Christiane Taubira se réconcilie avec les greffiers à Dijon

Photo Jonas Jacquel

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Le congrès des greffiers de tribunaux de commerce, qui a lieu à Dijon le 2 octobre 2014, était l’occasion pour , la ministre de la , d’enterrer la hache de guerre. La colère et l’inquiétude grondaient du côté des greffiers depuis les déclarations de l’ancien ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, qui souhaitait introduire de la concurrence dans leur profession pour faire gagner du pouvoir d’achat.

“J’assume mon amitié avec l’ancien ministre de l’Économie”, lance Christiane Taubira. “On a discuté et l’on a fini par tomber d’accord sur le fait qu’il n’y avait pas besoin de jeter en pâture les professions du droit”. L’heure est à la réconciliation et à la crème dans le dos : “Vous avez gardé la tête haute face aux propos contre votre profession. [Arnaud Montebourg] a fait mal, car on ne peut pas traiter ainsi une situation générale”.

Photo Jonas Jacquel

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Le droit n’est pas une marchandise

Christiane Taubira a réaffirmé l’importance du rôle des greffiers de tribunaux de commerce. “Notre droit économique, sûr et authentifié, est essentiel pour la compétitivité du pays. Aucun acteur du droit ne doit être traité avec méfiance. Et ce n’est pas une déclaration d’immobilisme. Les professions du droit doivent pouvoir faire face aux transformations de la société française, aux bouleversements du monde et aux nouvelles règles de l’Europe”.

Sous les applaudissements de l’assemblée, la ministre de la Justice a visiblement réussi à rassurer. “Vous avez été exécutés en place publique. Mais j’ai souhaité que vous ayez le temps de connaître l’acte d’accusation et le temps d’y répondre”. Plus de compétitivité dans le domaine de la justice, provoquera par le jeu de la concurrence une baisse des prix des prestations et donc un gain de pouvoir d’achat. Mais c’est aussi le risque de créer de fortes inégalités. “Je ne suis pas sure que l’on doit jeter toutes les professions dans la concurrence. Le droit économique, c’est encore du droit. Et le droit n’est pas une marchandise. Je ne veux pas que dans 5 ans, des gens n’aient pas accès à la justice parce qu’ils sont dans un endroit où il n’est pas rentable d’installer un cabinet de notaire.”

Les commentaires sont clos.

  1. Le problème du droit, c’est qu’il y a trop de réformes, et qu’on doit sans cesse se tenir à jour des actualités… On a l’impression d’être un éternel étudiant qui révise…

    CamilleG le mardi 7 octobre 2014 à 18h06