Agriculture : Alain Houpert et Anne-Catherine Loisier écrivent au Premier ministre

Dans le prolongement de la réunion avec la profession agricole qui s’est tenue vendredi 3 octobre en préfecture de Côte d’Or, les deux sénateurs UMP de Côte-d’Or, et ont décidé d’adresser une lettre conjointe au Premier ministre.

Retrouvez-là ci-dessous.

“Monsieur le Premier ministre

L’agriculture de Côte-d’Or connaît de graves difficultés économiques qui risquent de se traduire par des drames humains.

Il est urgent de mettre en place, en concertation avec la profession, de nouvelles dispositions plus audacieuses et adaptées à l’agriculture de zones intermédiaires, telle que nous la connaissons, en Côte-d’Or.

Après la sécheresse de 2011, le gel de fin d’hiver de 2012, les inondations de 2013, l’année 2014 nous, confronte à de nouveaux problèmes (sécheresse puis excès d’eau) qui se traduisent par un résultat net d’exploitation en déficit moyen de 30 000,00 euros par exploitation agricole. Aujourd’hui de nombreux agriculteurs sont dans l’impossibilité de tirer le moindre revenu de leur exploitation, les plus jeunes d’entre eux, installés depuis peu, sont parmi les plus impactés.

Tant d’efforts, tant de peines, tant de sacrifices consentis pour un résultat catastrophique, qui met en péril non seulement la survie des exploitations mais l’avenir de nos agriculteurs- l’agriculture céréalière génère plusieurs milliers d’emplois en Côte d’Or – et au-delà de notre agriculture : une mauvaise récolte qui nuit à la qualité et fait chuter les prix des céréales dans un contexte mondial déjà en forte baisse depuis un an, des contraintes de réglementation environnementales qui entravent trop sévèrement l’activité agricole, une application française de la PAC qui se fait au détriment des agriculteurs de nos zones intermédiaires de Côte- d’Or.

Pour reprendre espoir, les agriculteurs attendent :

  • L’avance du versement du soutien européen au 15 octobre pour renflouer la trésorerie et faire face aux échéances immédiates, sans exception.
  • Que l’Etat rétrocède rapidement à la MSA les 40 millions d’euros qu’il a prélevés sur ses fonds, dans les zones intermédiaires et qui, aujourd’hui, font cruellement défaut aux agriculteurs les plus touchés.
  • Un dégrèvement global de la taxe sur le foncier non bâti, pour toutes les productions, dans un esprit de solidarité nationale

Monsieur le Premier Ministre, au-delà de ces mesures immédiates, les agriculteurs de Côte-d’Or et leurs représentants, très préoccupés par l’application prochaine de la nouvelle PAC, sont prêts à vous rencontrer. Ils sollicitent une réévaluation de la traduction française de cette PAC, qui, rapportée à l’Allemagne, fait apparaître un écart annuel de 100 euros par hectare. Une distorsion de concurrence sans précédent au détriment de la France.

Vous avez accepté de revenir sur les dispositions les plus dommageables de la loi DUFLOT. Vous pouvez le faire pour les zones intermédiaires en suspendant la réforme de la PAC telle qu’elle est proposée dans nos territoires, en mettant en place une mesure agro environnementale climatique adaptée, car les contraintes pour la protection des cultures allégées représentent 50 euros l’hectare. En levant aussi les contraintes environnementales, disproportionnées aussi bien pour les bandes enherbées que pour l’homologation des produits de protection des plantes , dont le coût approche les 100 euros l’hectare.

Enfin, en répondant à cette ultime requête : rétablir sur les fonds du Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt , le soutien aux assurances climatiques, l’Etat pourrait renouer avec son engagement précédent et envoyer au monde agricole un signe d’encouragement manifeste.

La France rurale a besoin d’être reconnue aujourd’hui, dans cette lutte incessante que nos territoires mènent pour la survie de leur économie agricole.

Vous remerciant pour votre implication à leurs côtés,

Veuillez croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’assurance de nos sentiments les meilleurs.”

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