Castor et Pollux : l’opéra qui décoiffe

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Voilà 250 ans qu’est mort Jean-Philippe Rameau, l’un des plus grands compositeurs d’opéra. Et c’est à Dijon, sa ville de naissance, que se jouera pour cinq dates entre les 26 et 4 octobre 2014, sa plus belle œuvre, Castor et Pollux, dans une mise en scène détonnante. Vieillot l’opéra ? Au contraire : il va falloir vous accrocher à vos sièges.

Castor et Pollux s’inspire de la mythologie grecque. Castor, roi de Sparte, est tué pendant une guerre. Son frère Pollux, lui, est immortel. Tous les deux sont amoureux de la belle Téllaïre, l’amante de Castor. Elle demande à Pollux de supplier Jupiter, leur père, de ramener Castor des Enfers. Phébée, la sœur de Tellaïre, elle, est folle amoureuse de Pollux, qui n’a d’yeux que pour Tellaïre. Vous voyez déjà les ennuis arriver.

Le dieu accepte, mais à condition que l’immortel Pollux prenne la place de son frère. Après une belle foire d’empoigne avec les démons qui gardent les Enfers et avec l’aide du dieu Mercure, Pollux arrive dans l’Hadès. Il explique la situation à Castor qui n’accepte de revenir dans le monde des vivants que pour un jour, le temps de revoir Téllaïre.

Voyant Castor de retour à Sparte, Phébée croit que l’échange est définitif et se suicide. Et Téllaïre n’accepte pas le contrat passé entre les deux frères, accusant Castor ne de ne jamais l’avoir aimé. Tout s’arrange – ou presque – quand Jupiter, d’un claquement de doigts, accorde l’immortalité aux deux frères. Mais bon, ils deviennent des constellations et Téllaïre se retrouve toute seule.

Mise en scène osée et scandale à l’opéra

Loin de l’imagerie mythologique, l’opéra explore de très nombreux thèmes profondément humains. L’oeuvre de Jean-Philipe Rameau a su traverser le temps pour venir nous toucher juste là, en 2014. “Elle parle de toutes ces passions humaines, l’amour fraternel et l’amour entre deux amants, la jalousie et les rivalités”, s’enthousiasme Yves Lenoir. C’est lui qui remonte l’opéra qui s’est déjà produit à Londres et à Berlin, mis en scène par LA superstar trash de l’opéra du moment, Barrie Kosky.

La mort évidemment est très présente, élément central de l’intrigue. “On parle aussi beaucoup du deuil, de comment on le vit, comment on l’accepte ou pas”, confirme Yves Lenoir. La seconde version écrite par Rameau a été privilégiée. Plus dense, avec des rapports plus clairs entre les personnages, “elle fait rentrer directement dans le sujet, plus dramatique et plus théâtral”, décrit le metteur en scène. À vrai dire, la vision de Barrie Kosky a fait couler beaucoup beaucoup d’encre en Grande-Bretagne et a fait grimper sur leur siège plus d’un cacique de l’opéra baroque.

Les commentaires sont clos.

  1. RAMORAMA: WOUA(H)!!!

    Dijon Autrement le jeudi 11 septembre 2014 à 18h37

  2. Un spectacle magnifique ! J’ai rarement écouté un opéra aussi beau depuis Amadis de Lully au festival de Beaune. La mise en scène est originale et souligne remarquablement le drame, malgré quelques maladresses. Elle rend au mythe son caractère intemporel et universel. La musique de Rameau est d’une modernité étonnante.

    Anonyme le lundi 29 septembre 2014 à 21h32