Climats de Bourgogne : la grande épopée des vins bourguignons

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Les Climats du vignoble de Bourgogne sont candidats à une reconnaissance au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette mosaïque d’assemblage de petites parcelles de terroir exceptionnel a une valeur universelle. Mais la viticulture chimique des années 80-90 a profondément dénaturé les sols. Aujourd’hui, une nouvelle génération de vigneron a pris conscience des dégâts commis et utilise des méthodes qui pourront peut-être faire renaître les climats de Bourgogne.

Le bouchon glisse hors du goulot de la bouteille, et le vin s’échappe doucement dans le verre. Des reflets pourpres, rouges, profonds. Le bouquet exhale et offre toute sa palette : fruits rouges, fruits noirs, musc et terre. Que l’étiquette du flacon porte la mention de Chambolle-Musigny ou Gevrey-Chambertin, ce vin est unique. Parce qu’il est le reflet de l’un des nombreux climats du vignoble de Bourgogne. Chacun d’eux, de plusieurs hectares ou de seulement quelques arpents, est aussi unique.

C’est comme une gigantesque mosaïque, s’étirant de Dijon à Beaune. De petites parcelles s’imbriquant les unes aux autres pour former cette bande de terre parfois large de seulement deux kilomètres qui accouche depuis des siècles de ceux qui sont peut-être les meilleurs vins au monde. Et chacune de ces parcelles produit un raisin qui donnera une des facettes du vin de Bourgogne.

Les Climats de Bourgogne sont candidats pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Leur situation géographique, leur histoire et leur patrimoine si unique mérite protection, à l’heure où la mondialisation efface les riches différences des territoires. Seulement, les climats de Bourgogne ont subi des dégâts depuis leur apparition pendant l’Antiquité. La viticulture productiviste des années 1980 a détruit les sols et bouleversé l’environnement de la vigne. Le terroir que les climats de Bourgogne reflètent a bien changé.

L’alliance de la terre, du ciel et des hommes

Terroir, le mot est lancé. Après tout, c’est bien de cela qu’il s’agit. Demander la reconnaissance des Climats de Bourgogne par l’Unesco, c’est affirmer l’existence du terroir, de la prégnance du lieu sur le goût d’un produit, en l’occurrence, le vin. Mais si les débats de scientifiques ou de philosophes des vignes durent pour savoir quelle est la place du terroir et de l’environnement dans le vin, on s’accorde peu ou prou sur la définition du climat.

“Cette notion est apparue dès l’époque bénédictine, juste après la chute de l’Empire romain”, explique Jacky Rigaux, universitaire, probablement l’un des meilleurs connaisseurs de la Bourgogne viticole. Un climat est une parcelle définie profitant de conditions géologiques, biologiques et climatiques uniques. S’apercevant que les vins issus de vignes, plantées dans ce qui deviendra la Côte de Beaune et la Côte de Nuits, donnaient quelque soit l’année un bon vin, les moines décidèrent d’y concentrer leur production. Les Bénédictins aimaient bien boire un coup de temps en temps, voire même un peu plus. Ce sont eux qui, à force de dégustations, ont déterminé chacun des climats de Bourgogne. On raconte même qu’ils goutaient la terre pour être au plus proche du climat. (…)

Le dossier complet disponible à la rédaction du Miroir (44 rue Verrerie)

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