Fusion Bourgogne Franche-Comté : le Ceser dit oui (mais…)

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“L’enjeu essentiel de la fusion se situe dans le projet politique.” L’organisme consultatif de la région Bourgogne a rendu ce jeudi 16 octobre, son avis à propos de la fusion des régions Bourgogne et Franche-Comté. Si la réforme territoriale a déjà été votée par les députés français le mercredi 23 juillet 2014 (à 261 voix contre 205), elle doit encore passer l’épreuve du sénat où le texte sera discuté dès le 28 octobre 2014. Il devrait être adopté avant la fin de l’année. Bientôt une région au lieu de deux ?

La fusion devrait bel et bien se faire mais non pas sans courage et sans une certaine vision politique. Car voilà, sur le chemin de ce mariage impromptu, les embûches pourraient être nombreuses. Les deux régions sont en effet en décrochage depuis les années 2000. Elles affichent un faible dynamisme démographique et économique. D’un point de vue identitaire, les Franc-Comtois ne sont définitivement pas des Bourguignons.

Tout l’enjeu sera pour le nouveau couple de sauter ces barrières, car à la clé d’une “union”, il y a “la force”.

Deux régions faibles = une région forte ?


Alors que certains départements bourguignons tirent la sonnette d’alarme, désertés à la fois par l’industrie et les travailleurs, la question se pose de la solidité de la région. Est-elle en passe de se déliter, un peu comme sa voisine franc-comtoise ? L’avis croisé des deux les met au moins d’accord sur une chose : “Il s’agit de marier deux régions en décrochage marqué et qui constitueront la plus petite des régions fusionnées (avec 2,9 millions d’habitants)”.

Le constat n’est pas très engageant… Additionner deux faiblesses, est-ce que cela produit vraiment une force ? Eh bien, il faut croire que oui. “Nous avons tout intérêt à fusionner la Bourgogne et la Franche-Comté”, réagit François Berthelon, président du Ceser. Mais pour cela, deux conditions doivent être réunies selon les conseillers.

La première, c’est la réalisation d’un vrai projet pour le territoire ramassé autour d’une idée phare : “Il faut réaffirmer la grande vocation industrielle de la future région Bourgogne Franche-Comté” nous dit le Ceser. “La relance industrielle? C’est le but de l’opération”, résume François Berthelon – représentant le Medef Bourgogne au sein de l’Assemblée par ailleurs.

L’industrie devra savoir évoluer avec son temps et se tourner “vers l’avenir et l’innovation” : développement durable, transition écologique et énergétique, économie du numérique et des nouvelles technologies seront les maîtres-mots de la stratégie régionale. “On peut jouer sur les synergies agricoles, les pôles de compétitivité (Vitagora et le Pôle nucléaire Bourgogne), ou encore les véhicules du futur (entre la Nièvre et Montbard/ Belfort) en Bourgogne Franche-Comté.

Maillage territorial : repartir de zéro

Mais les hommes politiques voient plus loin. Au détour des débats, une notion devient récurrente, celle d’un espace Grand Est. Oui, Grand Est, comme l’ensemble de régions qui vote pour un même député européen (souvenez-vous), un espace qui va de L’Alsace et la Lorraine de la Champagne-Ardenne à la Franche-Comté en passant par la Bourgogne. La notion court dans les rangs de la Cfdt, mais aussi sur les lèvres des artisans. “De toutes façon, la fusion qu’elle soit à 2 ou à 4, c ‘est une demande qui émane du terrain”, assure le président François Berthelon. Non, ce n’est donc pas une notion imposée par le haut ou par l’Europe.

Lui, voit ici une cohérence dans un territoire placé sur l’axe Paris-Suisse offrant des possibilités encore plus vastes. Une possibilité de redonner du dynamisme à une zone qui, le cas échéant pourrait finir par “se déliter”, pour reprendre l’intervention du président de la région François Patriat. Mais surtout, cet ensemble fournirait un atout inestimable que la “Franche-Bourgogne” n’a pas encore, c’est un moteur.

Il manque à la Bourgogne Franche-Comté “une grande métropole naturelle, un centre urbain européen”, pointe du doigt le président du Ceser.  Dijon aura beau utiliser le nom qu’elle voudra, gonfler les plumes en devenant statutairement une communauté urbaine et pourquoi pas un jour une métropole, elle ne saurait rattraper ses voisines. “Notre région souffre d’un déséquilibre évident avec Paris, Lyon ou Strasbourg, elle doit plutôt rechercher la coopération”.

On en revient à la notion d’union. Celle des citoyens est la seconde condition sine qua non pour une fusion des régions : “une occasion concrète à ne pas rater pour renouer les fils de la confiance en l’avenir, en réhabilitant le politique. Renouvellement des élites régionales, fin de la possibilité de cumuler des mandats, renouvellement de la représentation politique des territoires sont au coeur de la question de la redynamisation de la démocratie représentative en région.

Le Ceser pose un certain nombre de conditions à la réussite du défi de la fusion des régions. Sans elles, pas de chance de ressortir grandis de ce mariage arrangé.

Les commentaires sont clos.

  1. Que feront les guides touristiques? Tou-te-s à Dôle la super-capitale!

    Dijon Autrement le vendredi 17 octobre 2014 à 8h18

  2. pitoyable plaidoyé qui meprise les premiers concernés : LES CITOYENS !!! les barons locaux se liguent contre le peuple ,UNISSONS -NOUS POUR LES FAIRE DEGAGER !!! construisons la 6eme Republique !! rendez-vous sur M6R.FR ? A BIENTOT ;;;;

    mangione daniel le samedi 18 octobre 2014 à 10h08

  3. Ha! Ha! Ha! : vraiment ” certains commentateurs” radotent et m’obligent là a radoter moi aussi .
    Dijon Autrement :
    Vous qui êtes Dolois ou Doloise donc ; a la lecture de cet article ; on nous y explique que.. Dijon- agglomération ; LA PLUS GRANDE ET IMPORTANTE des deux Régions; ne sera ( hélas) jamais avant bien longtemps être en mesure de CONCURRENCER Paris- Métropole ou Lyon-Métropole par exemple. Dole PETITE VILLE ( attachante) d’a peine plus de 20 000 Hbts ; en DECLIN DEMOGRAPHIQUE ( comme BESANCON) ; ne pourrait sérieusement en aucune façon devenir CAPITALE de la “Grande Région”. Que vous le vouliez ou pas ; les principales agglomérations D’EUROPES sont en concurrences pour.. tout ! Qui contesterait la suprématie de Paris pour la France? Un ” non choix” aura été fait pour réunirent Dijon et Besançon dans un ” concept de métropole” ( avec 100 km de campagne entre les deux villes ; mais je crois que de toutes façons .. qu’avec le temps ; QU’UNE DES DEUX CAPITALES régionales NE FINISSE PAR S’IMPOSER NATURELLEMENT.. par sa taille qui ne fera que.. GRANDIR.

    Cranach le dimanche 19 octobre 2014 à 13h51