Epidémie de possessions diaboliques au couvent d’Auxonne

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Le corps de la jeune sœur de Saint-François se tord dans tous les sens. Elle se contorsionne. Seuls ses pieds et sa tête touchent le sol, dans une position impossible. Alors que le prêtre prononce les paroles de l’exorcisme, elle répond en latin, pourtant, elle était quasiment illettrée. Le 15 avril 1661, alors que les cérémonies durent depuis plusieurs semaines, Lucifer, Belzébuth, Asmodée et 12 100 démons sortent du corps de la jeune sœur. Elle recrache une petite coquille. Le signe d’un maléfice.

Depuis 1658, les scènes comme celles-ci se succèdent sans fin au convent des Ursulines d’Auxonne. Plusieurs religieuses sont visiblement possédées. Elles sont prises de crise de convulsion, profèrent des insanités ou souffrent de délires érotiques. Cette épidémie diabolique commence avec le retour de la mère Barbe Buvée.

Cette femme dévote était novice à Auxonne et est partie assurer plusieurs postes à responsabilité à l’abbaye de Flavigny, avant de revenir finir sa vie en tranquillité dans son couvent d’origine. Mais dès son arrivée, on l’accuse d’être à la source des malheurs qui s’abattent sur les Ursulines. C’est une sorcière. Plusieurs sœurs racontent que la mère Buvée leur a jeté des maléfices ou qu’elle leur a mis les mains sur la poitrine, provoquant des envies charnelles que leur condition réprouve.

D’excitants exorcistes

Deux exorcistes forts jeunes et charmants sont nommés pour régler en toute discrétion l’affaire. Les pères Nouvelet et Pelletier, 27 et 28 ans, se mettent à fréquenter assidûment le couvent. Ils mènent même des exorcismes la nuit, dans la chambre des religieuses, alors qu’elles sont couchées. Surtout les plus jeunes et les plus jolies. La mère Buvée est méfiante vis-à-vis de ces confesseurs et doute de la réelle motivation de leur présence au couvent. À partir de 1959, le bruit des possessions se répand dans la ville d’Auxonne.

La mère supérieure du couvent, Marguerite Jannel, est persuadée de la réalité des possessions et surtout de la culpabilité de la mère Buvée. Elle raconte ce qu’elle voit lors des exorcismes. “J’en ai vu, une ou deux fois, lécher la terre à ces mots du prêtre : Linge terram maledicta et même imprimer une forme de croix sur les carreaux avec la langue et la salive […] Elles se glissaient et rampaient comme des serpents. Elles ne cessaient presque jamais de faire des mouvements compulsifs, des agitations, des contorsions, des renversements de tout le corps.”

Les commentaires sont clos.

  1. Gasp!

    Dijob Autrement le lundi 20 octobre 2014 à 10h21

  2. Mon miroir-mag est toujours mouillé, il n’arrive pas à sécher… La reliure s’est même décollée… :/

    CamilleG le mardi 21 octobre 2014 à 12h42