“La politique devrait partir des citoyens”

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Conclusions alarmantes du groupement scientifique d’étude sur l’environnement (GIEC), médiatisation des luttes de préservation des ZAD, dénonciation de Tafta et batailles contre les OGM ou la malbouffe en général… Pour faire face aux défis intellectuels et politiques de notre temps, et répondre franco aux militants, il fallait quelqu’un de taille.

, ex-journaliste du Monde, parti avec pertes et fracas pour retrouver son indépendance, ex-rédacteur environnement pour Courrier International, pointure s’il en est du débat écologiste sera à Quetigny le mercredi 10 décembre 2014 pour discuter d’actualité.

Jean Michot, coorganisateur de l’événement, répond en amont de l’événement à quelques-unes de nos questions.

Qui est Hervé Kempf, pourquoi l’inviter ?

Hervé Kempf est un journaliste qui s’intéresse de très près à l’écologie depuis plusieurs années. Parmi ses sujets de prédilection, il compte les OGM ou le nucléaire. Il s’est fait connaître lorsqu’il a quitté le quotidien national Le Monde après avoir été censuré par sa direction sur le sujet de Notre-Dame-des-Landes. C’est à ce moment qu’il s’est fait médiatiquement connaître. Il s’attaque à tous les dossiers actuels avec le site qu’il dirige : Reporterre. Du coup, cette année, pour notre conférence de novembre, nous avons trouvé que c’était l’occasion où jamais de le faire venir, compte-tenu des événements récents dans les Zad, Zones à défendre.

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Hervé Kempf

Qu’est ce que le site Reporterre.net représente à vos yeux ?

Pour nous, c’est un site indépendant avant tout. Il donne la parole à cette mouvance de jeunes citoyens qui essaient de se placer autrement que sur le plan politique. Depuis peu, Hervé Kempf a redynamisé le site, c’est pour nous une source d’informations fiables sur les OGM, les nanotechnologies, et d’autres thématiques actuelles comme le problème des gaz de schiste.

Quelle est l’importance de sensibiliser aux problèmes environnementaux aujourd’hui ?

Nous avons appris que les ressources du monde étaient finies et réalisé que la logique capitaliste était à bout de souffle. Il est temps de reconstruire une société. Mais nos concitoyens sont généralement peu informés sur ce genre de problématique, car peu de médias s’en font l’écho. Ils portent très peu la voix des alternatives possibles. À part peut-être des Médiapart, Reporterre, France Culture… Nous sommes donc à la recherche constante d’informations, que ce soit sur le fameux traité Tafta, négocié dans le dos des citoyens, ou sur la remise en cause de la législation sur les OGM qu’il implique.

Notre rôle est donc d’informer, de sensibiliser, d’ouvrir nos concitoyens à un autre discours. C’est vrai que nous avons du mal à attirer le grand public, mais qui ne fait rien n’a rien. Il nous arrive quelques surprises comme lorsque nous avions invité Claude et Lydia Bourguignon, c’était extraordinaire. 650 personnes sont venues, nous étions débordés.

Les citoyens peuvent-ils modifier les termes du débat national à leur échelle et comment ?

La politique devrait partir des citoyens, d’une consultation pertinente qui pourrait être à même de proposer d’autres directions. C’est tout de même nous qui payons les impôts ! À l’échelon local, nous recevons un certain écho de nos actions. Notamment sur le Plan local d’urbanisme du Grand Dijon : l’agglomération a consenti à construire moins de logements, à laisser plus de place aux terres agricoles.

Sur quels thèmes attendez-vous des éclairages ou des réponses d’Hervé Kempf ?

Le mercredi 10 décembre, nous parlerons avec Hervé Kempf de la France, notre pays porté par des intérêts convergents, de la crise économique, de la spéculation sur les OGM, des risques biologiques actuels, Hervé Kempf nous donnera son analyse économique et nous verrons comment “écologiser” l’économie. Il en profitera pour proposer son livre qui, contrairement au ton du titre “Fin de l’Occident, naissance du monde”, est porteur d’espoir.

Parmi les thèmes sur lesquels nous souhaitons particulièrement obtenir des éclairages de sa part, je pense à Tafta, à la démocratie participative. C’est un homme de terrain, impliqué depuis longtemps. Il travaille au-delà des clivages politiques et même… administratifs – et n’hésite pas à quitter son bureau pour aller directement sur les ZAD. Bref, nous avons de la chance, c’est un homme très abordable.

Les commentaires sont clos.

  1. Hervé kempf a été analyser beaucoup de ZAD et les grands projets dits inutiles qui y sont contestés. Il peut en parler avec son vécu, et non avec des a priori. Il fait le lien avec bien des débats sociétaux. Son propos sur l’engagement citoyen et sur les travers de la démocratie actuelle est très intéressant.

    Merci aux organisateurs de cette conférence : Veille au grain – Bourgogne, Quetigny Environnement, et le collectif 21 “Action citoyenne pour une Côte d’Or sans OGM ni pesticides”

    Phil le vendredi 5 décembre 2014 à 11h57

  2. Bonne idée d’inviter H Kempf. Enfin quelqu’un de cohérent dans sa démarche, qui ne change pas d’avis toutes les 5 minutes comme certains politiciens bien connus et bien placés (oui je ferme Fessenhein, non je ne ferme pas Fessenheim, fermer Fessenhein peut-être …..)

    sobheur21 le vendredi 5 décembre 2014 à 22h54

  3. Marre du système représentatif vivement un système réellement démocratique

    Dlareg le mercredi 10 décembre 2014 à 16h47