Dissolution de la BA 102 : Pierre Pribetich veut tenir “un langage de vérité”

Dans un communiqué de presse, , réagit à l’annonce du début de la dissolution de la base aérienne 102 de Longvic. Pour le premier vice-président du Grand Dijon, si cette décision “nous affecte”, elle va “dans le sens de l’histoire. En effet, la nouvelle géopolitique des conflits veut que Dijon ne soit plus un point stratégique pour la défense nationale. ajoute que le ministère de la Défense doit lui aussi faire des économies. “Il est aujourd’hui fondamental d’engager un travail collectif tourné vers la reconversion du site”, conclut l’élu.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité du communiqué :

Suite à l’annonce par le ministre de la Défense, ce mercredi 15 octobre 2014, du « début de la dissolution de la base aérienne 102 », nous devons, par-delà des prises de position qui trahissent la méconnaissance du dossier, tenir à nos concitoyens, qui en ont assez des querelles politiciennes stériles, un langage de vérité.

La vérité, c’est le sens de l’histoire, c’est que, depuis une vingtaine d’années, Dijon perd, petit à petit, son statut de ville « de garnison », de « place forte » militaire de l’Est de la France. Et ce pour deux raisons de fond, entérinées, sous le gouvernement Fillon, le livre blanc et la loi de programmation militaire de 2008, qui ont conduit à la situation actuelle.

La première raison, c’est que le monde change. Les risques ne sont plus les mêmes qu’au XIXe siècle. Nous ne cherchons plus à nous protéger de nos voisins de l’Est. À l’époque où l’Allemagne constituait une menace pour la France, il était légitime que Dijon soit une ville-clé dans le dispositif de défense nationale. À une époque où le danger vient plutôt du sud, ou de l’intérieur, ou d’ailleurs, la position stratégique de Dijon n’est plus si évidente.

La seconde raison, c’est que la défense nationale est appelée, comme les autres ministères, à contribuer à l’effort collectif en faveur de la réduction du déficit et de la dette de notre pays. Alors que les effectifs militaires sont en diminution et que l’armée ne s’appuie plus sur les appelés, le regroupement des différentes unités et commandements sur des bases plus importantes, permettant de mener une politique de défense nationale cohérente tout en réalisant des économies d’échelle, répond à un double objectif stratégique et financier.

La conséquence, c’est que, depuis les années 1990, les armées ont quitté, un à un, les différents sites qu’elles occupaient à Dijon. Casernes Marne-Marbotte, Heudelet et Junot, hôpital militaire Hyacinthe-Vincent, établissement du matériel et Petit Creuzot. Ce qui n’a, alors, suscité la colère de personne. La base aérienne 102 était déjà menacée à cette époque : « Dès 1995, l’armée de l’air voulait se débarrasser de la base, [qui était] donc en sursis », a expliqué l’ancien maire RPR Robert Poujade dans une interview à un mensuel dijonnais [notre interview de Robert Poujade dans le Miroir Magazine n°0, NDLR] parue en ce début d’année 2014.

Le départ des unités de Longvic nous affecte, bien évidemment. Alors que d’autres s’agitent et cherchent des boucs-émissaires et des polémiques politiciennes, il est aujourd’hui fondamental d’engager un travail collectif tourné vers la reconversion du site, autour d’un projet de développement de l’industrie aéronautique locale et s’appuyant sur la récente réorganisation par le Grand Dijon et le Conseil régional de Bourgogne de l’aéroport civil.

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