Bouquins : La Reine du Découpage

2014-10-lecouteux

Le résumé


C’est l’histoire d’une petite fille, Cécile. Une histoire qui se passe en Côte d’Or dans les années 1950 à 60 et qu’elle tient à raconter elle-même, avec ses propres mots.  “Dans la belle cité des Ducs de Bourgogne, mon arrivée précoce s’est éternisée après minuit, l’heure magique et effrayante. La lune ne m’a pas éblouie quand j’ai ouvert mes yeux noirs sur Anne, la sage-femme qui accomplissait là son premier accouchement.” L’incipit nous rappelle l’ouverture d’un roman d’Amélie Nothomb (Métaphysique des Tubes). La personnalité à la fois curieuse de la vie et rebelle de Cécile aussi.

Le roman est imprégné de toutes ces marques et références mainstream qui font l’époque. Dès la première page, on rencontre les Babybel et Sidney Bechet puis rapidement Petit Bateau, la gaze hydrophile Codex. Mais plus intéressant, l’auteur répertorie un nombre incalculable de références locales pour beaucoup disparues. On croise donc la fameuse ligne de train PLM (Paris-Lyon-Marseille) qui a façonné la Bourgogne industrielle, mais aussi le kéfir dont elle donne la recette à travers Monique, on croise aussi Tony Fallone, musicien et accordéoniste bourguignon, le journal L’Avenir de la Côte-d’Or ou encore la recette de l’encre violette des écoliers, fabriquée à base de gentiane.

La télévision n’est pas encore arrivée chez Cécile qui joue dehors avec ses amis et croise chaque jour les habitants de son village : les Marius et Josette, Marielle ou Eline, Pétula, Germaine, Fernand et Nicodème. Et puis, elle découvre une famille de forains avec qui elle va passer du temps, mais aussi la mort. La force de Cécile, ce sont des petits ciseaux à broder avec lesquels elle se sent plus puissante. Elle découpe des phrases, des articles, des photos. Et au fil de ses découpages et de son récit, on la sent grandir. Elle qui a toujours voulu devenir… écrivain d’oraisons funèbres.

La Reine du Déoupage, Odile Lecouteux, roman autobiographique • juin 2014 • 158 pages •15,80€

Lecteurs

Marie Guillemain (France 3) : “Ce très joli récit nous emmène dans nos propres enfances, grâce à son style désarmant, un ton simple et juste, souvent malicieux. A lire absolument pour retrouver à travers l’auteur notre fraîcheur, notre innocence, et cet apprentissage, parfois bien curieux, de la drôle de vie des grands.”
Marine (sa fille) : “J’ai lu ton roman d’une traite. […] J’ai ri et j’ai été émue, la fin est triste… 
Claude Colson, écrivain : “ J’ai adoré ce livre, dont Odile Lecouteux, comme tout vrai écrivain, m’avait dit douter de ses qualités d’auteur. Qu’elle soit rassurée !”

Trois questions à l’auteur

La Reine du Découpage est un roman implanté très fortement en Côte-d’Or. Est-ce une Côte-d’Or que vous avez connue ou celle qu’on vous a racontée ?

J’ai vécu mon enfance ( et ma pré-adolescence) dans ce village dont le nom signifie ” larmes, marécages ” en gaulois. J’avais tout dans le coeur et la mémoire. J’ai en effet mené des recherches sur les armes utilisées pendant la guerre de 14/18 et sur les objets de l’époque. Pour le travail des forains, j’ai demandé à mon amie Eline Ortica ” la reine de la pomme d’amour ” que vous retrouverez dans le livre !

Votre écriture est enfantine, proche de la réalité de Cécile, dans quelle mesure l’héroïne vous ressemble-t-elle, vient-elle puiser dans votre histoire ?

Je me suis servie de mon enfance, de mon vécu pour faire parler Cécile, sur un ton libéré. Evidemment, elle me ressemble beaucoup, Cécile c’est “ma soeur jumelle”. J’étais une enfant joyeuse, au cœur d’un petit monde qui restait sur place ( l’épicerie) et celui qui bouge ( les forains). Je voulais partir vivre dans une roulotte avec Eline et je pensais qu’il suffisait de lui demander… Cette histoire, c’est aussi un portrait implacable, parfois cruel, d’une société qui a peu changé.

Comment êtes-vous devenue écrivain ? Qui (quel autre écrivain) vous inspire (en particulier pour ce roman)?

Petite, j’ai adoré apprendre à tout lire et à tracer des lettres, écrire des dictames pour ma famille, des lettres , des notes pour mon travail dans diverses radios, pour la presse dans des reportages, pour la télévision. Depuis récemment, j’écris des textes de chansons pour Christian Mansour / trio Sunugaal
. Pour les écrivains, ma préférence va à Jacques Prévert, Patrick Modiano, Herman Melville, Charles Juliet et Colette que je relis souvent. Pour ce roman , j’ai été inspirée par les personnages, présents ou partis, j’ai pensé à eux et j’ai écris facilement comme un air que l’on fredonne…

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