Vis ma vie de nouveau chômeur : Faites-le, mais ne le faites surtout pas

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L’été a passé depuis la dernière fois que nous avons vu Maxime. Licencié depuis plusieurs mois, il se cherche toujours une voie et tente de définir son projet d’orientation ou de réorientation professionnelle.

Après une incursion ratée dans le monde de l’audiovisuel, il veut retourner à ses premières amours : le monde du numérique. Mais entre baisse de crédits et lenteur administrative, la partie est loin d’être gagnée.

La remise en cause

Pause estivale oblige, Maxime a mis de côté ses activités bénévoles. Il est même parti quelques semaines en vacances. Celui qui s’approche désormais de ses 31 ans entre dans son 10ème mois de – dont 5 rémunérés. Au début du mois de juin, il a commencé à dessiner les contours d’un projet de boite de production, avec son conseiller : “Au gré de mes différentes rencontres, j’ai constaté qu’en dehors de l’Île-de-France et éventuellement de la région Rhône-Alpes, le secteur du cinéma était très peu dynamique”, explique-t-il. “J’ai donc voulu mettre en relation mes connaissances dans le monde du numérique avec la découverte du monde de la production audiovisuelle pour créer un incubateur de cinéastes en Bourgogne”.

Sur le papier, le projet est on ne peut plus séduisant, mais la réalité du secteur est toute autre. “Je voulais permettre aux jeunes créateurs et créatifs débutants de ne pas être obligés de quitter la région pour apprendre le métier”, poursuit-il. “Sans expérience, il est impossible de financer un projet et ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas d’expérience qu’ils n’ont pas de talent”. Son projet est déjà validé par au tout début de l’année.

Mais quelques mois plus tard, ce même Pôle emploi refuse de lui financer la formation. Il faut dire que cette dernière coûte tout de même 15 000 euros, pour trois mois. “Logique”, continue Maxime qui regrette tout de même que l’institution l’ait orienté sur une voie non-finançable. D’autant qu’il est impossible de monter le projet sans un minimum de connaissances théoriques, malgré le soutien des associations et des professionnels locaux. Maxime remet donc son projet dans un carton. “Comme de nombreux autres”, lâche-t-il, légèrement désappointé. D’autant qu’il va continuer à aller de surprise en surprise.

En attente d’une formation

Dans le cadre de son projet de création d’entreprise, son conseiller Pôle emploi lui fixe un rendez-vous avec un psychologue du travail. “Ce rendez-vous n’avait plus vraiment d’intérêt puisque le projet avait été jugé hors-budget”, détaille-t-il. Qu’à cela ne tienne. Fin août, il se retrouve dans le bureau du psychologue, plein d’interrogations. Ces dernières seront partagées par son interlocuteur. Il faut dire qu’il est censé s’assurer du sérieux du projet, afin de débloquer ou non un financement… “J’ai revu mes ambitions à la baisse, je suis redescendu sur terre”, complète-t-il.

En parallèle, il a repris ses activités : nous l’avions laissé chez Thérèse lors de notre dernier rendez-vous, désormais, il épaule plus d’une dizaine de personnes âgées dans leur familiarisation avec Internet. “C’est là-dessus que je veux capitaliser”, assure-t-il. Il caresse l’idée d’une société de prestation en informatique. “Reste à décrocher une formation pour créer son entreprise, car la première, externalisée par Pôle emploi auprès d’une entreprise privée était plus que superficielle”.

Sauf que là aussi il se heurte à un nouveau problème de financement : la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) dispense des formations, financées par le conseil régional de Bourgogne. Qui n’aurait pas le budget nécessaire. Pour le moment.

Les commentaires sont clos.

  1. échaudés, [ils] s’en prennent maintenant aux chômeurs. En accord avec Rebsamen cette fois (La rédaction a modéré ce propos).

    facile le mardi 7 octobre 2014 à 10h00