Tartuffe : avant de foncer le voir, lisez notre double critique

Tartuffe(E.VERITE) 2©V.ARBELET

Bien connu de tous et grand classique du dramaturge français, Molière, Tartuffe remonte sur scène sous la direction de Benoît Lambert (directeur du Centre Dramatique National) au théâtre de Dijon (TDB). Le metteur en scène nous propose une réadaptation de l’imposteur autour d’une formidable troupe d’acteur comme Emmanuel Vérité. Du 6 au 22 novembre 2014, la troupe jouera sa comédie devant le théâtre de Dijon.

Nous avons participé à l’avant-première et vous livrons notre double critique.

Maud : Atypique, mesquin et fourbe

Il est 19h50, et je me languis déjà de découvrir la pièce de théâtre, Tartuffe ou l’imposteur, mise en scène par Benoit Lambert et représentée par le centre dramatique national du théâtre de Dijon au Parvis Saint Jean. C’est dans une petite salle intimiste que nous nous asseyons. 20h, le rideau se lève. Commence alors la première querelle familiale qui n’est que l’avant-goût des batailles à venir. Les alexandrins piquent mon anxiété. J’espère ne pas avoir de mal à comprendre l’action. Comment s’exprimer clairement aux Hommes de langage courant que nous sommes aujourd’hui avec des tirades aussi complexes ?

Mais les vers de Molière glissent et s’entendent aisément. Déjà, une petite fille d’à peine 7 ans rit à côté de moi. Elle a tout compris, le comique de répétition, le jeu des acteurs et les mimiques des personnages,  cette pièce est une comédie. S’en suit un récit prenant et attachant dans un décor efficace et sobre pour une interprétation contemporaine de notre bon vieux Molière relatant les limites de la pôlarisation et de la hiérarchie sociale rattrapées par les vices des Hommes. Aussi parlant que les vers, ce sont les quelques détails de la mise en scène qui alimentent avec parcimonie la fraîcheur de la pièce. En une journée, les membres d’une famille et leurs valets se déchireront, s’aimeront, se crêperont le chignon, se détesteront, s’aideront et se mobiliseront. Face à un personnage atypique mesquin et fourbe interprété avec puissance par Emmanuel Vérité, les victimes sombrent peu à peu dans le désespoir.

Mais au-delà d’une querelle entre bourgeoisie et gueux, est-il peut-être ici l’apparition même du Malin que Molière nous propose ; pliant à ses désirs, même la bourgeoisie et l’aristocratie. Si peu connaisseuse des œuvres de Molière, je salue aujourd’hui  l’essence du théâtre et le travail délicat de Benoit Lambert qui met en scène Tartuffe ou l’imposteur avec sobriété, donnant ainsi tout son poids au texte classique du dramaturge.

Marion : L’intensité en alexandrins

Parfois, quand on tombe sur un problème existentiel, on fonce sur les forums internet ou on ouvre un magazine qui titre « Les pervers manipulateurs sont partout » ou bien « Femmes, affirmez-vous » voire « arnaques et corruption à tous les étages ». On ne pense que rarement à relire le Tartuffe de Molière, ou mieux, réserver un siège dans un théâtre. Car ici, c’est bien de ces thèmes (au moins) que l’on parle, par le scénario détourné qui met une famille au cœur de la tourmente à cause d’un certain Tartuffe – un imposteur voleur et menteur.

Benoît Lambert nous donne la vision d’une famille bourgeoise au XXIe siècle. La vision seulement puisque dans ce grand salon noir et or, autour de cette table à la nappe blanche et à la vaisselle compliquée, on parle en alexandrins. Oui, douze pieds par vers, et des diphtongues qui font durer et l’ac-ti-ion et la pa-ssi-ion. D’abord déroutante, on se prend vite à adorer la beauté indéniable de cette langue française prononcée avec un extrême soin. Incompréhensible, persistez-vous à dire ? Que dites-vous alors de cette petite fille de 7 ans qui rit, à côté de moi, au comique de circonstance, de répétition et autres stratégies faciles mais efficaces pour tirer à l’audience une certaine exultation.

Si le Tartuffe marche, c’est d’abord grâce à l’incroyable palette émotionnelle de ses acteurs. En même temps qu’eux, on vit l’intensité des sentiments, on vibre parce qu’ils sont réels et parce qu’on se voit comme dans un miroir, tour à tour faillir devant la mauvaise foi ou s’émouvoir à en trembler de la supplication d’une fille à son père. Orgon, par son aveuglement devant un beau parleur, précipite sa famille à la banqueroute. « Je l’ai mis au point de voir tout sans le croire », confie Tartuffe sur son stratagème.

Au fait, vous cherchiez un exemple de pervers manipulateur ?

Les commentaires sont clos.

  1. Un peu confus ce papier
    Jouer devant le théâtre de Dijon = le théâtre de Dijon est place du Théâtre vers l’église Saint Michel. Alors la pièce se joue-t-elle là bas et devant c’est-à-dire sur les marches, dehors?
    Au Parvis Saint Jean dans une salle intimiste? Je ne connais pas de salle intimiste au Parvis Saint Jean.
    Parfois certaines pièces se sont déroulées sur la scène, le public tout autour. C’est de cela dont vous parlez ou intimiste parce que peu de public dans les gradins?
    Merci de “m’éclairer”.

    B BACHELEY le dimanche 9 novembre 2014 à 16h54

  2. Désolé, il faut que ça sorte. Vous êtes nuls comme critiques de théâtre, vous ne connaissez rien à la mise en scène, pas grand-chose à la littérature. Engagez quelqu’un de compétent. Et c’est pire pour l’opéra. Lire que c’est incroyable de voir des gens chanter et courir sur scène, c’est effarant. Les types sont chanteurs d’opéra, bouger et chanter en même temps c’est un peu leur métier. C’est comme s’extasier devant des footballers qui font des passes, quoi.

    Julien le mardi 18 novembre 2014 à 22h25

  3. Super Julien, ça tombe bien, on cherche quelqu’un. Cela vous tente-t-il afin que votre critique, d’incendiaire devienne “constructive” ? Envoyez nous un mail à redaction@miroir-mag.fr !

    Marion le mardi 18 novembre 2014 à 22h29