A Quetigny, les Sanofi maintiennent la pression

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La motivation ne faiblit pas. Depuis mardi 4 novembre 2014, une centaine de salariés de bloque l’entrée principale du laboratoire pharmaceutique. Ils ne voient pas forcément d’un bon œil la reprise du site de Quetigny par le groupe Delpharm.

Une cession qui interroge

Sur le bord de la route, des pancartes invitent les automobilistes à klaxonner, en soutien. Des barricades ont été élevées et une épaisse fumée noire s’élève. Devant le site de Quetigny, dans l’agglomération dijonnaise, les salariés du groupe Sanofi promettent de tenir. “Sanofi n’est pas habitué aux conflits sociaux”, reconnaissent les salariés, essentiellement issus des services production. “Le groupe a annoncé la cessation de l’usine à Delpharm en septembre sans nous donner de garanties sur l’emploi ou sur le maintien des avantages sociaux comme la mutuelle, les primes d’ancienneté”.

Le site fabrique 100 millions de boites de médicaments par an, dont 64% sont exportées. “C’est l’usine la plus rentable du groupe”, assure même un salarié. “La France a participé à la grandeur du groupe. Il a amassé un trésor de guerre, grâce à la Sécurité sociale entre autres, pour finalement l’abandonner. Il serait normal que le groupe rende à la France la pareille”. Sauf que depuis l’été et la révélation du plan Phoenix, on sait que Sanofi a prévu de céder un portefeuille de 200 médicaments et d’engager un processus de désengagement industriel en Europe. 2 600 emplois seraient ciblés en Europe dont 1 860 rien qu’en France.

Les salariés ont monté une barricade pour bloquer l'entrée principale | Photo Jérémie Lorand

Les salariés ont monté une barricade pour bloquer l’entrée principale | Photo Jérémie Lorand

Contrepartie de la cession : Sanofi promet de confier des commandes à Delpharm pendant au moins sept ans. “C’est une sorte de sous-traitance déguisée”, répondent les salariés. Ils ont d’ailleurs rencontré l’inspection du travail il y a quelques jours, qui a corroboré leurs soupçons. La conséquence ? Que Sanofi impose ses tarifs à Delpharm. De telle sorte que le nouveau propriétaire de l’usine ne puisse plus assurer le même niveau de salaire ou fasse le choix de supprimer des avantages sociaux.

“Il faut stopper la casse sociale. Dijon perd doucement tous ces fleurons de l’industrie. Nous consommons sur place, nous faisons vivre l’économie locale, ce serait dramatique pour l’agglomération”. Les salariés ont déjà reçu le soutien de la députée PS Kheira Bouziane et attendent la visite d’une délégation du groupe Delpharm dans quelques jours. Ils espèrent que celle-ci fera pression afin de ne pas acheter une usine dont la production est à l’arrêt.

Les commentaires sont clos.

  1. Nouvelle technique de ready-made en coopétion : on ferme, les autres se marrent, et on éco-bétone. Bon, c’est pas nouveau, mais pas simple. Parce qu’il faut être capable de twitter au bon moment. Et oui, là-dessus à Dijon, on a une avance considérable… Ça doit reste entre nous, hein !?

    Poupette le vendredi 7 novembre 2014 à 19h51

  2. C’est donc la fermeture du site qu’ils veulent !? Ils devraient s’estimer heureux d’avoir un repreneur français qui préservera leurs emplois. Trop d’intox dans les différents articles de presse. Allez interroger les 250 salariés qui continuent de préserver leur outil de production en bossant pendant que 100 sont victimes du syndrome de l’enfant gâté.

    Kitty le samedi 8 novembre 2014 à 9h30

  3. Il n’y a aucune garantie du repreneur concernant cette cession , et surtout pas celle de la garantie des emplois !!! Les personnes dehors sont certainement bien plus courageuses car en attendant ce sont ells qui voient leur salaires s’envoler chaque jour de grève pour essayer de garder un minimum de garanties !!! Alors qui sont les enfants gâtés !! Ceux qui sont dehors ou ceux ont peur et qui ce cachent au chaud et qui attendent derrière les fenêtres ?? A chacun son combat

    Crazy le samedi 8 novembre 2014 à 9h52

  4. Je bosse sur ce site et celà reflète tout a fait la mentalitée du groupe sanofi.. argent argent argent…. on presse et on jette.. bande d pourri.. il a fallu que les salariés ce prennent en main aider d un representant fo apres la demission des ds cfdt qui avaient trop de pression et qui ne supportaient plus le combat apres …..3 jours de lutte..encore des “moi je”…bref.. on devrait arriver a quelque chose ensemble et même si on arrive a rien..on pourra ce regarder dans le mirroir tous les matins “nous”

    eric le samedi 8 novembre 2014 à 10h12

  5. Nul n’a besoin de cerveau pour déblatérer mais il en faut un pour analyser. comment peut on être optimiste quand on passe d’un groupe 1 er au CAC 40 à un sous traitant même français, par contre celui qui ne défend pas ses acquis sera bien content d’en récolter les fruits par la suite. Garder une mutuelle convenable, la même masse salariale, le 13 ème mois et son emploi ne sont pas des demandes indécentes au vu de ce qui se pratique à sanofi.

    pascal le samedi 8 novembre 2014 à 10h31

  6. Quel commentaire Kitty!!! Les bras m’en tombent!
    Heureuse que votre site soit vendu alors qu’économiquement ce n’est justifié?!Sanofi engrange de milliards de bénéfice!!!
    Heureuse de devenir salariée d’un site à bas coûts?!
    Heureuse de laisser filer un statut qui, s’il n’était pas idéal, était tout de même plus rassurant que ce que ce repreneur sera en mesure de proposer?
    Heureuse que tous vos acquis soient remis en cause?
    Heureuse que vos dirigeants refusent obstinément de coucher sur le papier les belles promesses orales qu’ils ne manquent pas de seriner?….
    Heureuse de n’avoir aucune garantie pour l’avenir?
    Savez vous qu’il n’est nul besoin de passer par un plan social pour virer des dizaines de salariés?
    Je souhaite ardemment que cette vente échoue et que votre site reste dans le giron d’une grande entreprise comme Sanofi qui a largement les moyens d’assurer une politique industrielle ambitieuse et sans que ses dirigeants se conduisent comme des casseurs….
    Vos camarades aujourd’hui sont DEBOUT, ils ne courbent pas l’échine devant l’adversité, ils ne sont pas à genoux non plus…. Prenez en donc de la graine et respectez leur lutte. Camarades grévistes vous êtes soutenus, ne vous laissez pas influencer par ce commentaire à raz des “paquerettes”….

    filledelair le samedi 8 novembre 2014 à 10h41

  7. De haut en bas chez SANOFI, la grande majorité des salariés et dirigeants pensaient par : La cupidité car elle bonne, elle convient et elle fonctionne. Elle permet d’aller plus vite, en se passant de talent pour gagner des clients et des profits. Cette cupidité machinale sous toutes ses formes marque ce groupe depuis 20ans en reniant sans vergogne leur métier de base et les convictions des origines du groupe. Le point final serait-il à l’horizon ou une renaissance? Les professions reglementées auront-elles leurs cadeaux et des voyages exotiques offert par le groupe Sanofi ou Delpharm pour Noêl ?

    Philcast le lundi 10 novembre 2014 à 8h30

  8. Ayant eu une mission en tant qu’externe sur un projet informatique sur le site de Chilly Mazarin en région parisienne, j’ai été choqué par le niveau de l’arnaque (oui arnaque) qui se fait sur place. C’est à tous les niveaux! Des pseudo projets qui n’aboutissent jamais! Des prestataires choisis selon des consignes! Une sécurité fictive du site (n’importe qui peut accéder au site sans ou avec un badge!). Ils ont fait venir des ingénieurs indiens car beaucoup moins chers. Des déménagements (qui ne servent à rien) se font tout le temps! Des facturations monstrueuses! SAN OF …

    SAN OF le lundi 10 novembre 2014 à 21h26