On y était : Batida & Carla Pires

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Le fado s’écoute d’ordinaire dans un café lisboète au milieu des volutes de fumée de cigarettes. Là, les petites tables rondes baignent dans une pénombre poussiéreuse dont les particules s’électrisent sous l’effet lunaire du spot. La chanteuse, incarnation de la tristesse populaire se glisse dans le halo sur les cordes pincées d’une guitare ou d’une mandoline, cherchant sa voix dans les profondeurs graves de sa douleur.

Comme une Pénélope, la pleureuse se lamente, mais moins constante elle  se met à exulter et son énergie sautillante vous envoie jusque dans les vergers asséchés du Portugal par un soleil d’août accablant, aveuglant. Si bien que vous plissez les yeux. Quand vous les rouvrez, vous comprenez que Carla Pires vous a transporté hors les murailles de Dijon vers son pays. Depuis la salle des sports de Quetigny, et vous êtes tombé sous le charme.

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Carla Pires | Photo

Batida, diffuseur d’énergies

“Je me dis qu’une musique me plait, quand je commence à danser dessus”, Pedro Coquenao, créateur du groupe Batida, n’imagine pas un concert assis. Alors on a poussé les chaises à l’appel de sa musique. Les rythmes syncopés venus tout droit d’Angola doublés de discours militants anticolonialistes annoncent la couleur.

Afrobeat et Kuduro lancent la machine doublés par l’électro, la semba. La salle se transforme en club underground comme on peut en fréquenter à Londres – ambiancé par un danseur de rue et un MCee. A la fois témoignage futuriste d’une mondialisation en cours, à la fois retour aux sources des célébrations humaines, Batida s’implante dans le festival Tribu festival tout en faisant sentir à quel point il saurait hypnotiser des foules entières dans les plus gros rassemblement si on lui en laissait l’occasion.

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Batida | Photo Tribu Festival

Retrouvez notre article sur Batida dans le magazine de septembre, disponible en kiosques ou à la rédaction du Miroir, au 44 rue Verrerie (Dijon)

Les commentaires sont clos.

  1. Dommage pour cette fois.
    Frédéric est un grand découvreur de talent.
    Développer le software musical pour prolonger le concert

    Dijon Autrement le samedi 4 octobre 2014 à 17h39