Pourquoi votre médecin était-il dans la rue ce matin ?

2014-09-infirmiers-Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives USA

Hello, we are from New Zealand, what’s happening here? Are they asking for more money?” (Littéralement : Bonjour, nous venons de Nouvelle Zélande, est-ce que ces gens revendiquent une hausse de salaire?) Deux touristes en route pour le marché de Dijon restent perplexe devant le petit millier de blouses blanches qui défile devant eux.

Comment leur expliquer à eux que le cliché des Français râleurs (révolutionnaires) et empêcheurs de tourner en rond n’est pas toujours le meilleur angle d’attaque pour comprendre les grands problèmes nationaux ? (Lire ici “Au pays des privilégiés en grève” du Courrier International) Comment leur répondre qu’au sein de ce cortège se dirigeant vers la préfecture, il y a plusieurs professions regroupées (pharmaciens, chirurgiens, , infirmières, etc.) et qu’elles ont des revendications différentes ?

Comment expliquer qu’il ne s’agit pas d’un problème égoïste de rémunération, mais une question de législation urgente puisque les projets du gouvernement sont en passe de – selon les médecins – déstabiliser le système de soins ? En anglais, je l’avoue, les mots et le temps me manquent, mais pour les lecteurs du Miroir, nous allons essayer de clarifier la situation.

Vagues de réformes sur la santé

La sécurité sociale coûte cher à la France, le discours politique est clair. Alors que la France, paradait fièrement en montrant un système de santé des plus égalitaires dans le monde il y a encore 20 ans, le pays des Droits de l’Homme semble changer de cap. Tout comme l’Espagne et l’Angleterre (“Le rapport qui accable le système de santé britannique” Le Figaro), la France cherche à effectuer des coupes franches dans son budget Santé – quitte à pencher vers une réorganisation plus rationnelle – et une privatisation progressive des soins en filigrane.

Le Gouvernement a entrepris dès les premières lois financières de prendre les mesures nécessaires à la réduction des déficits sociaux. Avec le PLFSS pour 2014, ce sont 8,5 milliards d’euros d’efforts qui seront réalisés l’année prochaine.

Au total 8,5 milliards d’économies en un an. Il en a fallu moins à l’Espagne pour entrer dans un cycle de grèves massives et généralisées. (Lire ici gratuitement l’article de BastaMag) L’austérité menacerait-elle le système de santé français comme il a menacé le système espagnol ? Souvenez-vous

Interrogé par un journaliste du Figaro économie le 19 septembre dernier, le Dr. Patrick Bouet, président du Conseil de l’ordre des médecins alertait : “C’est un pas de plus vers une médecine réglementée et administrée, qui ne peut qu’entraîner un profond déséquilibre dans le système de santé.” L’homme dénonçait une série de mesures annoncées les grandes lignes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2015, qui prévoit 3,2 milliards d’économies sur la santé en 2015. Mais aussi la généralisation du tiers-payant, mesure phare du projet de loi santé, présenté à la mi-octobre en conseil des ministres.

Ce que ce projet de loi a dans le ventre… Article à venir prochainement sur le Miroir

Les commentaires sont clos.

  1. En lisant cet article on a l’impression que seules les professions médicales étaient concernées! La manifestation d’aujourd’hui touchait toutes “les professions protégées” ce qui inclus les huissiers, les notaires, les architectes …

    Anonyme le mardi 30 septembre 2014 à 20h44

  2. Marion Chevassus

    Cher Anonyme, merci de votre intérêt pour le Miroir, en effet, j’ai choisi de parler des professions médicales afin de ne pas noyer le propos dans la mesure où les revendications sont toutes différentes. Nous parlerons des professions libérales (en général) ultérieurement. Toute l’équipe vous souhaite une très agréable journée.

    Marion Chevassus le mercredi 1 octobre 2014 à 13h46

  3. VIVE LA NOUVELLE-ZELANDE!

    Dijon Autrement le samedi 4 octobre 2014 à 17h19