Asile : L’évacuation du squat de l’Ecole des Greffes remis en question par la justice

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Le bras de fer entre les demandeurs d’asile et la préfecture se prolonge et cette fois, c’est une victoire juridique pour les associations de soutien aux demandeurs d’asile.  Presque deux ans et demi après l’expulsion du squat de l’Ecole des greffes, en juillet 2012, le tribunal administratif de Dijon annule l’arrêté qui le justifiait.

Voir ici notre retour chronologique sur le sujet

Lire ci-dessous le communiqué de la section Dijon de la Ligue des Droits de l’Homme :

Arrêté d’expulsion du squat de l’école des greffes annulé, le droit au respect  reconnu
Le tribunal administratif de Dijon saisi par la Ligue des Droits de l’Homme vient d’annuler partiellement l’arrêté du maire de Dijon de juillet 2012 qui avait amené l’évacuation des réfugiés (relevant par ailleurs des statuts administratifs les plus divers) qui avaient trouvé abri dans l’ancien internat de l’école des greffes de Dijon. Cette annulation est  motivée par les conditions de cette évacuation. Celles-ci avaient soulevé l’indignation de toutes les associations et de nombreux citoyens attachés au respect des droits des étrangers et plus largement des droits humains. Alors que les habitants étaient protégés par une décision de justice leur accordant un délai, le maire et le préfet de l’époque étaient passés en force rompant la concertation avec les associations, sans même se donner la peine de rencontrer les habitants, en organisant une opération de police surprise  massive à l’encontre de personnes pacifiques à qui aucun délit ne pouvait être reproché en les traitant comme des malfaiteurs expulsés au matin sans délai, triés dans une ancienne caserne sans pouvoir bénéficier d’une assistance et se retrouvant au final pour la plupart à la rue le soir même ou quelques jours plus tard. Cela n’avait strictement rien réglé et avait été le début d’une longue suite d’ouvertures de lieux de survie et d’expulsions, la plus terrible ayant été celle de décembre 2012  où des familles avec des enfants dont le plus jeune avait 3 mois se sont retrouvées la nuit en plein hiver chassées de leur abri sans que les pouvoirs publics se soucient d’eux laissant cette charge aux militants associatifs.  
Nous espérons que cette suite soit définitivement close et actons les avancées obtenues depuis même si restent la question cruciale de l’ouverture d’un abri de jour pour les familles et d’une solution durable pour tous ceux qui n’ont aujourd’hui d’autres solutions que les squats.
Au-delà de la satisfaction morale de ce jugement, s’il y a bien une leçon qui doit en être tirée, c’est qu’il ne peut y avoir de bonne solution sans respect et sans concertation avec les premiers intéressés. Chacun, quelle que soit sa situation administrative, doit être considéré d’abord comme un être humain respectable relevant des droits fondamentaux tels que définis par la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Les commentaires sont clos.

  1. oui des solutions humaines existent , et notamment utiliser 5 des 58 millions d’euros de fonds sociaux restants au credit municipal; pour amenager en toute urgence un ou des centres d’hebergement pour refugiés ( chiffrage calculé pour environ 100 accueils )et pas pour rembourser les detttes toxiques du senateur : maire a la banque dexia ; pour cela soutenez l’action de l’association des usagers ( acu-cmd), qui propose aussi la creation d’un maison de retraite de 80 places ; cout 15 millions d’euros et la mise en place de dispensaires medicaux gratuits ( 1 par quartier populaire )soit 5 millions d’euros , creation minimum de 150 emplois publics a dijon et le reste de cet ‘argent public issue de la banque solidaire serait confié au centre communal d’action social de la ville , sous controle democratique des citoyens ; apportez votre soutien a l’acu-cmd pour que l’argent des pauvres ne soit pas pillé pour payer les dettes des riches ( a dijon 20 000 personnes survivent sous le seuil de pauvreté )

    mangione daniel le jeudi 27 novembre 2014 à 15h17

  2. Si cela pouvait éviter d’autres passages en force ça serait super bien. Saluons le travail de la Ligue des Droits de l’Homme. Bravo pour leur ténacité.

    Dlareg le jeudi 27 novembre 2014 à 18h58

  3. “Presque deux mois et demi après l’expulsion du squat de l’Ecole des greffes, en juillet 2012”

    –> petite coquille: deux ans et demi plutôt 😉

    Adrian le vendredi 28 novembre 2014 à 9h10

  4. Enfin un dossier qui tient la route sur la situation des migrants à Dijon.Et même si le jugement du TA n’est pas totalement satisfaisant, il nous conforte dans le fait que le combat que nous menons,nous aidants de terrain,est juste et que nous ne devons rien lâcher devant les orientations restristives et discriminatoires des textes du droit d’asile dans ce pays.

    Rhety Danielle le vendredi 28 novembre 2014 à 22h42