Et si l’économie devenait plus conviviale ?

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Quand la vie politique est assombrie par de quotidiennes désillusions, certains concitoyens décident par réflexe d’aller voir plus loin que le bout de leur nez et de partir à la recherche de solutions. Parmi elles, tenter de porter au pouvoir un héros providentiel, ou bien, encore plus ambitieux, partir en quête d’une nouvelle et si possible vertueuse organisation humaine.

Parti d’un constat acerbe sur cet empire en bout de course, fondé sur l’individualisme et l’accumulation – et donc handicapé socialement – l’anthroposophe Alain Caillé (prof à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense) a jeté les bases en 2013 un manifeste convivialiste. C’est donc une sorte de suite proactive du fameux manifeste des Indignés – signé de la plume du résistant Stéphane Hessel désormais disparu – dans laquelle Alain Caillé observe et propose des axes de réflexion et de construction individuelle.

Parmi ses signataires, on retrouve un panel plutôt large d’intellectuels, d’Edgar Morin (philosophe), de Patrick Viveret à Marie Monique Robin (documentariste), Geneviève Azam (économiste), Jean-Philippe Milésy (journaliste) et Denis Clerc (dont nous parlions dans notre numéro d’avril). En un an, le manifeste a fait le tour du monde. Il lui reste à faire le tour de France.

Retrouve le sens du collectif

Affirmons avec détermination notre volonté de nous engager – ce que tant d’entre nous pratiquent déjà – sur une autre voie que celle de la compétition entre individus à qui on fait miroiter l’espoir de réussir collectivement la poursuite d’une croissance indéfinie; cela n’est pas possible et les fruits amers du productivisme sont de plus en plus mal partagés“. Manifeste convivialiste.

Ce constat très général flotte dans l’air depuis un petit moment. Depuis que la machine capitaliste s’emballe, nous entraînant dans des crises symptomatiques, depuis que la fracture sociale creuse des tombes en Europe et que les voisins ne s’adressent plus la parole. Et voilà que l’impression d’impuissance de la part des politiques parachève l’idée que petit à petit, les citoyens doivent reprendre leur rôle politique, faire acte de leur pouvoir afin de préserver, voire renouveler un consensus de plus en plus flou et chahuté par les bagarres partisanes et les effets de communication.

Alain Caillé a pris à bras le corps cette idée et lui a fait cracher le morceau dans son manifeste convivialiste afin de créer un chemin entre la réflexion et la mise en action.

Les commentaires sont clos.

  1. Ce n’est hélas pas avec la triste mentalité individualiste des clones sinisters issu-e-s des écoles de commerce et autres marquetingueries responsables des désastres “sociaux”…

    Dijon Autrement le mardi 28 octobre 2014 à 17h15