Alain Suguenot inquiet pour l’avenir des petites stations-services

Par l’intermédiaire d’une question écrite déposée à la ministre de l’Environnement, le député-maire UMP de Beaune, demande que la France intervienne auprès de l’Union européenne afin que “soient assouplies les règles de mise aux normes drastiques qui risquent de couter la vie à de nombreuses petites stations-services qui assurent, dans notre pays, pour certaines, une véritable mission d’intérêt public”.

Il précise en outre “qu’un quart de la population doit accomplir plus de 5 kilomètres en moyenne pour atteindre une première station”. Dans 38 départements français, l’automobiliste doit rouler “de 15 à 38 minutes” pour en trouver une seconde.

Pour en savoir plus, lire la question d’Alain Suguenot ci-dessous.

“M. Alain Suguenot attire l’attention de Mme la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie sur la fermeture annoncée de nombreuses stations-services de campagne. En effet, l’Union Européenne impose aux pompistes indépendants des travaux de mise aux normes particulièrement lourds. Les propriétaires indépendants de stations-services ont ainsi jusqu’au 31 décembre 2013 pour renforcer leur dispositif de récupération des vapeurs d’essence lors du ravitaillement des véhicules. Toutes les cuves en simple paroi doivent aussi être remplacées par des cuves double-parois (afin d’éviter les fuites). Les stations doivent également réaménager leurs pistes. Toute une série de travaux dont la facture peut s’envoler de 15 000 jusqu’à 30 000 euros. Beaucoup trop cher pour la majorité des stations-services indépendantes dont 1/3 risque de fermer. Cela créerait inévitablement des zones noires, sans stations-services. En 2012, la France ne comptait plus que 12.300 stations-service, contre 47.500 en 1975. 250 enseignes disparaissent ainsi chaque année. Près de quatre millions de Français seraient menacés par la “désertification” des stations-services, surtout à la campagne, annoncent les professionnels. Environ 300.000 personnes n’ont déjà aucune station-service à moins de 10 minutes en voiture de chez eux, et quelque 3,6 millions de personnes supplémentaires seront dans ce cas si la station la plus proche de leur domicile ferme, selon ces mêmes professionnels, qui citent une étude de la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar). L’administration de l’aménagement du territoire à recensé 871 stations “ultimes”, “dont la disparition plongerait les automobilistes, les entreprises et les services publics géographiquement concernés dans une dangereuse situation de désertification”, soulignent toujours ces professionnels. D’ores et déjà, un quart de la population doit accomplir plus de 5 kilomètres en moyenne pour atteindre une première station. Dans 38 départements français, l’automobiliste doit rouler “de 15 à 38 minutes” pour en trouver une seconde. Or, sur les 871 stations recensées, 72% sont des petites stations (250.000 à 500.000 litres vendus par an), les plus fragiles économiquement, et qui assurent, à côté, des missions “d’intérêt public” (réparation auto, vente de gaz, épicerie, etc.). Aussi lui demande-t-il ce qu’il en est concrètement à ce sujet et, le cas échéant, ce qu’elle compte entreprendre pour remédier à cette inquiétante situation en exigeant, par exemple, des responsables de l’Union européenne qu’ils assouplissent leur position.”

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