Les policiers en grève de PV

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Une journée complète sans risquer de se faire verbaliser par la police, beaucoup en ont rêvé. C’est justement l’action que mènent les policiers membres du syndicats Alliance police nationale ce lundi 9 septembre, à travers une journée symbolique ” sans PV “.

Mais prudence toutefois, il ne s’agit là que de la police nationale ; sur la route la gendarmerie continue de veiller au grain, de même que la police municipale en matière de stationnement !

Contre la réforme pénale

Dès 8h30 le parvis de la gare de Dijon ce matin, quelques délégués d’Alliance, deuxième syndicat représentant près de 40% des effectifs de la police nationale, étaient présents pour sensibiliser la population à leur démarche. Toute la journée, ces agents qui ne bénéficient officiellement pas du droit de grève distribuent toute la journée des tracts en forme de faux procès-verbaux dans les points stratégiques de la ville. Dans le même temps, les agents en service ont été exceptionnellement encouragés à ne pas verbaliser les petits contrevenants le temps d’une journée.

L’objectif ? “Mener une action médiatique contre le projet de réforme pénale”, explique Jean-Marie Philips, délégué régional CRS pour Alliance Police nationale. Car outre la réforme des retraites, “la politique du chiffre” et le “manque de moyens pour assurer la sécurité de tous”, c’est bel et bien le projet de réforme pénale qui inquiète principalement tout le corps policier. Selon le syndicat, la réforme envisagée conjointement par les ministres de la Justice Christiane Taubira et de l’Intérieur Manuel Valls est “idéale pour mettre à mal le travail des policiers”.

“D’importants risques de récidive”

Photo Lilian Bonnard

Photo Lilian Bonnard

Une manifestation surtout symbolique permettant également aux policiers de “communiquer avec les concitoyens qui ont tendance à faire l’amalgame, à dire que les policiers ne sont pas assez efficients, ne travaillent pas assez”, explique toujours Jean-Marie Philips, alors que selon lui ce ressenti est directement lié au manque de moyens donnés aux policiers par la justice.

Quant à Frédéric Paillard, secrétaire Bourgogne Franche-Comté du syndicat, lui s’inquiète des importants “risques de récidive” qu’engendrera la réforme pénale, en modifiant le régime des peines avec sursis. En effet, l’article 11 de la réforme prévoit une systématisation du retour progressif à la liberté. Régime de semi-liberté, surveillance électronique ré-examen de la situation des condamnés devront être généralisés, ce qui pour les policiers augmente les risques pour la population.

Pour continuer leur action, les policiers participeront demain mardi 10 septembre à la grande journée de manifestation nationale menée à l’appel des divers syndicats.

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