Hommage à Rémi Fraisse : Les organisateurs de la manifestation de Dijon diffusent une lettre ouverte

Les 14 structures signataires de l’appel au rassemblement le 22 novembre 2014 en hommage à et pour l’arrêt des violences policières diffuse une lettre ouverte suite à la dernière manifestation. Ils déplorent et regrettent “le bouclage et le quadrillage par les forces de l’ordre du centre-ville de Dijon” ainsi que le “matraquage médiatique autour d’hypothétiques violences”.

Lire la lettre ci-dessous.

“Lettre ouverte à la population de l’agglomération dijonnaise.

Le collectif unitaire à l’origine de l’appel à manifester samedi 22 novembre contre les violences policières déplore et regrette le bouclage et le quadrillage par les forces de l’ordre du centre-ville de Dijon.

Notre rassemblement, organisé pour demander l’arrêt des violences policières, rappeler la mémoire de Rémi Fraisse et d’autres victimes de répressions et évoquer les grands projets surdimensionnés et destructeurs de l’environnement, était destiné à échanger avec la population. Nous voulions vous convier à prendre connaissance de certaines réalités : à savoir les répressions policières et politiques de trop de mouvements populaires en désaccord avec les autorités administratives et politiques locales ou nationales, particulièrement lors de grands projets imposés.

Ce rassemblement ne justifiait ni le déploiement d’un tel dispositif sécuritaire sur la place Darcy, dans la rue de la Liberté et jusqu’aux places de la République et Wilson ni le survol prolongé de la ville par un hélicoptère et la présence de plus de 240 policiers et gardes mobiles. De même, les fouilles et les contrôles d’identité se sont multipliés au point d’inquiéter la population.

Nous sommes également effarés du matraquage médiatique autour d’hypothétiques violences et dégradations alors que notre appel unitaire, largement diffusé depuis le 18 novembre, appelait à la rencontre et au partage. Les discours alarmistes ont pu vous inquiéter et vous faire renoncer à profiter du centre-ville.

L’esprit du rassemblement a été discrédité par la préfecture et par la plupart des médias :

  • la première prenant un arrêté interdisant la possession d’objets pouvant servir d’arme … un comble pour une manifestation non violente !
  • les seconds n’ayant jamais détaillé le fond de notre mouvement : une journée nationale pour l’arrêt des violences policières et la dénonciation de leurs origines.

Nous voulions vous informer, en musique et autour d’une soupe, débattre sur les problèmes récurrents de notre société qui nous concernent tous. Rémi Fraisse est mort parce qu’il souhaitait défendre la nature face à un projet inadapté, profitant à peu d’agriculteurs mais surtout à un aménageur sur-dimensionnant les travaux et captant l’argent public. Il est urgent de s’interroger sur la dangerosité des armes employées par la police, sur les rouages dits démocratiques masquant des décisions immuables et prises par avance, qui aboutissent à des projets coûteux à l’intérêt général bien contestable.

A Chalon-sur-Saône, Besançon, Nantes, Toulouse, Marseille, Paris et dans de nombreuses grandes villes, des rassemblements comme le nôtre se sont déroulés le 22 novembre. Quelles personnalités politiques et quels médias en ont réellement rendu compte ? Très peu ont évoqué un mouvement de fond national dénonçant le fonctionnement d’une république dite démocratique. République malade car capable de blesser, mutiler et tuer au nom de la tranquillité des populations afin d’imposer par la force et la peur des projets autant contestables que destructeurs.

Nous voulions affirmer le droit d’expression, le droit à ne pas être que des consommateurs mais aussi des habitants responsables et capables de discerner et dénoncer les dysfonctionnements de nos institutions, le droit à ne pas être réprimés, mutilés ou tués pour nos engagements. Une dynamique nationale est en cours, qui ne devrait pas s’essouffler, et Dijon était au rendez-vous le 22 novembre.

Alliance écologiste indépendante, Amis de la Terre 21, ATTAC 21, Caisse de solidarité contre les répressions, CNT, Confédération paysanne 21, Ensemble!21, Espace autogéré des Tanneries, Maloka, Nature et Progrès 21, NPA 21, Parti de gauche 21, Solidaires 21, Le quartier des Lentillières”.

Les commentaires sont clos.

  1. Fallait pas tout casser 3 semaines avant! Aucun intérêt de discuter avec ces gens-là. Priorité à la securité des passants et commerçants

    Kiki21 le mercredi 3 décembre 2014 à 12h01

  2. @kiki21: ce ne sont pas les mêmes personnes justement !

    dijon-ecolo le mercredi 3 décembre 2014 à 15h02

  3. NPA et Parti de gauche….. toujours à venir parasiter les mouvements d’expression populaire et apolitiques. Leur discours revanchard, totalitaire et utopique contribue à attiser le feu. STOP à la récupération politique ! Laissez les honnêtes gens manifester en paix !

    Charas le mercredi 3 décembre 2014 à 16h53

  4. Kiki21 : lis donc cette lettre : il s’agit d’un collectif ayant appelé à une manifestation sympa !
    Priorité à la sécurité des passants dites vous : ils ont été agressés durant ce rassemblement le 22 novembre ? Non. Au contraire, ils ont été rencontrés, la discussion était le but.
    Priorité à la sécurité des commerçants dites vous : ils ont été agressés à ce rassemblement le 22 novembre ? Non. Les manifestants n’ont même pas pu croiser les commerçants, le centre ville était totalement bouclé !

    Charas : le NPA et le Parti de Gauche n’ont pas parasité ce rassemblement, ils ont largement contribué à ce rassemblement.

    Fallait venir le 22, place Darcy, c’était vraiment un bon moment, même si les grincheux diront que la musique était parfois un peu forte !!

    Bien sur aucun de vous deux n’a de commentaire sur la thématique du rassemblement. Éveillez vous un peu !

    Alexandre le mercredi 3 décembre 2014 à 23h55

  5. 100% d’accord !

    Apprenons à discerner ce qui se cache derrière le déploiement policier surdimensionné !

    Phil le vendredi 5 décembre 2014 à 12h46