Communauté urbaine de Dijon : la machine est lancée

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Ce soir halte aux oppositions, “le moment a quelque chose d’historique” – rappelle Pierre Pribetich – puisque le Grand Djion accepte officiellement, en votant la transformation statutaire du Grand Dijon, de tenir son rang de communauté urbaine dès le 1er janvier 2015, avec toutes les tâches qui lui incombent.

Communauté urbaine, vous avez dit ? Si,si, on vous jure qu’on en a parlé dans les pages du Miroir. Pour faire court, ce nouvel ensemble se construit sur la base administrative du Grand Djion,  l’actuelle communauté de communes, et il gardera son nom. Seule différence : ses compétences le dépassent. Vingt-quatre communes seront intégrées dans cet ensemble plus puissant politiquement. Et l’État lui versera chaque année une enveloppe supplémentaire d’environ 6 millions d’euros.

Talant, commune frondeuse

Satisfait. Alain Millot, a piloté l’opération. Le maire de Dijon et président du Grand Dijon se félicite encore de la signature des 23 maires (sur 24) qu’il a su rallier à sa cause lors du vote du 17 septembre 2014. 23 votes favorables, mais un grand absent… Qui n’est autre que la ville de Talant, avec, à sa tête, Gilbert Menut. Mais quels ont été ses arguments pour opposer un tel refus à une machine qui semblait si bien huilée, à un projet que tous les responsables appellent de leurs voeux?

“Trop rapide”, c’est Abderrahim Baka, conseiller municipal de Talant,  qui prend la parole devant l’assemblée du Grand Dijon. Les maires n’auront eu que trois mois pour se décider. Trois mois supplémentaires seront consacrés à la consultation populaire dans chacune des communes. Ce qui est peu. D’ici quelques semaines, les maires voteront donc à nouveau et le projet sera entériné une fois pour toute sans possibilité de retour en arrière.

“C’est un débat d’initiés”, précise Gilbert Menut, maire de Talant, déjà sorti de l’amphithéâtre alors que les discussions portent sur l’article suivant. “Le délai est trop court, les citoyens vont être surpris. Le risque? C’est qu’on ne sait pas où on va. Et désormais, la machine est lancée, rien ne va l’arrêter.”

On ne veut pas devenir le parking-relais de Dijon

Les communes qui risquent finalement le plus gros, ce sont probablement les plus petites. Tour à tour les élus de Daix, Sennecey, Ahuy, Hauteville-lès-Dijon, Marsannay-la-Côte ou Magny-sur-Tille prennent la parole pour expliquer leur allégeance à la décision prise dans le plus grand consensus… “Sauf qu’il y a toujours un mais”, relève Gilbert Menut. En effet, Jacques Carrelet de Loizy, maire adjoint de Hauteville-lès-Dijon parle d’un “changement important”, d’un “sujet sensible” pour des communes surtout rurales, relevant avec une inquiétude palpable : “La concertation sera importante, notre conseil municipal mise sur l’avenir et espère que ses choix seront pris en compte”.

Dominique Begin Claudet elle aussi, souhaiterait “conserver l’identité village de Daix, préserver la qualité du cadre de vie”. Cela semble aller de soi pour la majorité. Moins pour Gilbert Menut : ” Je crois que la vie de Talant ne sera plus à l’avenir décidée à Talant. On ne sera plus qu’un bureau d’enregistrement, nous perdrons notre politique de proximité. On ne veut pas devenir le parking-relais de Dijon. On ne veut pas perdre notre identité.”

En somme, tous pensent que la transformation du Grand Dijon vers plus d’intégration est tout à fait logique. Mais la tâche est grande et les réponses aux questions, ne sont pas, visiblement, aussi précises et complètes que l’avance Alain Millot, maire de Dijon.”Vous avez toute notre confiance, entame Philippe Belleville, maire de Sennecey, MAIS nous vous demandons de réaliser un réel projet communautaire… Qui soit solidaire, juste et équilibré.”

Les commentaires sont clos.

  1. Toutes ces réflexions, transposées au niveau européen, font sens.

    Gluck le vendredi 19 septembre 2014 à 7h33

  2. encore un “machin ” pour ecraser les citoyens , une nouvelle fois ecartés du droit de donner leurs avis ; ni explications , ni droit à la parole ; simulacre de democratie ou tout ce decide en dehors d’eux , oui vraiment il est urgent de construire une 6eme Republique avec une constitution qui permette au peuple d’etre le souverain et de pouvoir revoquer les elus qui trahissent leurs engagements Ah !!! il aura moins de clients pour faire carriere et bien payé avec l’argent public !!!! elus oui ! pour servir pas pour se servir !!!!!

    mangione daniel le vendredi 19 septembre 2014 à 20h39

  3. La transformation d’une communauté d’agglomération en communauté urbaine est un acte très grave qui conduira, comme le prouvent nombre de cas en France, à une destruction totale de la diversité des communes constitutives de cette communauté urbaine. En fait, c’est vers une urbanisation croissante que l’on va, avec une perte des éventuels aspects ruraux des communes limitrophes. A cela, et là les remarques de M. MENUT sont hélas fondées, s’ajoute une quasi “dictature” de la commune dominante avec la perte concomitante de nombreux pouvoirs de décision, voire d’arbitrage, des communes de moindre dimensions.
    Les élus des petites communes en supportant cette transformation portent une très lourde responsabilité car ils acceptent de perdre une grande part de leur libre arbitre… et les citoyens de leur communes ne pourront que constater les “dégâts” mais il sera alors trop tard.
    A ceci s’ajoute une fiscalité plus maîtrisée du tout car conduite par la commune dominante… et lorsque l’on constate les dérives de l’ère Rebsamen, tout est à craindre.
    Il faut qu’un réel débat citoyen s’instaure et contraindre M. MILLOT à laisser le temps aux habitants des 24 communes de prendre la réelle mesure de ce cet “assassinat” d’une part de la démocratie locale.

    Fulmar le samedi 20 septembre 2014 à 11h21

  4. edifiante demonstration de Fulmar ; 100% pour lancer un debat citoyen : comment et pourquoi pas Miroir – Mag n’en serait -il pas le support tout en respectant son travail d’information ? la question est posée ….

    mangione daniel le samedi 20 septembre 2014 à 11h58

  5. J’ajouterai à mon intervention de ce matin, qu’une fois de plus les élus – qui bien souvent gèrent fort mal les deniers de nos impôts – semblent fascinés par la promesse d’une dotation supplémentaire de 6 M €. Mais pour en faire quoi?
    De plus en matière de dotations, ils savent parfaitement qu’en ce domaine, “les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent “. Alors; mesdames et messieurs, un peu de réflexion et d’esprit critique.

    Fulmar le samedi 20 septembre 2014 à 18h16

  6. Gibus… Ier!!!

    Dijon Autrement le dimanche 28 septembre 2014 à 14h28