoire rural d’emploi. Une solution pour signer la fin des déserts ruraux ? Il faudra bien, car le député déplore la hausse de l’emploi dans le domaine public. Et notamment les emplois d’avenir, ainsi que les 60 000 postes créés dans l’Education : “Créer l’emploi, ça ne doit pas être de l’argent à fonds perdus pour bidouiller les statistiques !”

  • “Monsieur Hollande aime-t-il vraiment la France ?”

Sur le sujet de la Syrie, il l’avait dit, il était contre des frappes militaires, symbole de “l’immodestie” de François Hollande. L’Histoire lui aura donné raison sur ce point puisque l’ONU ne suivra pas le président Français. “Cafouillage, honte, politique du pire”, le champ lexical souligne vertement le désaccord du député face au gouvernement. Bien sûr, c’était mieux avant, sous Nicolas Sarkozy, avec la résolution du conflit en Géorgie (2008) ou de la Libye (2011-2012), “dans le contexte de l’ONU bien sûr”. “Oui il faut sanctionner la Syrie par la voie diplomatique !”

  • “Aujourd’hui, j’ai une exigence de devoir d’alerte à l’égard de nos citoyens !”

Chevalier blanc de la droite, Rémi Delatte surveille la majorité de près. Il s’indigne notamment contre la réforme des retraites qui “laisse l’addition aux jeunes générations”, et “impacte pour la première les pensions des retraités”. Il n’oublie pas d’accuser : “Le gouvernement a une gestion à la petite semaine du déficit budgétaire”. Il reprend l’argument de la trop grosse pression fiscale, responsable de la dégradation de l’emploi et signale qu’il sera aux côtés des employés de la Capeb (secteur BTP). Capeb qui profitera au passage des grands chantiers de construction de logements, cette “opération de densification” menée en ville au détriment de la qualité de vie. Et de pointer du doigt l’important turn-over dans les quartiers Junot et Drapeau.

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