Les Rencontres cinématographiques de Dijon, du 16 au 18 octobre sous la présidence d’Abderrahmane Sissako

La 24ème édition des Rencontres Cinématographiques de L’ARP se tiendra à Dijon du jeudi 16 au samedi 18 octobre 2014 et sera présidée par l’auteur-réalisateur-producteur franco-mauritanien Abderrahmane Sissako.

Ci dessous le programme :

DEBATS


Neutralité du Net vs Exception Culturelle

Comme chaque année, les Rencontres Cinématographiques accueilleront près de 700 professionnels afin de réfléchir aux grands enjeux du secteur cinématographique et culturel.

Cette année encore, les débats seront animés par les grandes personnalités du secteur du cinéma, de l’audiovisuel et de l’internet, en présence de la Ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin.

Les premiers intervenants :

Frédérique Bredin, Présidente du CNC ; Rodolphe Belmer, Directeur Général de CANAL+ ; Olivier Schrameck, Président du CSA ; Maxime Lombardini, Directeur Général Illiad/Free ; Jean Labadie, Le Pacte ; Vincent Grimond, Président de Wild Bunch ; Manuel Alduy, Directeur Général de CANAL+ OTT ; Pascal Rogard, Directeur Général de la SACD ; Marc Missonnier, Fidélité Productions, Président de l’APC ; Etienne Ollagnier, Jour2Fête, Co-Président du SDI ; Richard Patry, Président de la FNCF ; Daniel Goudineau, Directeur Général de France 3 Cinéma ; Marc Tessier, Vidéofutur ; Laurent Cotillon, Rédacteur en chef du Film Français et évidemment …NETFLIX ! …etc.

Programme :

Vendredi 17 octobre

(9h00 – 12h00)

Quelle régulation peut encore enrayer la dépréciation du cinéma et de la culture ?

L’entrée de la culture dans le numérique semble avoir engendré une inexorable dépréciation économique des œuvres. L’ensemble des études et rapports s’étant courageusement penchés sur de nouveaux modèles économiques viables n’ont pas résolu, à ce jour, l’équation imposée par le bouleversement de l’exposition de la culture.

Ainsi, le numérique, sans permettre les améliorations de coûts autrefois attendues, amène avec lui la multiplication des offres : qu’elles soient linéaires avec le développement de la TNT ; non linéaires et légales avec l’essor de la VOD et de la SVOD ; ou encore illégales avec toutes les formes de piratage. Cette multiplication de l’offre conduit mécaniquement à une baisse de la valeur économique des films, dont la durée de vie commerciale s’est aussi considérablement réduite – faisant ainsi baisser leur valeur patrimoniale.

Les recettes commerciales fondent désormais comme neige au soleil là où il est très difficile de faire baisser les coûts de production.

Les chaînes, dont les moyens diminuent (en particulier s’agissant de l’audiovisuel public), investissent moins. La baisse du marché de la vidéo physique n’est pas compensée par la croissance du marché de la VOD.

Dans le même temps, avec Internet, de nouveaux intermédiaires se sont imposés dans l’ordre économique. Dans l’audiovisuel, pour ne citer que lui, le pouvoir économique s’est déplacé : aujourd’hui ce sont les distributeurs (FAI, câbles, satellites) et non les éditeurs (diffuseurs historiques) qui sont maîtres du modèle économique.

Pour éviter cette lente érosion, le monde numérique peut-il encore être régulé comme l’était le domaine hertzien ? Alors que la neutralité du net est devenue un sacrosaint principe, peut-on réguler le numérique pour permettre son développement économique et sa capacité à participer au financement de la création ?

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Vendredi 17 octobre

(14h00 – 17h00)

Exploitation des films en salles : comment retrouver les meilleures conditions de distribution des œuvres ?

Depuis les conclusions du rapport Bonnell, un travail considérable a été mené par les professionnels du secteur cinématographique lors d’ateliers d’analyse de ses propositions au CNC.

Au cours de ces échanges, la question de l’exploitation était en permanence au cœur de l’ensemble des problématiques abordées. Il est en effet très vite apparu qu’il était impossible d’aborder une réforme de l’économie de la fabrication des films, si l’on n’analysait pas en profondeur la manière dont ils sont aujourd’hui exposés dans le premier lieu de leur rencontre avec le public.

La salle de cinéma a beaucoup changé ces dernières années ; le parc numérique des salles est à maturité et l’on commence à rentrer dans la phase de « l’après VPF ». Cette maturité amène avec elle une conscience de toutes les nouvelles opportunités qui s’offrent dans la programmation des films : de la multiprogrammation à la multidiffusion, la salle affine un nouveau travail d’éditorialisation.

Il est impératif que ce passage préserve les équilibres d’exploitation. La coexistence saine entre les salles indépendantes, les circuits, les distributeurs indépendants et les studios est essentielle pour la diversité du cinéma.

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Samedi 18 octobre

(9h00 – 12h00)

Netflix, et après ?

Depuis le 15 septembre, le géant américain de la SVOD diffuse désormais en France. Cela va-t-il finalement tout changer ? Quels rapports entretient-il avec les ayant-droits français ? Avec l’Etat ? Avec ses concurrents ? Les alternatives françaises – existantes ou encore à créer – trouveront-elles finalement leur place ?

L’arrivée de Netflix en France, en particulier, est symbolique du développement d’acteurs à économie mondialisée qu’il est difficile d’appréhender par la régulation nationale. L’accès à nos marchés pour ces géants internationaux, facilité par le numérique, rend de plus en plus complexe la mise en place de règles du jeu pour la création cinématographique.

Quelles pistes peut-on imaginer pour inciter ces nouveaux diffuseurs à être vertueux vis-à-vis de la diversité du cinéma, alors que rien n’oblige ceux qui émettent depuis l’extérieur de nos frontières à respecter notre régulation ? Le conventionnement volontaire, piste longuement étudiée depuis la publication du rapport Lescure, est-il encore susceptible d’être suffisamment incitatif, alors que la neutralité du net ne permet pas d’avantager ces services, et que la chronologie des médias n’oblige théoriquement pas les acteurs installés à l’étranger ? Est-il suffisant pour assurer la participation des plateformes numériques au juste niveau de financement de la création qu’elles diffusent? La chronologie des médias peut-elle redevenir un outil d’amélioration de la diffusion des films et d’incitation aux pratiques vertueuses ?

Par ailleurs, quel impact de ces acteurs du net peut-on attendre sur les marchés existants de la télévision ou de la vidéo ?

L’hypothèse du développement massif de la SVOD ne doit-elle pas faire craindre un écrasement du prix consenti pour l’accès aux œuvres ? Ou sera-t-elle enfin une alternative payante au piratage – qui doit encore être enrayé ?

Quelles sont les initiatives de nos leaders nationaux de l’audiovisuel et du cinéma pour appréhender ce nouvel ordre des choses ?

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Samedi 18 octobre

(14h00 – 17h00)

CINEASTES !

Après avoir accueilli à Paris Jacques Audiard, Bertrand Blier, Quentin Dupieux, Asghar Farhadi et Riad Sattouf puis, à Dijon, Claude Lelouch, Robert Guédiguian, Jan Kounen, Jeanne Labrune, Marceline Loridan-Ivens et Rithy Panh, L’ARP proposera pendant les un nouveau numéro de Cinéastes !

Pour la première fois au Grand-Théâtre, des cinéastes échangeront sur leurs parcours respectifs, leurs méthodes de travail, leurs conceptions du métier d’auteur, réalisateur et producteur…

LE CINEMA AU CŒUR DE LA CITE

Au-delà de leur dimension professionnelle, les Rencontres Cinématographiques de Dijon proposent traditionnellement de nombreuses animations destinées au grand public et au public scolaire.

AVANT-PREMIERES EN PRESENCE DES EQUIPES DE FILMS

Jeudi 16 octobre à 18h00 au Cinéma Olympia

La famille bélier d’Eric Lartigau

Jeudi 24 octobre à 18h45 au Cinéma Eldorado

Timbuktu d’Abderrahmane Sissako

Jeudi 16 octobre à 19h00 au Cinéma Darcy

Gaby Baby Doll de Sophie Letourneur

Jeudi 16 octobre à 20h au Cinéma Cap Vert de Quetigny

La famille bélier d’Eric Lartigau

Vendredi 17 octobre à 18h45 au Cinéma Devosge

A la vie de Jean-Jacques Zilbermann

Vendredi 17 octobre à 18h15 au Cinéma Olympia

The Search de Michel Hazanavicius

Vendredi 17 octobre à 19h00 au Cinéma Eldorado

Mariage à l’Italienne de Vittorio De Sica dans sa version nouvellement restaurée

Samedi 18 octobre à 10h00 au Cinéma Devosge

Le Feu Sacré, journal de bord d’Arthur Joffé

Projection suivie d’une discussion en présence du réalisateur, animée par Jeanne Labrune.

LES TOILES ENCHANTEES : LA MAGIE DU CINEMA SE DEPLACE DANS LES HOPITAUX

Vendredi 17 octobre à 14h00 à l’IME (Institut Medico Educatif) La Rente Bel Air (PEP21)

Projection du film Samba, d’Olivier Nakache et Eric Tolédano

LA SEANCE D’ABDERRAHMANE SISSAKO

Jeudi 16 octobre à 20h00 au Cinéma Devoges

Le Président des Rencontres, Abderrahmane Sissako, présentera son court-métrage Octobre suivi de son long-métrage Bamako.

LA BOURGOGNE FAIT SON CINEMA

Samedi 18 octobre à 14h00 au Cinéma Darcy

Projection des courts métrages soutenus par la Région Bourgogne :

Un seul corps de Sotiris Dounoukos

Garçonne de Nicolas Sarkissian

Service compris de Stéphan Castang

Bubble blues de Patrick Volve

SEANCE DECOUVERTE : LES CLASSES D’ACCUEIL

Vendredi 17 octobre à 9h00 au Cinéma Devosge

Projection de La cour de Babel, de Julie Bertuccelli,

précédé du film documentaire L’Ecole de la première chance, de Caroline Philibert

Projections suivies d’une discussion en présence des réalisatrices.

*Partenaires des Rencontres Cinématographiques de Dijon :

la Ville de Dijon, le Conseil Régional de Bourgogne, BNP Paribas, CANAL+, le CNC, Dailymotion, Eclair Group, Ecran Total, EMA Evénements, l’ENSA Dijon, le Film Français, le Fonds Culturel Franco-Américain (DGA, MPAA, SACEM, WGA), France Télévisions, Kodak, Orange, Panavision, la SACD, Sonovision, Technicolor, Titra Film-TVS, les Toiles enchantées et Variety.

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