Center Parcs investit en Saône-et-Loire : La forêt qui valait 170 millions

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“Vous rêvez de la chaleur des tropiques ? Welcome to Saône-et-Loire !” Tel pourra être le slogan du futur , qui devrait s’installer en 2018 en pleine forêt du Rousset, au sud de Montceau-les-Mines. Adieu fades conifères et terre humide, bonjour palmiers, piscine à vagues, rivière sauvage et dôme de verre à 29 degrés toute l’année. Il vous en coûtera environ 900 euros la semaine, et 80 millions pour les collectivités locales, co-actionnaires du projet.

1, 2, 3, nous irons aux bois

Vous connaissez probablement les villages Center Parcs par leurs spots publicitaires : un couple, sourire jusqu’aux oreilles, se prélasse ou se balade à vélo sous d’immenses arbres aux feuilles verdoyantes, pendant que des enfants tentent d’apprivoiser un faon, curieux d’en savoir un peu plus sur les visiteurs de son milieu naturel devenu un village vacances de 400 cottages pour touristes en manque d’air frais et de sérénité.

Le concept de Center Parcs, opérateur néerlandais, filiale de Pierre&Vacances, est similaire à celle des Clubs Méditerranée, sauf que son credo n’est pas la plage de sable fin, mais le calme et la nature. Pour le reste, tout est comparable : gîtes tout confort, piscine centrale, animateurs, spa, supérette, activités sportives en tous genres… Bref, un village où le repos est à consommer sur place, en sortant le moins possible.

Avec une vingtaine de villages principalement basés en Hollande et en Allemagne, Center Parcs mène depuis quelques années un plan d’élargissement de son offre en France. Cinq y sont actuellement ouverts, et trois autres en projet, pour une ouverture annoncée avant 2020.

Malgré une grande ambition et des villages de plus en plus vastes, la société n’a pourtant aucun problème à dénicher des forêts vierges susceptibles d’héberger l’activité. Au contraire, avec 300 emplois annoncés à la clef, les collectivités locales se pressent pour proposer un carré de campagne française en mal d’attractivité et d’emploi.

Dôme et chaleur tropicale toute l’année

Lorsque Center Parcs a annoncé son souhait d’ouvrir un nouveau village dans l’Est de la France, plus de vingt dossiers de candidatures spontanées ont été déposés. L’un d’eux portait sur la petite commune du Rousset, en Saône-et-Loire. 250 habitants et une forêt de 86 hectares, actuelle propriété d’un groupement forestier industriel.

L’endroit, comprenant une rivière et un étang, paraît alors idéal à l’entreprise pour bâtir ses cottages, une piscine à vagues, des bains à remous, des toboggans, une cascade, le tout recouvert d’un gigantesque dôme pour maintenir une chaleur tropicale à 29 degrés toute l’année. À côté, les architectes y verraient même un poney club, une mini ferme ou encore un bowling. De quoi attirer une nouvelle fois la curiosité des faons, à coup sûr.

Sauf qu’à une centaine de kilomètres, dans le Jura, une autre commune a, elle aussi, fait valoir les atouts de ses paysages. En effet, le site forestier de Poligny présente les mêmes intérêts que celui du Rousset. Pendant de longs mois, la concurrence s’est jouée par médias interposés. Qui aura donc la chance d’accueillir le site et bénéficiera du bonus des 300 emplois ? En coulisses, les collectivités négocient sans pitié pour séduire l’opérateur. Et le verdict tombe en mars 2014 : “Center Parcs retient l’opportunité de réalisation des deux destinations en raison de leurs capacités respectives à délivrer des succès commerciaux”. Sûr de lui, l’opérateur feint même de faire une fleur au territoire de Saône-et-Loire, “qui a particulièrement souffert ces dernières années en raison de la crise économique” et dont l’arrivée du village vacances concourra à la “redynamisation d’un territoire rural en difficulté et la création significative d’emplois de proximité”.

Mais n’allez pas croire que ce beau geste de solidarité envers le département Saône-et-Loire est gratuit. Pierre&Vacances n’investira que si la région Bourgogne s’engage financièrement avec lui, et pas simplement avec une classique subvention…

Les commentaires sont clos.

  1. 80 millions d’euros pour cracher sur la transition énergétique et ses économies d’énergies, il y a des élus sans gêne…
    Et pour ceux qui ont raté un épisode, voila comment Mr Patriat fait voter les subventions, à coups de “on ne va pas en discuter pendant des heures”.
    http://dijon-ecolo.blogspot.fr/2014/07/pierre-vancances-bourgogne-rousset-eelv.html

    dijon-ecolo le jeudi 2 octobre 2014 à 23h39

  2. Non merci

    Dijon Autrement le samedi 4 octobre 2014 à 17h12

  3. Qu’ils fassent un vaste projet privé en Saône et Loir, après tout pourquoi pas. Même la bulle anti écolo et débile, on aurait pu supporter. Mais le faire avec nore argent, celui dont nous manquons déjà pour les écoles, les crèches, les hopitaux, les routes les déchets, etc… NON. Ah oui bien sur, les déchets ça flatte moin l’ego de nos elus…Salauds d’élus!

    Anonyme le samedi 4 octobre 2014 à 21h04

  4. Effectivement , syphonnage d’argent public et belles images a la noix , tout y est on est bien d’accord ! Mais dans le coin on est pas tous d’accord et on le fait savoir ! Merci pour votre article , vous pouvez continuer .

    Meunier Jacqueline le dimanche 5 octobre 2014 à 18h57

  5. Autant je ne suis pas client de ce genre de distractions — vu que je réside à la campagne..–, autant je trouve que les EELV et autres écolos ont une indignation à géométrie variable concernant les gaspillages!… En effet, je n’en vois jamais manifester devant les Casses d’Allocations Familiales qui financent la surnatalité, donc la future surconsommation de tout, et je ne les vois non plus manifester devant les bases militaires, aériennes ou terrestres, qui gaspillent à haute dose l’argent public! Pour mémoire un Rafale coute 120 millions € (35.000€/heure de vol..), un hélico moyen porteur 8 millions € (8.000€/ heure de vol), un missile de croisière 1 million €, une bombe à visée laser 250.000€, et un simple filin qui tracte un avion d’un porte-avion, et qui finit au bouillon, coute 1500€!…. Et je ne vous parle que de l’écume du gaspillage!… Alors Mmes Mrs les écolos, commencez par vous indigner là où il faut, là ou c’est vraiment scandaleux et criminel, et laissez donc ces pauvres citadins, en mal de distraction et de nature, patauger dans leur bouillon de culture javellisé, et faire du VTT dans cette forêt paumée, ravitaillée par les corbeaux…

    BALLI le mercredi 3 décembre 2014 à 11h11