La mairie de Dijon porte plainte après les débordements de la manifestation en hommage à Rémi Fraisse

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Après les débordements de la manifestation en hommage à , samedi 1er novembre 2014, la Ville de Dijon annonce qu’elle va porter plainte contre les “casseurs” pour les violences et les dégradations commises lors “de ces scènes de guérilla urbaine”.

La décision a été officialisée par communiqué, en fin de journée. Un communiqué au ton très dur. Le maire PS de la ville, dénonce des “actes d’intense dégradation urbaine”, jetant le “déshonneur sur la mémoire de Rémi Fraisse”, jeune militant écologiste mort sur le site du barrage de Sivens dans le Tarn. “Ces actes, dits gratuits, mais qui ont un prix pour notre collectivité et pour notre démocratie, nous les condamnons sans la moindre équivoque. Et je n’ai aucun doute sur le fait que ceux qui les ont commis seront punis, après enquête, comme s’y est engagé le ministre de l’Intérieur”.

Alain Millot de dénoncer l’attitude “d’un groupuscule de lâches” animé par “une rage de détruire à la vérité injustifiable, et vécue par ceux sur qui elle a directement pesé de façon injuste”. Durant plusieurs lignes, le maire promet de porter plainte contre ces casseurs tout en saluant “le travail efficace et réconfortant des services techniques de la municipalité qui, dès la fin des violences et jusqu’à 2h du matin, ont procédé au nettoyage des dizaines de tags et à la sécurisation des enseignes commerciales dont la vitrine avait été entièrement démolie”.

Lire le communiqué ci-dessous

Les actes d’intense dégradation urbaine qui ont éclaté en plusieurs endroits dans les rues de Dijon samedi soir jettent le déshonneur sur la mémoire de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste mort sur le site du barrage de Sivens dans le Tarn, dans des conditions que la justice déterminera. Ces actes, dits gratuits mais qui ont un prix pour notre collectivité et pour notre démocratie, nous les condamnons sans la moindre équivoque. Et je n’ai aucun doute sur le fait que ceux qui les ont commis seront punis, après enquête, comme s’y est engagé le ministre de l’Intérieur.

Sans jouer sur le langage, je refuse de considérer que cette manifestation qui prétendait «rendre hommage», donc par essence pacifiste, a dégénéré. C’est bien une violence préméditée qui s’est abattue sur notre ville. L’objectif de la plupart de ceux qui s’étaient donné rendez-vous a été atteint : soit «une émeute d’enfer samedi à 17h rue de la Lib», comme l’indiquait dès la veille un certain nombre de tags qui avaient commencé à défigurer les façades du centre historique. Sans parler d’un message appelant à une «Manifestation en casques», qui a, sans vergogne, circulé sur internet. Une rage de détruire à la vérité injustifiable, et vécue par ceux sur qui elle a directement pesé de façon injuste.

Mais dans ce domaine où les menaces ne sont pas systématiquement suivies d’effet, ce n’est pas parce qu’elle est annoncée, théoriquement possible ou prévisible, que la violence est facile à endiguer pour autant. Surtout quand elle explose en pleine ville, à une heure de grand passage et au milieu des commerces, dont certains, au fil de la rue de la Liberté notamment, sur les conseils de la police, avaient à temps baissé leur rideau… Il n’y a que ceux qui n’ont jamais géré ou pu gérer une ville de la taille de Dijon qui peuvent aujourd’hui oser pérorer dans les médias sur un soi-disant «laisser-faire» des autorités locales ! Les autres, ceux qui ont notre respect en politique, savent qu’il vaut mieux être humble, et fort peu récupérateur, quand il s’agit de faire le moindre commentaire, la moindre analyse a posteriori à propos d’un tel phénomène insurrectionnel… Qui, par exemple, aurait pu imaginer que c’est le siège de notre police municipale, pour qui j’ai une pensée toute particulière, qui constituerait l’une des cibles privilégiées d’un groupuscule de lâches qui s’est radicalisé en moins d’une semaine ?

Alors bien sûr, des citoyens ont été choqués et des questions se posent, qui n’ont pas été éludées. Lors d’une conférence de presse qu’elle a organisée au lendemain de ces scènes de «guérilla urbaine», la Préfecture, seule habilitée par la loi à prendre les mesures nécessaires au maintien de l’ordre public, a assumé ses responsabilités et battu en brèche le fantasme de l’ordre de ne pas intervenir qui serait venu d’en haut. Indirectement interpellée par des commerçants et des riverains sous le coup d’un désarroi on ne peut plus légitime, elle s’est expliquée sans détour, s’appuyant sur le principe de la réponse qui doit être proportionnelle aux risques : «Toute intervention des forces de police pose des risques forts de collision avec les passants. Je n’ose imaginer les réactions et les dégâts humains si j’avais donné l’ordre d’intervenir. Et on l’a vu à Nantes et à Toulouse, les interventions n’empêchent pas les dégâts» a pu exposer avec quelques heures de recul le préfet Eric Delzant, qui a fait préciser la difficulté à identifier les manifestants les plus durs au milieu des fumigènes et que c’est au moment où la police s’est montrée décidée à intervenir que ceux qui venaient d’allumer des feux dangereux se sont dispersés, mettant un terme à cet inqualifiable mouvement qui n’aura pas duré plus d’une heure et demie…

Pour sa part, la ville de Dijon va déposer plainte contre ces casseurs qui, dans ce temps éclair, ont endommagé du matériel et des bâtiments administratifs. Je salue d’ailleurs le travail efficace et réconfortant des services techniques de la municipalité qui, dès la fin des violences et jusqu’à 2h du matin, ont procédé au nettoyage des dizaines de tags et à la sécurisation des enseignes commerciales dont la vitrine avait été entièrement démolie. Et afin de prendre en compte la détresse potentielle de pas moins d’une cinquantaine de commerces qui ont été, à des degrés variables, directement touchés par ce déferlement de haine, j’ai demandé aux services de se déployer sur le terrain afin d’aller à la rencontre des propriétaires ou des gérants des magasins pour les assurer de notre soutien, être à l’écoute de leurs besoins et les accompagner dans certaines démarches si nécessaire.

Les commentaires sont clos.

  1. L’heure n’est pas à la récupération politique , mais à la condamnation sans équivoque de ces casseurs .J’ai toujours été réticent à la vidéo surveillance , mais aujourd’hui , même si elle a ses limites , ce peut être un début de solution !Si j’avais été sur place , simple particulier j’aurais photographié prudemment tout débordement .Je le fais déjà dans ma commune de l’agglomération , tout indice peut faire avancer la police ,je précise que je n’ai aucune attache avec quelque extrême que ce soit. J’en ai seulement marre de payer pour des voyous de bas étage .

    Calorix le mardi 4 novembre 2014 à 0h04

  2. Au sujet de cette manifestation, plusieurs témoignages désigne des policiers de la bac, déguisés en civil cassant eux même les vitrine et getant des bouteilles et cailloux afin que les CRS passe à l’attaque, quelques photos sont disponible sur certains site web, à vous de les trouver ! En plus tout monde sait très bien que les policiers on toujours eux cette technique dégueulasse !

    Fredo le mardi 4 novembre 2014 à 0h54

  3. On reconnait bien la méthode socialiste: créer la guerre entre les pauvres pour dévier le problème (ou mariage gay, adoption etc.) pour ne pas parler des vrais problème: l’économique échappe au politique et pire puisque le PS a laissé le pouvoir aux banquiers d’affaires (Macron associé gérant chez R.)Les “idiots utiles” condamneront, les plus réfléchis et mûres se poseront les vraies questions…

    bzh le mardi 4 novembre 2014 à 10h13

  4. @Calorix : Ah oui, tu es ce qu’on appelle communément un collaborateur, délateur, indicateur, rapporteur, dénonciateur… j’en passe et des meilleurs, plus fleuris et argotiques, poucave, balance,…
    Sur la liste de quel parti te trouves-tu ? Ton discours pue le “communiqué de presse” de l’un ou l’autre de ces “récupérateurs politiques”. Tu ressers le même discours dont la pertinence et la précision dans l’analyse laissent pantois, abasourdi par tant de lucidité. Franchement, merci Calorix pour ta fine analyse, on te rappellera à l’occasion.
    http://www.miroir-mag.fr/65320-mort-de-remi-fraisse-qui-fait-peur-a-qui/
    Ensuite, je vous redirige là : https://paris-luttes.info/lettre-ouverte-a-la-mere-de-remi
    Lettre ouverte du frère de Wissam El Yamni, victime de la police en 2012
    En complément de lecture, cette analyse de Mathieu Rigouste, docteur en sociologie spécialisé dans la police : http://www.xn--apart-fsa.com/2014/10/mathieu-rigouste-mort-remi-nest-pas-bavure-cest-meurtre-detat/
    Et pour terminer, on va dire que certes, il y a des choses à déplorer… Brûler des livres, aussi mauvais soient-ils, c’est maaaaal. S’attaquer à un kebab, c’est pas beau, les pauvres, déjà qu’ils triment toute la journée dans les odeurs de graillons… En revanche, emmerder une agence immobilière, même violemment, ça a du sens. Allez, je te laisse deviner lequel, ça te fera peut-être progresser le sens critique. Haha

    Sportif le mardi 4 novembre 2014 à 10h25

  5. @Calorix “J’ai toujours été réticent à la vidéo surveillance , mais aujourd’hui , même si elle a ses limites , ce peut être un début de solution !” c’est certainement pas une solution puisque sur le passage des “casseurs” il y a, enfin avait des caméras et visiblement leur “action” n’apporte rien.

    Dlareg le mercredi 5 novembre 2014 à 12h11

  6. Ha ha ha ! Sportif seriez vous en délicatesse avec une agence immobilière? Loyers impayés avec des minimas sociaux? Rmiste bénéficiaire de la C M U ? Merci aux Con..tribuables ; ” la France qui se lève tôt” pour bosser et payer aux casseurs de leurs biens ces “droits acquis” SANS AUCUNE CONTRE PARTIES en retour ; pas même DE JUSTES REPARATIONS aux dégradations faites par ces réticents à toutes formes d’Etats ; tout en le suppliant de continuer de leur donner ces dits minimas sociaux. SPORTIF ;il vous faudrait donc aussi éclairer votre sens critique ( ?) : les émeutiers de 2005 , les saccageurs de la Gare du Nord à Paris en 2006 ; pour qui votent t’ils ? Oui ! car ils votent ! même s’ils n’en n’ont pas le droit ( mineurs ou mineurs étrangers en situations irrégulières sur le territoire national); non pas en se rendant aux urnes mais PAR PROCURATIONS. Pour qui votent t’ils ces casseurs? A Gauche ; très a Gauche? Noon.. en 2007 ils auront voté pour l’ex ministre de l’intérieur du gouvernement Chirac. On “nous” annonce pour 2017 ( aux élections présidentielles) un NOUEAU 21 AVRIL 2002 ; SPORTIF ; je crois que ca va rigoler fort au soir du premier tour ; puisque les casseurs ( eux aussi) auront bien voté ! ” N’est ce pas “? Ha! Ha! Ha! Ha !!

    Cranach le vendredi 7 novembre 2014 à 10h49

  7. et contre les dégradations des biens publics et exactions de la FNSEA (St Brisson, Dijon…), personne n’ose porter plainte et rien n’aboutit en justice…. Comme c’est normal !!

    soleil vert le vendredi 7 novembre 2014 à 10h57

  8. @Cranach : J’ai failli vous tutoyer, comme il est de mise sur internet, mais je me suis ravisé en me rappelant mon habitude de ne tutoyer que les gens avec lesquels j’ai des affinités. Je n’en ai visiblement aucune avec vous. D’une part, vous avez faux sur toute la ligne quant à mon profil psycho-sociologique. Voyons, faites plus attention quand vous lisez les rapports de police : les vilains anarchistes sont majoritairement des blancs hétérosexuels de classe moyenne !
    Les contribuables ont l’air de préférer payer des assassins bas du front et leur armement massif sous prétexte de “sécurité” et de “maintien de l’ordre” plutôt que d’aider des gens dans la misère, à lire des gens de votre acabit. Je vous laisse regarder les budgets sur internet, même si, fainéant que vous êtes, ça doit vous embêter quelque peu de vous instruire. Vous n’avez visiblement pas une culture politique très développée – je veux dire, en dehors de savoir le nom des partis et leur “orientation politique” au sein du grand échiquier capitaliste où, globalement, seul le spectacle de la gestion de la misère diffère de l’un à l’autre -, vous devriez exercer quelque peu votre matérialisme dialectique pour éviter de loucher sur le bout de votre nez. “Ahgnagnagna le contribuable blabla cékikipayecémoi”.

    Sportif (de haut niveau !) le vendredi 7 novembre 2014 à 19h36