Contrat vendanges : Alain Houpert (UMP) interpelle le ministre de l’Agriculture

Le sénateur de Côte-d’Or Alain Houpert est intervenu auprès du ministre de l’Agriculture pour le maintien du contrat de vendanges. Ce dernier lui assure que “l’exonération liée au doit être regardée comme contraire à la Constitution au motif qu’elle méconnaît le principe d’égalité entre les assurés au sein du régime agricole de protection sociale”.

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  • Question n° 13214 adressée à M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement

M. Alain Houpert attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement sur une possible réforme du contrat de vendanges, qui pourrait à terme changer une pratique ancestrale qui procure des emplois saisonniers le temps des vendanges. Si cette décision était prise, elle serait néfaste pour l’emploi, car avec l’augmentation des charges salariales, il serait de plus en plus difficile pour les viticulteurs de recruter des saisonniers. Les vendanges sont pour eux une source de revenus importante et complémentaire, et la disparition de ce contrat aurait pour conséquence une diminution de leur pouvoir d’achat. Il lui demande en conséquence de lui donner des éléments de réponses susceptibles de rassurer les viticulteurs.

  • Réponse de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement

La suppression de l’exonération de cotisations salariales, attachée au contrat vendanges, constitue une mesure retenue par le Gouvernement dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances pour 2015. Cette mesure permettra de conformer le droit en vigueur à la décision du Conseil constitutionnel du 6 août 2014 (décision n° 2014-698) qui a jugé, au regard du principe d’égalité, contraire à la Constitution l’article 1er de la loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2014 qui instaurait un dispositif de réduction dégressive des cotisations salariales de sécurité sociale comparable au dispositif d’exonération liée au contrat vendanges. Au regard des motivations de cette décision, l’exonération liée au contrat vendanges doit être regardée également comme contraire à la Constitution au motif qu’elle méconnaît le principe d’égalité entre les assurés au sein du régime agricole de protection sociale dans la mesure où, pour l’ensemble des salariés agricoles, l’assiette des cotisations sociales et les prestations et avantages auxquels ces cotisations ouvrent droit demeurent inchangés. Pour autant, il n’entre pas dans les intentions du Gouvernement de remettre en cause l’existence du contrat de travail à durée déterminée de type particulier que constitue le contrat vendanges. Par conséquent, les viticulteurs pourront continuer à recruter des salariés, y compris des salariés en congés payés ainsi que des agents publics, pour faire les vendanges. Par ailleurs, le Gouvernement reste déterminé à augmenter le pouvoir d’achat des salariés, et plus largement des ménages à revenus modestes et moyens. Dès septembre 2014, les personnes gagnant moins de 1 250 € nets par mois paieront moins d’impôts sur le revenu. Ainsi, 4,2 millions de ménages verront leur impôt allégé. Parmi eux, 2 millions seront exonérés de l’impôt sur le revenu. Le Gouvernement a proposé en outre, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2015 qui est actuellement examiné au Parlement, la suppression de la première tranche d’imposition sur le revenu, en remplacement de la mesure qui a subi la censure du Conseil constitutionnel cet été. C’est donc dans ce contexte nouveau, et sur une base parfaitement équitable, que l’attractivité des contrats saisonniers sera assurée, pour les vendangeurs comme pour les autres travailleurs occasionnels agricoles.

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