Robert Hue, “l’autre façon de faire de la politique”

Photo Valentin Euvrard

Photo Valentin Euvrard

A neuf mois des élections municipales, se rendait à Dijon aujourd’hui, mercredi 29 mai 2013, pour déjeuner avec quelques élus locaux puis visiter par la suite les travaux de réaménagement du centre-ville de Chenôve. C’était aussi l’occasion pour lui de mettre en avant son mouvement lors d’une conférence de presse matinale : le Mouvement unitaire progressiste (MUP).

En plein “tour de France”, comme il le précise lui-même, Robert Hue sillonne l’ensemble du territoire pour “mieux mettre en place” les structures de son mouvement, comptant aujourd’hui 3.000 adhérents. Comptant se développer dans les régions avant les avec les bases déjà implantées. “Nous sommes une partie intégrante de la coordination nationale de la gauche gouvernementale, avec le Parti socialiste, Europe-Ecologie-Les-Verts,et le Parti radical de gauche”. Un mouvement qui prendrait de l’importance au sein de la classe politique après seulement trois ans d’existence.

Jeune mais aussi visionnaire, “notre mouvement vise à apporter à la gauche l’idée d’une autre façon de faire de la politique. Nous avions un peu anticipé ce qu’il se passe actuellement, c’est-à-dire une forte critique des partis traditionnels”. Une prédiction juste qui n’empêche pas le de soutenir la majorité présidentielle “dès le premier tour des élections présidentielles”. “Nous ne voulons pas dissimuler notre soutien derrière François Hollande, mais nous ne sommes pas aveugles sur sa politique”, alerte-t-il.

Ni la dissidence du Front de Gauche, ni la bonne conscience du PS

Et si le MUP a l’oeil vif et critique, c’est parce qu’il ne se considère “ni comme une dissidence du Front de Gauche, ni comme la bonne conscience du parti socialiste”. Le mouvement estime être “une sensibilité progressiste émergente”, dont l’objectif n’est “pas de diviser comme le fait Jean-Luc Mélenchon, qui dissimule à peine vouloir voir François Hollande échouer”. Une sensibilité qui attire des adhérents ne se reconnaissant plus dans le Parti socialiste ou dans le Front de gauche : “Nous occupons un espace avec des hommes et des femmes venus d’une gauche plus radicale, celle-ci propose une fuite en avant plus véhémente”.

“L’utilité de notre mouvement est indispensable à la gauche, qui n’est pas majoritaire en France, puisqu’il y a eu un second tour lors des présidentielles. Même si notre force est modeste, elle n’est pas à négliger, comme chacun des éléments qui constituent notre bord politique”, s’étend l’ancien président du Parti communiste.

S’unir à la majorité, débattre avec elle mais ne surtout pas la déstabiliser avant les élections. “Il est souvent plus difficile pour la gauche de remporter les élections territoriales quand elle est au gouvernement du pays”, détaille-t-il. “Nous n’en serons pas en dehors, comme ici à Dijon où j’apprécie la gestion et le travail autour de François Rebsamen”, dit-il. Avant d’ajouter : “François Hollande doit renouveler son souffle social, où beaucoup de Français estiment que la politique appliquée par le pouvoir n’est pas faite pour eux”.

Un sentiment de déconnexion entre les Français et leur classe politique qui préoccupera certainement la majorité durant les prochaines échéances électorales de mars 2014. 

Les commentaires sont clos.

  1. Il parait que le Front de Gauche divise la gauche. Ah bon ? Pourtant il me semble que c’est le Parti Socialiste qui divise. Par exemple Europe Ecologie les Verts s’est fortement divisée en adoptant un texte conseillant fortement un changement de cap du gouvernement. La prochaine loi sur l’énergie conditionnera leur future participation au gouvernement. On observe aussi qu’une bonne partie d’EELV s’est rapprochée du Front de Gauche (cf Eva Joly le 5 mai pour la 6ème République). J’ajoute que le Front de Gauche et une coalition de 9 partis politiques. Le PS est-il structuré de la même manière ? Il n’en n’est rien.
    Il est maintenant relativement aisé de comprendre comme le MUP “fait de la politique autrement”. Sans son alliance (allégeance ?)au Parti “Socialiste”, il ne serait pas sénateur du Val de Marne. Cette manière de faire la politique autrement est ce qui exaspère les français, cette pratique d’ancien régime nécessite un “bon coup de balai” comme dirait Ségolène Royal et la SFIO de l’époque.
    Le MUP s’est formé sensiblement en même temps que le Parti de gauche de Mélenchon. Le MUP a 3000 militants, le Parti de Gauche, bientôt 15 000.
    Voilà voilà

    Arnaud Guvenatam le mercredi 29 mai 2013 à 18h27

  2. Le parti de gauche , quinze mille adhérents .. à mourir de rire 2OOO officiellement . Sans le PCF est ses bases municipales Mélenchon ne serait rien…Au fait pendant 3O ANS il a pas vécu grâce au parti socialiste sur lequel il crache … Depuis qu’il a quitté ce parti ,il a remporté aucune élections au suffrage direct . Son score lors des législatives , éliminé au premier tour …

    Xavier le vendredi 31 mai 2013 à 20h45

  3. Le MUP ferait de la politique autrement? C’est la méthode coué…Moi, j’ai plutôt que c’est toujours la même politique, celle dont nous ne voulons plus, de reniement,de compromission, pour conserver quelques strapontins, d’illusions de pouvoir.
    Hollande n’a pas besoin de jean Luc Mélenchon pour échouer, il y réussit tout seul, en fin presque, car il a de solides alliés, comme le MUP, toujours à la recherche d’une participation…électorale. Le MUP, en fait a pour but de servir de caution communiste aux socialistes en mal d’alliance à gauche, parce que son gouvernement mène une politique austère de droite, sensiblement la même que Sarkozy. C’est pour cela que l’essentiel des militants communistes sont restés au sein du Front de Gauche, avec des socialistes, des écologistes, des républicains, des alter mondialistes, des féministes, des syndicalistes, des associatifs, un mouvement populaire rassemblé pour une politique vraiment à gauche qui s’élabore et se discute dans les Assemblées citoyennes où chacun peut participer, donner son avis.
    Qui divise la gauche quand un gouvernement qui s’en réclame fait la politique libérale de la droite? Après les purges, les cadeaux au MEDEF et au patronat, ses dirigeants, ne veut-il pas s’en prendre encore aux retraites et même aux retraités. Il veut augmenter le temps de cotisation, retarder le départ en retraite, laisser plus de seniors en service alors que les jeunes ne trouvent pas d’emploi. Ce gouvernement s’en prend au pouvoir d’achat des salariés alors que ce sont les dividendes qu’il faudrait taxer. Le problème, ce n’est pas le coût du travail mais celui du capital qui a continuer de prospérer malgré la crise que ses spéculateurs a causé.
    Pour vivre mieux et autrement, il faut produire différemment, pour consommer utilement, distribuer des services pour l’émancipation des êtres humains. ce projet c’est l’ECOSOCIALISME, avec la PLANIFICATION ECOLOGIQUE. C’est ce que propose le PARTI DE GAUCHE…
    Renseignez-vous! Car en dehors de cette tribune du Miroir…et de rares espaces de liberté, vous n’en entendrez pas parler. C’est pourtant de votre avenir dont il s’agit. Pas de celui du MUP dont tout le monde se fiche …

    allain graux le vendredi 31 mai 2013 à 12h35

  4. Quand je lis ses commentaires de critiques nègatives des partisans du parti de gauche et du pcf, je trouve cela lamentablement à pleurer ! Oui à pleurer car vous avez l’air d’oublier les militants écartés du pcf qui n’étaient pas d’accord avec la stratégie du front de gauche et la posture démagogique et populiste de JLMélenchou qui s’est retrouvé dans les choux au législatives à Hénin-Beaumont. Bravo pour le déni de réalité, il ne lui reste plus qu’à aller se présenter à Calais pour faire gagner à l’autre front (FN) une 2ème ville après Hénin-Beaumont. Je me demande qu’elle âge avez vous et depuis combien d’années vous développer ces discours poussant les gens à la déception et à la démotivation. Moi j’ai 39 ans, ma jeunesse s’est passé avec le spectacle politique de vieux pour des vieux qui pensaient que le grand frère soviet et que la RDA étaient des exemples à suivre. Maintenant ce sont les pays communistes d’Amérique latine qui se disent marxiste qui seraient des exemples voir des modèles. Arrêttez donc de vouloir nous aveugler ! Je suis un acteur actif au sein de ce nouveau mouvement qu’est le MUP. Je veux agir et être utile à mon pays et ses institutions. Je ne suis ni d’extrême gauche ni social démocrate. Je veux être constructif avec mes idées de gauche. Nous ne vous obligeons pas à rejoindre ce mouvement, alors ne nous obligez à être avec le fdg ou contre le fdg. Nous sommes libres de penser ! Et continuez à avoir un comportement de juge de tribunal du parti frère avec votre lecture des idées des autres partis de gauche comme étant des traîtres. Cela portait un nom comme fac… Personne n’est obligé de vous croire. A bon entendeur !

    Salim Drai le samedi 1 juin 2013 à 1h02

  5. Je ne vais pas polémiquer avec Xavier et Salim, ils ont le droit de penser ce qu’ils veulent … et moi aussi. Mais ils devraient aussi mieux s’informer. C’est ce que nous essayons de faire au pG : de l’éducation populaire. Alors rectifions quelques …erreurs :
    – Le pG avait 12 000 adhérents à son congrès de Bordeaux. Rien qu’en Côte d’or les adhérents ont été multipliés par deux lors de l’année 2012…
    Jean Luc Mélenchon a été élu député européen. C’est bien un suffrage direct? Non ?
    A Henin-Beaumont, il a gagné 2000 voix et évité à la Gauche de perdre ce siège au profit du FN. Car la Marine , elle, elle n’a rien gagné. Elle n’est pas député du Nord et la mairie n’est pas au FN.
    C’est ensemble, dans le Front de gauche, que le pCF, le pG et 7 autres organisations progressent. Les 4/5 ° du NPA ont rejoint le FDG …Il ne lui reste que 2 ou 3000 adhérents, ne pas confondre avec le PG.
    Aux dernières cantonales, à Montbard, le candidat du PG a obtenu 10.5 % des voix, celui du PCF 7.5 % ( contre 11.5 à l’élection précédente où il n’y avait pas de pG …) Nous aurions préféré une candidature commune du FDG, car nous aurions pu gagner ce canton. En tous cas, cet exemple d fait la démonstration que ce n’est pas le PCF qui nous a aidé …Ce qui est gagnant c’est l’unité et les propositions du FDG quand elles sont portées par ce mouvement unitaire.

    A Salim; Quels sont les pays communistes en Amérique que l’on qualifie à tort de latine car il y a beaucoup d’amérindiens sur ce continent. Il n’ y a aucun régime communiste en dehors de Cuba, et Cuba n’est pas notre modèle, pas plus que tout autre pays d’ailleurs. Nous observons avec intérêt et soutenons les expériences progressistes du Venezuela, de la Bolivie,de l’Equateur, du Nicaragua, de l’Uruguay, mais aucun de ces pays n’est communiste, ni même socialiste. ce sont des économies capitalistes avec des gouvernements démocratiques et vraiment à gauche.D’autres types d’expériences ont des gouvernements de gauche: le Brésil,l’Argentine…Rien à voir avec les ex- démocraties populaires de l’Europe de l’Est qui étaient sous la férule dictatoriale stalinienne…

    allain graux le samedi 1 juin 2013 à 10h19

  6. Bravo ! Un vrai monologue.
    Pensée unique quand tu nous tiens !

    Salim Drai le dimanche 2 juin 2013 à 2h56