ULTRAFOOT, l’engagement par la sueur

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Par Laura Marchesi (Terminale L)

Après un début de saison haut en victoires pour le Dijon FCO en tête du classement de la Ligue 2, j’ai décidé de passé ma soirée auprès d’un groupe « ultra » pour le match Dijon­Tours ce vendredi 9 janvier. Ce groupe appelé « Lingon’s boys » fait raisonner le stade tous les soirs de match depuis maintenant plus de deux ans en chantant chaleureusement tous ensemble afin d’encourager les joueurs de leur équipe favorite.

Rencontre dans les tribunes.

Portrait robot d’un ultra

Vous vous demandez sûrement en quoi consiste un groupe ultra, qui peut y accéder et comment ? Pour y répondre, direction les tribunes où j’ai discuté avec ses membres avant et après le match. Il est important de savoir que toute personne qui possède la passion du football peut faire partie de ce genre de groupe, le milieu social n’est en aucun cas déterminant. Ainsi, certains ont intégré un groupe tout simplement en venant chanter pendant les matchs, en venant parler aux leaders (facilement repérables, ils sont pour la plupart en bas de la tribune), ou en prenant la fameuse « carte de membre », tout simplement.

Les ultras sont tous unis mais également très ouverts au dialogue et sont toujours très heureux d’être plus nombreux d’un match à l’autre. Cependant, j’ai remarqué que la plupart des adhérents n’ont pas moins de 15 ans, en effet, la « mentalité ultra » semble se développer à partir de l’âge de 17/18 ans – il faut savoir qu’il y a aussi des personnes plus matures, d’environ 40 ans venant apporter une certaine « sagesse ». Ainsi on peut y trouver des étudiants, des lycéens, des collégiens, autant que des ouvriers ou des cadres par exemple.

De plus, malgré les a priori, et le fait qu’on pourrait penser que seuls les garçons désirent faire partie de ce groupe (et bien qu’ils y soient majoritaires), on peut voir quelques filles présentes tout aussi régulièrement, et qui donnent de la voix autant que les hommes. D’autant plus, je l’ai appris, qu’elles font partie de la gestion du groupe, elles ont donc des responsabilités (comme les papiers ou encore l’achat/la vente de matériel).

Fraternité : des drapeaux, des Tifos et un canard pour les Lingons

Quant à l’organisation des ultras, il est évident que le noyau dur du groupe, c’est­à­dire les piliers du groupe, se voient nécessairement en dehors des matchs, notamment pour la conception des drapeaux, des tifos*, de leur petit journal appelé « Lingon », ou encore pour la création de chants. Ils se réunissent toujours avant les matchs, pour se motiver, et également pour entretenir les liens fraternels qui les lient.

Leur motivation première est de surexciter le stade grâce à des chants entraînants, vous êtes d’ailleurs sûrs à la fin d’un match de les connaître quasiment par cœur ! Mais ils souhaitent tout de même, et bien évidemment, que le club suive au niveau des résultats. Les supporters organisent d’ailleurs des déplacements en bus pour certains matchs, le prochain étant à Auxerre le 31 janvier. Ils suivent donc l’équipe aussi loin qu’ils le peuvent afin de montrer leur soutien complet et indéfectible.

On ressent une réelle fraternité entre les membres du groupe, ils vivent ensemble les bons moments tout comme les mauvais. On a ainsi pu voir leur déception lors de la défaite de l’équipe vendredi soir. De plus, il y a quelque temps maintenant (le 31 octobre dernier), le local où tout leur matériel est placé a été brûlé par un groupe de pseudo­supporters (Ajaccio), acte faisant malheureusement preuve d’une grande lâcheté.

Lorsqu’ils m’ont raconté cette histoire, j’ai pu voir la tristesse toujours présente sur leur visage ; mais la solidarité du club leur a réchauffé le cœur, les joueurs et le président du club se sont unis afin de pouvoir récolter des fonds dans le but de leur offrir un nouveau local et du matériel neuf, puisqu’en plus du local, la totalité de leur matériel a été brûlée hormis quelques pièces, ce qui représentait des centaines d’heures de travail et plusieurs milliers d’euros.

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Des Lingons en or

Ainsi la fraternité est présente au sein du groupe mais également entre le groupe et le club dans sa généralité. Les supporters attendent donc un retour de la part des joueurs, qui se doivent notamment de venir les saluer après le coup de sifflet final. Malheureusement, cette tradition n’est pas toujours respectée régulièrement par tous, dans un club qui n’est pas l’objet d’une ferveur populaire reconnue (à l’instar de Saint­Etienne ou du RC Lens par exemple), et a une histoire encore limitée.

Il y a par ailleurs des conflits entre les groupes ultras, une certaine violence, qui peut parfois être physique, bien que ce ne soit en aucun cas le but recherché, l’objectif étant bien l’animation en tribune. Il ne faut donc surtout pas confondre ces groupes ultras avec les groupes hooligans, un amalgame que beaucoup de personnes font sans savoir réellement de quoi il s’agit – les hooligans, eux, recherchent en priorité le contact, l’incident et la violence, contrairement aux ultras.

Enfin, pour les Lingon’s boys et plus généralement les ultras, il y a une différence entre la Ligue 1 et la Ligue 2, qui se marque tout d’abord par des matchs à des horaires mieux adaptés pour la venue au stade de tous. Le samedi à 20h ou le dimanche après­midi concerne 8 matchs sur 10 chaque journée de championnat de L1, alors qu’en Ligue 2 huit matchs sur 10 se déroulent le vendredi soir à 20h ; or certains travaillent encore, et cela est un vrai problème, notamment pour la mobilisation lors des déplacements.

De plus la Ligue 1 entraîne une nette augmentation de l’affluence au stade, donc une ambiance plus intense et de nouveaux sympathisants auprès du groupe, des affiches plus alléchantes sur le terrain mais aussi en tribunes, avec la présence plus conséquente de supporters adverses. En ce qui concerne leurs rêves, les Lingon’s boys, majoritairement, espèrent une montée et une stabilisation en Ligue 1, avec donc un net développement du club qui prendrait une autre ampleur ; une victoire en coupe de France et tout le charme qu’elle contient ; et en complément une première aventure européenne pour le club.

Dernière chose qui reste très importante pour eux : la suprématie régionale face au voisin auxerrois, que ce soit en tribune ou sur le terrain…

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